“Je ne suis pas complotiste, mais…” : à propos de l’affaire Raoult

Le directeur de recherche en sociologie Laurent Mucchielli a publié sur son blog un texte dénonçant la médiocrité médiatique et les intérêts pharmaceutiques se cachant selon lui « derrière la polémique Raoult ». Ce texte ayant participé à la désinformation et au complotisme délétères provoqués par les déclarations de Didier Raoult, pâtissant d’un fort biais de confirmation et d’une absence de vérification des informations, m’a d’autant moins laissée indifférente que j’y suis citée. Ma réponse à cette mise en cause me donne l’occasion d’exposer les faits qui sont au cœur de ce qu’il convient plutôt d’appeler l’affaire Raoult.

PLAN

Je ne suis pas complotiste, mais…
Un travail journalistique exemplaire
Les motivations méprisables et obscures des « anti-Raoult »
Ce que Didier Raoult « propose depuis le 25 février » concernant le traitement du Covid-19
Le consensus scientifique censé étayer les affirmations tonitruantes de Didier Raoult
L’article de Gao et collègues censé renvoyer à un ensemble de publications scientifiques chinoises
Quid des « publications scientifiques chinoises qui appuient l’utilisation de l’hydroxychloroquine » ?
Les quinze essais chinois recensés dans l’article à l’origine du scoop de Raoult du 25 février
Essai sur l’hydroxychloroquine n°1 : Chen et al. prépublié le 30 mars, puis le 31, puis le 10 avril
Essai sur l’hydroxychloroquine n°2 : Tang et al. prépublié le 14 avril
Essai sur l’hydroxychloroquine n°3 : Chen et al. publié le 6 mars
Essai sur l’hydroxychloroquine n°4 : l’étude de l’IHU Méditerranée publiée le 20 mars
Inconduite scientifique et autres mauvaises pratiques de recherche
  Citations biaisées ou trompeuses
  Exclusion sélective, interprétation frauduleuse et autres pratiques douteuses
  L’invention de l’effet certain de la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine
  Violation de protocole lié à l’expérimentation humaine
Communication trompeuse scandaleuse
Irrespect de la déontologie médicale
Quelles suites ?

 

« [Q]uel dramatique temps perdu pour les malades ! », s’exclame Laurent Mucchielli dans un billet intitulé « Derrière la polémique Raoult, médiocrité médiatique et intérêts pharmaceutiques », publié le 29 mars 2020 sur son blog hébergé par Médiapart[1]. Car il sait, quant à lui, que « les médicaments contenant cette molécule (l’hydroxychloroquine) […] peuvent être efficaces à certains stades de l’infection (au début) et chez au moins une partie des malades ». Selon lui, « nous n’avons rien d’autre à proposer aux malades » – car comme on le sait, les médecins regardent les bras ballants les malades dépérir, au point qu’on se demande bien pourquoi on les envoie à l’hôpital –, et il n’y a « donc pas à hésiter une seconde, il faut autoriser tous les médecins à s’en servir ». Puisque Laurent Mucchielli ne milite pas pour qu’on supprime tout encadrement par l’Etat de l’administration de n’importe quoi à n’importe qui, c’est qu’il sait en outre que les bénéfices d’une telle libéralisation de cet usage de l’hydroxychloroquine excèderaient ses effets néfastes.

Et d’où lui viennent ces savoirs ? C’est simple : « c’est ce qu’une équipe de spécialistes de réputation mondiale crie à qui veut l’entendre depuis plusieurs semaines ». Selon Laurent Mucchielli, Didier Raoult et son équipe s’époumoneraient donc en vain depuis des semaines alors qu’ils ont à l’évidence raison – c’est si évident que même lui le voit, et pourtant il n’est « pas infectiologue ni microbiologiste », précise-t-il. Didier Raoult défendrait donc ce qui relève à la fois de l’évidence et de la plus élémentaire humanité – faire ce qui peut facilement être mis en œuvre pour sauver des vies –, et pourtant d’innombrables observateur-ices expert-es et à leur suite les autorités de santé concernées[2], l’académie nationale de médecine et celle de pharmacie[3], diverses sociétés savantes[4], les expert-es consulté-es par le gouvernement, et même Sanofi, qui commercialise cette molécule en France[5], ont jugé douteux le caractère favorable du rapport bénéfices/risques de l’administration d’hydroxychloroquine aux personnes infectées par le Covid-19 et recommandé d’attendre les résultats d’essais cliniques bien menés. Comment est-ce possible ?

Le problème lorsqu’on ne connaît rien à un sujet et que les opinions de diverses « autorités » divergent, c’est qu’il n’est pas aisé de savoir quoi penser. Notez bien qu’on n’est pas obligé d’avoir un avis, et encore moins de l’exprimer publiquement. On peut être lucide sur son incompétence et se taire. On peut aussi faire l’effort de vérifier les allégations des un-es et des autres qui sont à sa portée (en l’occurrence, pas mal de vérifications étaient rapides à faire et à la portée de n’importe qui), voire essayer d’acquérir les connaissances permettant de se faire par soi-même une opinion directement fondée sur les données scientifiques disponibles – c’est ce type de démarche que j’essaie d’accompagner sur le présent blog. Mais le directeur de recherche en sociologie est au-dessus de cela : il a la science infuse, et une explication à délivrer.

Je ne suis pas complotiste, mais…

Ce n’est pas un complot qui fait que Didier Raoult n’est pas écouté, non : « je n’ai rien d’un complotiste », affirme Laurent Mucchielli. Néanmoins, il estime que les « querelles d’experts » à ce sujet « cachent non seulement quelques probables rivalités égotiques […], mais probablement aussi des enjeux financiers pour l’industrie pharmaceutique et des conflits d’intérêts chez nombre de ces savants. Et ceci n’est pas une surprise ». Certes, j’imagine que ce n’est pas une surprise pour lui de trouver la confirmation de ses préjugés dans le texte « longuement étayé » qu’il publie parce que lesdits préjugés y sont exposés.

J’imagine qu’il doit être reposant de vivre installé dans une bulle informationnelle dont on ne questionne ni la pertinence ni la qualité des sources, de croire y voir clair lorsqu’on remplace la recherche, la vérification et l’analyse rigoureuses des faits par la superposition à une image de ceux-ci de la grille d’analyse qu’on s’est forgée, et d’être rempli de certitudes toutes faites ou construites par des raisonnements circulaires. Ces façons de « s’informer », de « penser » et ultimement de se positionner dans le débat public sont répandues, et on peut hélas les rencontrer y compris dans le milieu académique. Ce n’est pas la première fois que je le constate, et assurément pas la dernière.

Laurent Mucchielli a jugé utile de préciser que l’autrice du texte qu’il publie, Ella Roche, était une « journaliste précaire ». Etait-ce parce que c’est à ses yeux un gage de qualité de son travail ? Ou pour montrer qu’il a les fréquentations qu’il faut (il se tient bien à l’écart des nanti-es) ? Ou plutôt pour inciter une rédaction à l’embaucher ? Je me pose la question, de même qu’on pourrait se demander pourquoi c’est sur son blog que ce texte censé être le produit d’un travail journalistique a été publié. Je veux croire que c’est parce qu’aucun média digne de ce nom n’en a voulu.

Un travail journalistique exemplaire

En effet, dans ce travail dont Laurent Mucchielli espère qu’il « servira d’exemple à ses confrères », la journaliste (vraiment ?) prend des distances assez considérables vis-à-vis des bonnes pratiques de la profession – mais peut-être nous expliquera-t-on qu’en situation d’urgence, ce n’est pas le moment de se soucier d’éthique ni de rigueur, suivant une logique qui semble relever du simple bon sens aux yeux de pas mal de gens ces temps-ci.

Ella Roche reprend à son compte des propos de Didier Raoult ou de ses soutiens, instrumentalise résolument toute information ou intox soutenant sa thèse et use sans modération d’une ironie méprisante et de procédés rhétoriques faisant de son texte un pamphlet bien plus qu’un travail journalistique : argument d’autorité, attaque ad hominem, analogie trompeuse, sophisme, rhétorique de l’homme de paille ou invention, insinuation (y compris à l’encontre de ses collègues n’ayant pas l’heur de partager ses croyances et surtout son ignorance)…

Quant aux faits qui pourraient remettre en question les préconceptions qui ont déterminé l’angle de ce papier-pamphlet, ils sont traités selon une logique imparable : toute critique des travaux ou propos de Didier Raoult est inepte, puisque Didier Raoult est dans le vrai. Et comment sait-on qu’il est dans le vrai ? Parce qu’on devine que toutes les personnes qui critiquent ses études ou son discours ne le font que pour de mauvaises raisons. Et comment le devine-t-on ? Mais parce qu’on ne saurait faire ces critiques à bon droit étant donné qu’il est dans le vrai, pardi. CQFD.

Les motivations méprisables et obscures des « anti-Raoult »

En fait, nous disent Ella Roche et Laurent Mucchielli, ces critiques sont motivées soit par des intérêts financiers (pour l’essentiel), soit par un attachement bêta à respecter « le petit doigt sur la couture du pantalon » une méthodologie « classique » alors que ce n’est évidemment pas le moment, soit par des « rivalités égotiques », soit par un mépris « franco-parisiano-centré » de ce qui vient de Marseille ou de Chine, soit encore, et c’est là que mon cas est évoqué, eh bien tout simplement par la haine.

En accompagnement du lien vers un article de l’un des rares vrais journalistes scientifiques français spécialisés en médecine – qu’Ella Roche assassine aussi, du coup, en ironisant sur ses manques supposés de culture littéraire et d’expérience de terrain, en le prétendant à tort collaborateur de Michel Cymes[6] (qui selon elle « chasse en meute ») et en insinuant qu’il est à la botte du gouvernement –, j’ai en effet écrit ceci le 22 mars sur Facebook :

« Moi qui me demandais si j’allais prendre mon courage à deux mains pour dénoncer la médiatisation de la petite étude pourrie de Didier Raoult (et du personnage lui-même, qui en l’occurrence démontre un niveau de déontologie et de rigueur scientifiques, disons… minimales), je vois que Florian Gouthière l’a fait, alors je relaie. C’est affreux : j’en viendrais presque à espérer que l’essai qui vient de débuter indiquera que la chloroquine ne marche pas, tant ce serait injuste que par chance, ce con ait réussi son coup ».

Ella Roche déplore ma « haine inutile », ainsi que la « personnalisation à outrance » caractérisant selon elle mon propos. Celui-ci équivaudrait donc à viser la personne de Didier Raoult, et non ses actes, son discours et leur médiatisation. Curieuse analyse. Elle ne voit aucun problème en revanche à m’attribuer une haine inventée, et à disqualifier mon propos en me présentant comme étant la chercheuse « créatrice du “clitoris imprimable en 3D” (sans aucun doute utile et nécessaire pédagogie en ce monde, mais qui ne présente ni qualification d’infectiologue, de virologue ou d’épidémiologiste) ».

Il serait beaucoup trop fastidieux de relever tout ce qui ne va pas dans l’affligeant millefeuille argumentatif d’Ella Roche – bien en phase avec les textes développant ce qui était devenu en France, à l’heure où Laurent Mucchielli publiait son texte, une théorie conspirationniste très populaire[7]. Je me focaliserai donc sur la question de fond, c’est-à-dire sur ce qui a motivé ma prise de parole publique sur les agissements indignes et les productions discursives malhonnêtes, manipulatoires et irresponsables de Didier Raoult concernant le traitement du Covid-19.

Ce que Didier Raoult « propose depuis le 25 février » concernant le traitement du Covid-19

Ella Roche affirme que Didier Raoult « propose depuis le 25 février, sur la base d’une étude menée sur 24 personnes et de publications scientifiques chinoises faisant consensus », un « traitement combiné » consistant à « prescrire de l’hydroxychloroquine (HCQ), en y joignant un antibiotique dont la capacité est de se concentrer sur les poumons (l’azithromycine) ». C’est à la base de toute sa réflexion et de celle de Laurent Muchielli, mais c’est complètement faux.

Le 25 février 2020, dans une vidéo mise en ligne sur la chaîne YouTube de l’IHU Méditerranée initialement intitulée « Coronavirus : fin de partie ! » (très vite vue par des centaines de milliers de personnes), Didier Raoult a insinué qu’il avait suggéré aux chercheurs Chinois d’essayer la chloroquine, puis annoncé ce scoop :

« ça vient de sortir [les résultats d’une première étude], donc c’est efficace sur les coronavirus. Avec 500 mg de chloroquine par jour pendant 10 jours, il y a une amélioration spectaculaire et c’est recommandé pour tous les cas cliniquement positifs d’infection à coronavirus chinois. Donc c’est une excellente nouvelle, c’est probablement l’infection respiratoire la plus facile à traiter de toutes, et donc c’est pas la peine de s’exciter […] La seule chose que je dis, faites attention, il y aura bientôt plus de chloroquine dans les pharmacies“.[8]

Remarquons que le traitement vanté par Didier Raoult le 25 février n’était donc pas la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine décrite par Ella Roche, ni même à base d’hydroxychloroquine. Constatons aussi que bien qu’il n’ait pas à proprement parler « déclaré avoir inventé de médicament miraculeux », comme Ella Roche tient à le souligner, Didier Raoult a bel et bien annoncé que la chloroquine était le médicament qui allait vaincre comme par miracle le « coronavirus chinois », comme il aime à l’appeler. Il a enfoncé le clou le 27 février dans une interview publiée par 20minutes, allant jusqu’à déclarer : « Ce serait une faute médicale que de ne pas donner de chloroquine contre le virus chinois », invitant les gens à « se jeter dessus » (!)[9].

C‘est parce qu’il a ensuite fait encore pire à mes yeux (voir plus bas) que j’ai fini par intervenir publiquement et lâché le mot « con », mais rien que cela aurait pu suffire. Car il faut être sacrément inconséquent pour faire une déclaration publique pareille, aussi mal fondée et dans un tel contexte, avec le poids conféré à sa parole de présumé « grand expert mondial » du sujet.

Comme moi, de nombreuses personnes ne le connaissant ni d’Eve, ni d’Adam ont été effarées par ses déclarations intempestives, qualifiées à bon droit de « faute médicale lourde » par un médecin tenant une chronique sur le Covid-19 dans Libération, qui a par ailleurs décrit sa stupéfaction et celle de ses collègues à la découverte de ce qui avait fondé ces déclarations.

Le Code de la santé publique dispose en effet qu’un médecin, lorsqu’il informe le public non médical, doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos, qu’il ne doit pas divulguer dans les milieux médicaux un procédé de traitement nouveau insuffisamment éprouvé sans accompagner sa communication des réserves qui s’imposent, et qu’il ne doit pas faire une telle divulgation dans le public non médical (articles R.4127-13 et R.4127-14). De fait, les conséquences néfastes des déclarations de Didier Raoult ont été énormes, avec d’autres effets encore que ceux dont j’avais esquissé une liste le 30 mars, mais passons : le moment n’est pas venu d’en faire le bilan.

Le consensus scientifique censé étayer les affirmations tonitruantes de Didier Raoult

Ella Roche affirme comme on l’a vu que la recommandation de traitement faite par Didier Raoult, dont elle prétend faussement qu’il l’exprime depuis le 25 février 2020, se base notamment sur des « publications scientifiques chinoises faisant consensus ». Elle ne donne ici aucune référence, mais ailleurs dans son texte elle donne un article en référence lorsqu’elle évoque « le consensus en Chine ». Un lien hypertexte pointe à nouveau vers cet article lorsqu’elle parle de l’étude « historique » parmi celles « consacrées à cette molécule », « l’hydroxychloroquine ».  Il s’agirait donc d’une étude consacrée à l’hydroxychloroquine et reflétant le consensus en Chine au moment où elle écrit.

En fait, ce court article publié le 12 mars 2020 (en mandarin) dans une revue chinoise consacrée à la tuberculose et aux maladies respiratoires n’est pas une « étude » ni à proprement parler une publication scientifique. Il comporte certes le mot « consensus » dans son titre, mais il ne reflète pas du tout « le consensus en Chine » concernant le traitement du Covid-19, a fortiori avec de l’hydroxychloroquine puisqu’il ne porte même pas sur cette molécule.

Dans cet article, une commission d’expert-es de la province de Guangdong déclare avoir estimé qu’administrer de la chloroquine aux patients atteints de la nouvelle pneumonie à coronavirus « pourrait » (« might », dans l’abstract en anglais) améliorer l’issue pour les patients et raccourcir leur séjour à l’hôpital. Aucune précision n’est donnée sur les bienfaits de la molécule, et pour cause. L’article est simplement destiné à communiquer les conclusions de cette commission s’étant fixé pour objectif « d’orienter et de réglementer l’utilisation de la chloroquine dans les cas de pneumonie à nouveau coronavirus ». Il est indiqué qu’après une discussion approfondie, cette commission a estimé que la dose recommandée était de deux comprimés de 500 mg par jour pendant 10 jours – ce qui est bien différent du futur « traitement du professeur Raoult » décrit par Ella Roche, et ne correspond même pas au dosage indiqué dans sa vidéo du 25 février.

L’article expose aussi la longue liste des contre-indications à ce traitement. Y figurent notamment le fait d’avoir plus de 65 ans et l’usage concomitant de divers médicaments, parmi lesquels l’azithromycine. Ces expert-es savent bien en effet qu’un tel traitement peut causer des troubles cardiaques parfois fatals. Ce sérieux danger, qui concerne aussi l’hydroxychloroquine à forte dose bien qu’elle soit moins toxique, surtout en association avec certains médicaments, est connu de longue date. Il a été rappelé en urgence le 29 mars par un organisme étatsunien émettant des alertes sur les médicaments causant ces troubles très spécifiques auxquelles il se trouve que je suis abonnée.

L’article de Gao et collègues censé renvoyer à un ensemble de publications scientifiques chinoises

Ella Roche renvoie ailleurs à ce qu’elle appelle « l’ensemble des publications scientifiques chinoises qui appuient l’utilisation de l’hydroxychloroquine », donnant cette fois comme (unique) référence un article de Gao et collègues publié en ligne le 19 février 2020 par la revue Bioscience Trend. Ici encore, l’écart entre le contenu de l’article et ce qu’elle laisse croire qu’il contient est énorme.

Cet article est une correspondance succincte qui n’est pas non plus à proprement parler une publication scientifique. Les auteurs y annoncent que selon une « transcription audio de la conférence de presse tenue par le Conseil d’État chinois le 17 février 2020 », des observations préliminaires faites sur « plus de 100 patients » dans le cadre d’essais en cours (dont la liste n’est pas donnée) ont indiqué que la chloroquine était supérieure au traitement contrôle en termes d’inhibition de la pneumonie, d’amélioration des résultats de l’imagerie pulmonaire, de favorisation de la clairance virale et de raccourcissement de l’évolution de la maladie (sans autre précision ni référence à une publication).  C‘est sur cette base que Didier Raoult a prétendu le 25 février qu’une « première étude » venait de « sortir » et qu’elle avait montré une « amélioration spectaculaire ».

L’article indique que suite à ces observations préliminaires, il a été recommandé d’ajouter la chloroquine dans la version suivante des directives de la Commission nationale de la santé concernant le Covid-19. Elle a effectivement été incluse dans la sixième version de ces directives publiée le 19 février 2020 (à la dose adulte de deux fois 500 mg par jour pendant 10 jours), mais elle y est décrite exactement au même titre que plusieurs autres antiviraux, à savoir l’arbidol, la ribavirine en association avec un interféron et l’association lopinavir/ritonavir. En outre, tous ces antiviraux y sont qualifiés de médicaments « à l’essai » dont il est recommandé d’évaluer plus avant l’efficacité[10]. Didier Raoult a pourtant laissé croire le 25 février que la chloroquine était le traitement recommandé en Chine, et ce « pour tous les cas cliniquement positifs d’infection à coronavirus chinois », et affirmé qu’il traitait si efficacement la maladie qu’il n’était plus « la peine de s’exciter ».

Par ailleurs, comme l’ont signalé des chercheur-es de Singapour dans une correspondance publiée dans The Lancet rappelant la dangerosité de la chloroquine à de telles doses, ces directives chinoises ont très vite fait l’objet d’une révision : le 26 février, la durée maximale de traitement a été ramenée à 7 jours (car du fait du délai de son élimination, avec cette posologie la molécule peut finir par atteindre une dose mortelle en s’accumulant dans l’organisme), le dosage recommandé a été divisé par deux à partir du 3ème jour pour les patients pesant moins de 50 kg, le traitement a été réservé aux adultes de moins de 65 ans, et une longue liste de contre-indications a été ajoutée : personnes souffrant de divers troubles, enceintes, ou encore prenant certains médicaments dont l’azithromycine. A ce jour, Didier Raoult n’est jamais revenu sur ses propos du 25 février pour les corriger.

Ajoutons que ces directives chinoises du 26 février 2020 indiquent aussi qu’il faut faire un électrocardiogramme avant d’administrer de la chloroquine aux patients, et s’assurer que leurs concentrations sanguines en électrolytes (potassium, sodium, chlore), leur glycémie et leurs fonctions hépatique et rénale sont normales. Elles précisent en outre qu’il est proscrit d’utiliser en même temps d’autres médicaments pouvant prolonger l’intervalle QT, en particulier les « antibiotiques macrolides » – dont l’azithromycine fait partie. Mais tout cela, Ella Roche et Laurent Mucchielli l’ignorent, qui ont pris pour argent comptant (et relayé) la propagande raoultienne selon laquelle d’une part les risques de son traitement étaient négligeables, et d’autre part les médecins de ville, en particulier les généralistes, seraient parfaitement à même d’assurer sa mise en œuvre. Le détail du protocole mis en ligne le 20 avril par l’équipe de Didier Raoult[11] montre bien que ce n’est pas le cas si on ne veut pas prendre le risque de tuer des gens, en outre avec un traitement peut-être parfaitement inefficace, et même leur article du 20 mars ayant pour la première fois vanté la combinaison miracle hydroxychloroquine/azithromycine précise qu’elle a été administrée « sous contrôle quotidien par électrocardiogramme ».

Quid des « publications scientifiques chinoises qui appuient l’utilisation de l’hydroxychloroquine » ?

Dans l’article qui selon Ella Roche fin mars, répertorie ou synthétise « l’ensemble des publications scientifiques chinoises qui appuient l’utilisation de l’hydroxychloroquine » (qui comme on l’a vu relaie en fait des propos sur la chloroquine entendus le 17 février lors d’un point presse), on peut voir une liste de quinze essais cliniques enregistrés dans la base de référence chinoise (la plupart sans rapport possible avec les résultats préliminaires évoqués sur une centaine de patients traités à la chloroquine, venant manifestement d’un autre essai[12]). Ces essais ont-ils donné lieu à des publications scientifiques, et le cas échéant appuient-elles l’utilisation de l’hydroxychloroquine ?

Le 29 mars, jour de publication de ce texte par Laurent Mucchielli, aucun de ces quinze essais n’avait donné lieu à la moindre publication scientifique, ni même à une prépublication avant revue par des pairs. Ce simple constat suffit à démontrer l’ampleur de la mystification opérée par Laurent Mucchielli par le truchement d’Ella Roche, ou plutôt par leur source d’information, car je doute qu’elle ou lui se soient donné la peine de lire l’article vers lequel pointe le lien hypertexte – je l’espère en tout cas, sinon c’est encore pire.

Comme l’hystérie complotiste (hydroxy)chloroquino-raoultienne sévit encore à l’heure où j’écris, je ne vais cependant pas m’arrêter à ce constat et en dire un peu plus sur ces essais. Ce sera l’occasion de relever au passage d’autres énormités dans les propos ou écrits d’Ella Roche, Laurent Mucchielli et Didier Raoult, et ce qui suit a aussi un visée pédagogique : j’espère faire comprendre pourquoi il est important d’examiner certains aspects des protocoles d’essai et certains détails des articles scientifiques pour pouvoir évaluer la robustesse des résultats annoncés, et pourquoi cela ne relève en aucun cas d’un dogmatisme méthodologique malvenu ni d’un pinaillage malhonnête visant à décrédibiliser des résultats.

Les quinze essais chinois recensés dans l’article à l’origine du scoop de Raoult du 25 février

Le 21 avril (et c’était déjà le cas le 4 avril au moins), cinq de ces quinze essais cliniques étaient signalés dans la base chinoise comme ayant été abandonnés[13]. Suite à ma demande d’information envoyée aux investigateurs principaux de plusieurs des autres essais, l’un d’eux m’a répondu le 6 avril que le sien avait également été abandonné (mais le 21 avril ce n’était toujours pas signalé dans la base chinoise, donc d’autres le sont peut-être aussi)[14]. Il reste par conséquent au plus neufs essais, six portant sur l’hydroxychloroquine et trois sur la chloroquine – jamais en association avec de l’azithromycine.

Le compte rendu des résultats de l’un d’eux (ChiCTR2000029542) par Huang et collègues, portant selon son protocole enregistré sur l’administration de deux fois 500 mg de chloroquine par jour pendant 10 jours à dix patients comparés à dix ne recevant que le traitement standard, était le 6 avril soumis pour publication au Lancet et en cours de revue par des pairs, selon ce que m’a répondu son investigateur principal. Je viens cependant de découvrir qu’il a fait l’objet d’une publication le 1er avril dans le Journal of Molecular Cell Biology. Finalement, l’essai a porté sur 10 + 12 patients (recrutés jusqu’au 15 février inclus), et les 12 du groupe témoin ont été traités avec la combinaison lopinavir/ritonavir. Selon les auteurs, c’était parce que c’était alors recommandé par la Commission nationale de la santé chinoise.

Je ne rentre pas dans les détails de cet essai aux conclusions fragiles, dont la randomisation prétendue dans l’article parait peu plausible (il est d’ailleurs enregistré en tant qu’essai non randomisé), ayant deux patients de plus dans un état grave à l’inclusion dans le groupe lopinavir/ritonavir que dans le groupe chloroquine, et qui a observé une légère supériorité de la chloroquine sur la combinaison lopinavir/ritonavir sur des critères de jugement cliniques et de clairance virale différents de ceux pré-enregistrés (ce qui pose question). Voici la conclusion formulée par les auteurs de cet essai qui a probablement participé à créer la rumeur d’efficacité de la chloroquine transformée en certitude par Didier Raoult le 25 février :

« En résumé, nos résultats préliminaires suggèrent que la chloroquine pourrait être une option efficace et peu coûteuse parmi les nombreuses thérapies proposées, par exemple la combinaison lopinavir/ritonavir […] Nous espérons que ces travaux encourageront la réalisation d’essais randomisés à plus grande échelle afin d’évaluer pleinement le potentiel de ce médicament contre le Covid-19. En l’absence d’un traitement spécifique, les médicaments anciens tels que la chloroquine pourraient être réutilisés pour lutter contre cette nouvelle maladie […] ».

Seuls deux autres de ces neuf essais chinois non abandonnés ont pour l’instant donné lieu à des publications, plus précisément à des prépublications avant revue par des pairs – il ne s’agit pas à ce stade de publications scientifiques, et peut-être ne le deviendront-elles jamais. Voyons ce qu’on trouve dans ces articles.

Essai sur l’hydroxychloroquine n°1 : Chen et al. prépublié le 30 mars, puis le 31, puis le 10 avril

Celui de Chen et collègues (ChiCTR2000029559) a été mis en ligne dans sa première version le 30 mars. Piétinant encore une fois le code de déontologie médicale, Didier Raoult a osé tweeter le 31 mars : « Ceci montre l’efficacité de ce protocole » (« l’hydroxychloroquine » selon ses mots, toujours pas le protocole décrit par Ella Roche donc, et pas non plus ce qu’il avait décrit fin février), et cet article a été instrumentalisé pour annoncer la publication d’une étude « donnant raison à Didier Raoult » dans un article d’opinion publié dans Paris Match faisant immédiatement le buzz. Pour ces raisons, j’en avais fait un bref compte rendu ironique le 1er avril sur Facebook, ce qui m’a valu des accusations d’acharnement contre Didier Raoult et de malhonnêteté intellectuelle.

Selon la troisième version de cet article, mise en ligne le 10 avril, cet essai contrôlé randomisé mené dans un hôpital de Wuhan a comparé 31 malades ayant reçu 400 mg d’hydroxychloroquine par jour pendant 5 jours en plus du « traitement standard » à 31 autres n’ayant reçu que ledit traitement standard. Les patients inclus présentaient tous des symptômes peu sévères, étaient en moyenne âgés d’un peu moins de 45 ans et étaient en majorité des femmes (53 %). Il est à noter que le traitement standard est décrit comme suit : « oxygène, agents antiviraux, agents antibactériens et immunoglobuline avec ou sans corticostéroïdes » (sans plus de précisions), laissant à penser que tous les patients n’ont pas reçu en pratique les mêmes médicaments, ce qui peut être source de biais.

Selon le protocole enregistré, l’essai aurait dû comparer trois groupes : un recevant 400 mg d’hydroxychloroquine par jour, un 200 mg par jour et un autre un placebo, tous en plus du traitement standard. On suppose que c’est par manque de patients correspondant aux critères d’inclusion que le second bras a été abandonné (l’essai devait porter sur 300 patients et non 62), mais rien n’explique l’abandon du placebo. De plus, les auteurs indiquent que ni eux, ni les patients ne savaient à quel groupe chacun avait été assigné mais n’expliquent pas comment ce double-insu a été mis en œuvre en l’absence de placebo. Il y a d’autres détails qui jettent un doute sur la fiabilité des résultats rapportés, mais le plus important est un autre écart avec le protocole enregistré.

Cet écart concerne les critères utilisés pour juger de l’efficacité du traitement. En effet, deux critères étaient prévus : le délai de retour à l’état négatif du test PCR de présence du virus et celui de retour à la normale des lymphocytes T (leur diminution est un des signes de la maladie). Or, l’article ne dit rien à ce sujet – ce qui permet déjà de deviner que le traitement n’a très probablement montré aucun signe d’efficacité sur ces paramètres biologiques qui étant donné l’hypothèse d’un effet antiviral ayant motivé l’essai (et qui est ce que Didier Raoult a prétendu avoir montré), sont de première importance.

L’article rapporte a contrario un délai moyen de disparition de la fièvre significativement plus court dans le groupe traité (2 jours contre 3), de même que le délai moyen de disparition de la toux selon une évaluation subjective (également 2 jours contre 3), une amélioration subjective de l’imagerie pulmonaire entre J0 et J6 significativement plus fréquente dans le groupe traité, et enfin une tendance à un moindre risque d’évoluer vers une forme sévère dans le groupe traité, mais non statistiquement significative.

Selon les normes de communication scientifique en vigueur, ce dernier point doit être rapporté comme une absence de différence entre les groupes, mais dans l’article publié dans Paris Match il est devenu la conclusion que l’hydroxychloroquine a « un effet puissant pour empêcher que l’infection passe d’une forme bénigne à une forme sévère »  (idée reprise en gras et gros en intertitre), suivie de l’affirmation qu’« agir tôt avec ce produit est un moyen de réduire l’hécatombe et de désencombrer les unités de soins intensifs », mythe savant désormais répandu.

Le fait de rapporter autre chose que ce qui était prévu (appelé outcome switching) est une modalité classique de ce qu’on appelle le p-hacking. Le p-hacking consiste, lorsqu’on n’a pas trouvé le résultat positif confirmant l’hypothèse testée (i.e l’effet attendu statistiquement significatif à la valeur p inférieure à un seuil conventionnel), à triturer les données disponibles en faisant des analyses post hoc (i.e. non prévues au lancement de l’étude, décidées après coup au vu des observations recueillies) jusqu’à finalement avoir de quoi étayer ce qu’on cherchait à prouver, ou tout simplement jusqu’à trouver quelque-chose qui sera susceptible d’intéresser une revue scientifique (elles ont un biais de publication en défaveur des résultats négatifs, c’est-à-dire soutenant l’hypothèse nulle, qui est ici l’absence de différence entre les deux groupes).

Ce type de pratiques malheureusement assez courantes mine la qualité de la littérature en sciences biomédicales. Cela augmente en effet beaucoup le risque que les résultats rapportés ne soient que le fruit du hasard, c’est-à-dire dans le cas présent qu’ils ne soient pas représentatifs d’une efficacité réelle du traitement. Ce risque est ici en outre accru par le fait que deux des critères de jugement utilisés sont subjectifs et que l’insu est douteux. C’est principalement pour les raisons que je viens d’exposer qu’à juste titre, l’équipe de l’Université de Lyon qui suit l’actualité des essais enregistrés et publiés sur le Covid-19 a considéré que cette étude ne faisait que suggérer un apport possible de l’hydroxychloroquine et l’a classée à haut risque de biais.

Voilà une information que l’on cherchera en vain sur le blog de Laurent Mucchielli, de même qu’on n’y trouvera pas l’article que la revue Prescrire a consacré le 2 avril à cette étude. Il a en revanche relayé sur son blog l’article publié dans Paris Match[15], dans un billet daté du 13 avril où il dit avoir cherché à fournir un fil d’information « le plus objectif possible » (on veut bien le croire, mais c’est pathétique au vu du contenu dudit fil). Sans doute ne connaît-il pas cette revue destinée aux professionnels de santé réputée pour son évaluation des bénéfices/risques des médicaments indépendante des autorités de santé, et surtout des laboratoires pharmaceutiques et de leurs intox et non-dits, pour lui avoir préféré le propos d’un chirurgien cardiaque dans Paris Match.

Essai sur l’hydroxychloroquine n°2 : Tang et al. prépublié le 14 avril

L’autre des quinze essais chinois cités dans l’article du 19 février dont les résultats ont été rendus publics est celui de Tang et collègues (ChiCTR2000029868), prépublié en ligne le 14 avril. La revue Prescrire en a fait un compte rendu critique le 15 avril, mais je n’en ai pas parlé quant à moi bien qu’il confortât l’hypothèse de l’inefficacité de l’hydroxychloroquine, d’une part parce qu’il n’a pas fait le buzz (et pour cause), et d’autre part parce que j’ai estimé qu’il ne permettait pas de tirer de conclusions solides concernant le rapport bénéfices/risques du/des traitement(s) préconisé(s) par Didier Raoult.

Cette prépublication non revue par des pairs décrit le résultat d’un essai contrôlé randomisé ouvert (sans insu) mené à Shanghaï. Il compare 75 patients n’ayant reçu que le traitement standard à 75 traités en plus à l’hydroxychloroquine, à une très forte dose : 1200 mg par jour de J1 à J3 puis 800 mg par jour jusqu’à J14 en cas de symptômes légers ou modérés, J21 en cas de symptômes sévères.

Le critère primaire de jugement de l’efficacité prévu était le résultat d’un test de présence du virus à l’issue du traitement, un critère de jugement de la sécurité du traitement étant aussi prévu (effets indésirables). Les patients avaient en moyenne 46 ans et 55 % étaient des hommes. Leurs symptômes étaient apparus en moyenne 16 jours et demi avant le début du traitement et seuls deux (1 %) étaient à l’inclusion dans un état jugé grave.

A l’issue du traitement, il n’y avait pas de différence entre les groupes sur le critère primaire de jugement (clairance virale chez 84.5% des sujets vs 81.3% des témoins, différence non statistiquement significative). Ce pourcentage n’était pas non plus différent entre les deux groupes lors des points intermédiaires faits à J4, J7, J10 et J14, de même que le délai de clairance virale (médiane de 8 jours dans le groupe traité vs 7 dans le groupe témoin, non statistiquement significatif).

Des analyses post hoc ont été faites pour tenter de voir si un effet de l’hydroxychloroquine était néanmoins observable dans certains sous-groupes de patients : âge inférieur à 45 ans ou non, IMC inférieur à 24 ou non, présence ou non de comorbidités, symptômes apparus depuis moins de 7 jours ou non, niveau normal ou non de CRP (une protéine synthétisée par le foie en cas d’inflammation) à l’inclusion, nombre de lymphocytes normal ou non à l’inclusion, et administration ou non d’autres agents antiviraux. Aucune différence statistiquement significative n’a été trouvée entre patients traités et témoins dans chacun de ces 14 sous-groupes.

Les auteurs ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour arriver à trouver quand même quelque-chose : l’article rapporte les résultats de l’analyse de trois autres critères de jugement (non pré-enregistrés). Pour le premier, à savoir la disparition des symptômes cliniques, ni leur taux de disparition dans les 28 jours, ni leur délai médian de disparition n’a montré de différence statistiquement significative. Seule une différence de rapidité de leur disparition pendant la deuxième semaine a été observée, tout juste statistiquement significative (et entièrement attribuable au sous-groupe des 14 + 14 patients n’ayant pas reçu d’autre agent antiviral). Aucun effet statistique significatif de l’hydroxychloroquine n’a été trouvé dans les 13 autres sous-groupes. Pour les deux autres critères, à savoir la modification du niveau de CRP et celle du nombre de lymphocytes, un retour un peu plus rapide à la normale a été observé dans le groupe traité, mais à l’issue des 28 jours d’observation le taux de retour à la normale ne différait pas de manière statistiquement significative entre les deux groupes, seule l’ampleur de la réduction de la CRP différant, ici encore de justesse (p = 0.045). C’est vraiment très maigre, sans compter qu’une correction pour comparaisons multiples aurait dû être faite qui rendrait probablement ce(s) résultat(s) statistiquement non significatif(s).

La lecture du paragraphe concernant l’analyse de la sécurité du traitement réserve une surprise : on y découvre que six patients considérés comme appartenant au groupe traité n’ont en réalité pas reçu d’hydroxychloroquine (et ont donc été considérés comme non traités, mais seulement pour cette analyse de sécurité), et qu’un patient considéré comme témoin a en fait reçu par erreur 14 jours d’hydroxychloroquine (considéré ici seulement comme traité). Tout le reste de l’article est donc en fait une analyse en intention de traiter. Quoi qu’il en soit, une différence nettement significative a été observée sur ce plan : 30 % des patients traités à l’hydroxychloroquine ont eu des effets indésirables contre 9 % des non traités. Par ailleurs, aucun des patients non traités n’a vu son état s’altérer sérieusement, alors que deux traités ont eu des « effets indésirables graves dus à la progression de la maladie et à l’infection des voies respiratoires supérieures ».

Bien que mettant en avant le petit résultat positif concernant la CRP, les auteurs reconnaissent que cet essai n’est pas encourageant, et en particulier n’indique pas d’effet antiviral de l’hydroxychloroquine contrairement aux attentes. Discutant longuement leurs résultats, ils signalent que l’étude de l’IHU Méditerranée publiée en mars doit être interprétée avec précaution du fait de la petite taille de son échantillon et de l’absence de randomisation. « Contrastant avec ses excellents résultats », écrivent-ils, « nos résultats n’apportent pas de soutien à l’utilisation de l’hydroxychloroquine pour lutter contre la réplication du virus ».

Essai sur l’hydroxychloroquine n°3 : Chen et al. publié le 6 mars

Les quinze essais cliniques sur le Covid-19 listés dans l’article de Gao et collègues cité par Ella Roche ne sont pas les seuls à avoir été menés en Chine sur la chloroquine ou l’hydroxychloroquine : début avril j’en avais recensé douze autres, dont au moins deux abandonnés (sur la chloroquine). L’un d’eux, le seul ayant donné lieu à une publication, mérite qu’on s’y penche. Il s’agit en effet de la véritable étude « historique » sur l’hydroxychloroquine, terminée avant même que Didier Raoult ne lance la sienne, dont les résultats finaux ont été publiés le 6 mars (en mandarin) dans une revue chinoise.

Il s’agit d’un essai contrôlé randomisé ouvert (sans insu) mené sur 30 patients testés positifs et ayant des symptômes légers à modérés. Le groupe témoin de 15 patients n’a reçu que le traitement standard et le groupe traité a reçu en plus 400 mg d’hydroxychloroquine par jour pendant 5 jours.

Les deux groupes avaient des caractéristiques à l’inclusion ne différant pas de manière statistiquement significative sur des facteurs de risque d’évolution défavorable : sexe (60 % d’hommes dans le groupe traité vs 80% dans le groupe témoin), âge moyen (50.5 ans vs 46.7), temps moyen écoulé depuis l’apparition des symptômes (6.6 vs 5.9 jours), taux de présence de fièvre (60.0 % vs 86.7 %), nombre de lymphocytes, etc, avec un diabétique dans chaque groupe et un sujet soufrant d’une pathologie pulmonaire obstructive dans le groupe témoin.

Les critères de jugement primaires enregistrés étaient la clairance virale selon un test réalisé dans les voies respiratoires supérieures ou inférieures (à J3, J5 et J7) et la mortalité à J14, et les critères secondaires le nombre d’effets indésirables et celui de malades ayant évolué vers une forme grave à J14.

Aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les deux groupes en termes de clairance virale (test devenu négatif à J7 chez 86.7% des patients traités versus 93.3 % des patients témoins, après un délai médian de 4 jours dans le groupe traité vs 2 jours dans le groupe témoin) ni en termes de mortalité (aucun décès), les deux critères primaires. Par ailleurs, aucun des critères cliniques examinés n’a montré de différence significative : même délai médian de disparition de la fièvre, taux d’amélioration du scanner thoracique similaire (chez 5 malades traités vs 7 non traités), taux d’aggravation similaire (un seul patient a vu son état s’aggraver, dans le groupe traité). Les effets indésirables n’ont pas non plus différé de manière significative.

Comme je l’avais écrit sobrement le 25 mars, cette « étude préliminaire […] n’indique pas d’effet significatif du traitement par hydroxychloroquine ». L’équipe de l’Université de Lyon déjà citée a pour sa part estimé qu’elle était à faible risque de biais mais ne permettait pas de conclure, et la revue Prescrire que ces résultats n’avaient « pas montré d’efficacité clinique de l’hydroxychloroquine », « sans l’exclure pour autant vu la faible puissance statistique de l’essai », ce qui est exact. Il aurait été possible de signaler aussi qu’en tendance, toutes les comparaisons faites allaient plutôt dans le sens d’une moins bonne évolution des patients traités par hydroxychloroquine que celle des patients non traités, mais on s’en est abstenu.

Les auteurs de cette étude concluent quant à eux que pour savoir si l’hydroxychloroquine améliore ou aggrave l’état des patients, il faudrait mener une étude sur un échantillon de 784 patients (pour avoir la puissance statistique nécessaire, compte tenu de la petite taille de l’effet éventuel de la molécule compatible avec leurs observations à un certain degré de probabilité conventionnel). Ils soulignent aussi que dans les cas où il y a une amélioration spontanée de nombreux malades au fil du temps, ce qui est le cas du Covid-19, il est important de mener des essais cliniques contrôlés randomisés, rappelant que les études à un seul bras risquent de donner à tort l’illusion d’un effet positif du traitement. De sages conclusions ignorées par Didier Raoult, qui prétend pourtant que ce sont ses critiques qui méprisent la recherche chinoise.

Ella Roche mentionne cette étude, mais pour dire qu’elle trouve « troublant » que les médias « mainstream » n’en aient parlé qu’à partir du 24 mars (alors qu’il est parfaitement logique qu’elle n’ait pas attiré l’attention avant que Didier Raoult ne se mette à faire des affirmations délirantes sur l’hydroxychloroquine), pour soupçonner gratuitement ceux qui en parlent de ne pas l’avoir lue, pour balayer d’un revers de la main ses résultats au motif que « le niveau et la reconnaissance du laboratoire de recherche à l’origine de cette publication n’est aucunement comparable à ceux des équipes de M. Raoult ou de M. Zhong » et j’en passe, terminant ce passage de son texte par une considération hors-sujet et un sous-entendu complotiste : personne ne parle pas des problème éthiques posés par l’usage d’autres médicaments potentiellement dangereux dans cet essai car leur prix peut aller « jusqu’à 400 euros » alors que l’hydroxychloroquine « est à 2 euros »[16].  Sans commentaire.

Essai sur l’hydroxychloroquine n°4 : l’étude de l’IHU Méditerranée publiée le 20 mars

A l’heure où Ella Roche écrivait son texte, à part l’essai que l’on vient de voir n’ayant pas mis en évidence de signal d’efficacité de l’hydroxychloroquine, un seul autre essai clinique examinant les effets de cette molécule sur des patients atteints de Covid-19 avait donné lieu à une publication. Il s’agit de celui mené à l’IHU Méditerranée sous la direction de Didier Raoult, dont les résultats définitifs à paraître dans l’International Journal of Antimicrobial Agents ont été publiés le 20 mars 2020.

Selon Ella Roche, c’est en particulier sur la base de cette étude « menée sur 24 personnes » que Didier Raoult propose « depuis le 25 février » (ce qui est faux comme on l’a vu) un traitement combinant hydroxychloroquine et azithromycine. Or pour commencer, cette étude n’a pas été menée sur 24 personnes mais sur 6, 20, 26 ou 42 selon qu’on considère les patients traités avec cette combinaison (6), ceux traités avec de l’hydroxychloroquine combinée ou non (26) ou le sous-ensemble de ceux-ci dont les résultats ont été utilisés (20), ou encore le nombre total de patients observés (42) – tout au moins si on prend pour argent comptant ce qui est indiqué dans l’article publié. Ce détail est sans importance sur le fond mais il montre qu’elle n’a tout bonnement pas lu l’article en question, se fiant à ce que Didier Raoult a dit à son sujet (en effet, c’est lui qui a parlé de 24 personnes, fausse information reprise ensuite dans plusieurs médias dont Marianne le 19 mars et Le Parisien le 24 mars).

En fait, il apparaît qu’Ella Roche et Laurent Mucchielli, qui a publié son texte sans tiquer sur ses erreurs factuelles grossières, ont écrit sur « la polémique Raoult » sans avoir examiné par eux-mêmes ce qui était à son principe : ni les déclarations délirantes de Didier Raoult du 25 février entre autres, ni les fondements supposés de celles-ci, ni l’étude sur la base de laquelle Didier Raoult a prétendu que son traitement, dont Laurent Mucchielli a réclamé à hauts cris la libéralisation, était efficace. Or l’examen de ces faits permet de comprendre ce qui a motivé les nombreuses prises de paroles très critiques, et pourquoi celles-ci ne relevaient ni de « querelles d’experts », ni d’une vaine « polémique ».

Rien que dans ses grandes lignes, la méthodologie de cette étude fait que ses résultats sont qualifiables d’anecdotiques : avec un échantillon de patients traités de petite taille et non représentatif de la population cible, avec une absence de randomisation, de placebo et de double-insu et une incomparabilité des groupes traités et témoin telle que ce dernier ne sert en fait à rien (l’abstract de l’article lui-même parle d’ailleurs de « single arm protocol »), et enfin avec un critère de jugement de l’efficacité limité à l’absence du virus dans un prélèvement nasopharyngé à J6 (soit en moyenne dix jours et demi après l’apparition des symptômes chez les patients traités avec hydroxychloroquine + azithromycine), difficile a priori d’en tirer des conclusions sachant qu’une clairance virale spontanée est observée dans ce délai et ce lieu de prélèvement chez de nombreuses personnes, d’autant que les patients sont ici particulièrement jeunes (plus que prévu[17]).

D’autres détails font qu’il est compréhensible que l’article de l’IHU Méditerranée ait été éreinté : de la chercheuse (de la CGT-campus 06) interviewée par La Marseillaise (journal local et de gauche) qui a trouvé ce travail indigne d’un étudiant de Master, « extravagant à ce niveau », à la directrice adjointe de l’Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique à qui le conseil scientifique du gouvernement a demandé d’analyser cet article, qui a conclu le 25 mars que cette étude « conduite, décrite et analysée de façon non rigoureuse » n’apportait « juste aucune information du tout sur un éventuel effet de l’hydroxychloroquine », en passant par d’innombrables spécialistes qui en France et à l’étranger l’ont commentée sévèrement[18], toutes les personnes compétentes qui se sont penchées dessus ont trouvé que c’était ce qu’on peut appeler une « petite étude pourrie », pour le dire crument comme je l’ai fait le 22 mars.

Fait rarissime, même la société savante qui possède la revue dans laquelle l’article a été publiée s’est fendue le 3 avril d’un communiqué dans lequel elle a déclaré estimer qu’il n’avait pas le niveau attendu. Il a certes été soumis à relecture par des pairs avant publication, mais il est difficile à croire qu’il aurait été publié en l’état si trois de ses co-signataires, employés de Didier Raoult, n’étaient pas pour l’un le rédacteur en chef de la revue (Jean-Marc Rolain) et pour les autres des membres de son comité éditorial (Philippe Colson et Jean-Christophe Lagier).

Il n’est pas scandaleux en soi ni extraordinaire que l’équipe dirigée par Didier Raoult ait produit une étude très mal fichue et ait réussi à la publier dans une revue scientifique : c’est juste désolant, et cela arrive malheureusement tous les jours en sciences biomédicales. C’est autre chose qui a fait sortir de leurs gonds un certain nombre de personnes dont je fais partie.

Inconduite scientifique et autres mauvaises pratiques de recherche

Tout d’abord, l’examen des vidéos et autres publications de l’IHU Méditerranée met en évidence le fait que l’équipe dirigée par Didier Raoult s’est livrée à des pratiques dont plusieurs relèvent de l’inconduite scientifique. Certaines sont qualifiables de « fraude scientifique » selon les termes du Vade-mecum intégrité scientifique du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, qui inclut sous cette rubrique l’exclusion sélective de données et l’interprétation frauduleuse de données. D’autres relèvent des « pratiques douteuses de recherche », incluant selon ce vade-mecum notamment « l’embellissement » des données, la segmentation de publications (« salami slicing »), la sélection biaisée de citations et la rétention de données vis à vis de la communauté scientifique. D’autres encore relèvent des « pratiques de recherche inappropriées », en l’occurrence la violation des protocoles liés à l’expérimentation humaine.

Je vais présenter dans ce qui suit un certain nombre d’éléments, sans prétention à l’exhaustivité. Commençons par la forme d’inconduite la plus soft qu’est la sélection biaisée de citations, à laquelle j’ajoute la pratique de citation trompeuse. L’une et l’autre permettent de donner l’impression que les résultats rapportés sont confortés et/ou en rien mitigés par la littérature existante, ce qui contribue à les rendre plus convaincants.

Citations biaisées ou trompeuses

Un biais de citation criant est l’absence de mention de l’essai contrôlé randomisé de Chen et collègues n’ayant pas mis en évidence de signal d’efficacité de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19. Cette étude était pourtant enregistrée dans la base de référence étatsunienne depuis le 7 février, terminée depuis le 25 février[19], et l’article en rendant compte avait été reçu le 29 février, accepté pour publication le 3 mars et publié le 6 mars. Il avait déjà été pris en compte par exemple dans un rapport d’expertise dédié à cette question publié le 13 mars sur le site de l’OMS. Or l’article de l’IHU Méditerranée fait comme si cet essai n’avait jamais existé, ce qui sert bien son propos. Il reste possible que Didier Raoult et son équipe aient complètement ignoré son existence. Notons que le cas échéant, cela traduirait non seulement un manque de rigueur et d’attention aux travaux menés par d’autres, mais aussi l’absence d’informations d’insiders sur les essais chinois, contrairement à ce que Didier Raoult a pu laisser croire.

Je veux signaler un autre biais de citation, bien que sa qualification comme telle soit discutable, car il a été important dans la construction du discours fallacieux pro-(hydroxy)chloroquine du fait de son redoublement dans les propos de Didier Raoult sur YouTube. Dans l’article, des études sont citées qui ont montré un effet inhibiteur de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine sur le coronavirus in vitro (ainsi que des articles ayant montré une activité de l’azithromycine in vitro sur les virus zika et ebola), suivies de deux études co-signées par Didier Raoult sur l’intérêt de l’hydroxychloroquine pour traiter des maladies infectieuses bactériennes. En revanche, les échecs passés systématiques de ces molécules pour le traitement des infections virales sont complètement passés sous silence.

Leur action antivirale est en effet souvent constatée in vitro, mais les études pré-cliniques ou essais cliniques se sont toujours traduits par des échecs : que ce soit pour le sida, la dengue, ebola, le chincungunya, la grippe ou un précédent SRAS causé par un coronavirus, on n’a jamais obtenu de résultats permettant d’inclure l’une ou l’autre de ces molécules dans les protocoles de traitement de ces infections virales (sans doute parce qu’il est impossible d’obtenir in vivo la dose efficace sans intoxiquer gravement les gens). C’est à cela que faisait référence le directeur général de l’AP-HP le 1er mars sur Europe 1 lorsqu’il disait que ça n’avait jamais marché in vivo, propos qu’Ella Roche a jugé « surréaliste ». Elle semble avoir cru sur parole un certain “anthropologue de la santé” suisse dont Laurent Mucchielli a recommandé la lecture – qui a visiblement joué un grand rôle dans la propagation de la théorie du complot pro-(hydroxy)chloroquine dans les couches plutôt éduquées de la population mais ignorantes des sciences biomédicales –, qui a affirmé que la chloroquine avait « démontré une puissante efficacité thérapeutique contre la plupart des coronavirus, dont le redouté SRAS de sinistre mémoire »[20].

Pour continuer avec une variante de cette forme soft de mauvaise pratique scientifique, mentionnons la citation trompeuse des deux articles dont on a vu qu’Ella Roche les citait pour renvoyer à l’étude chinoise « historique » sur l’hydroxychloroquine, au « consensus en Chine » ou aux « publications scientifiques chinoises qui appuient l’utilisation de l’hydroxychloroquine » selon les cas.

Didier Raoult et son équipe écrivent en effet : « un premier essai clinique mené chez des patients chinois atteints de Covid-19 a montré que la chloroquine avait un effet significatif, tant en termes de résultats cliniques que de clairance virale, en comparaison avec les groupes témoins », renvoyant ici à deux références. Or, elles ne soutiennent pas cette phrase : l’une est la correspondance de Gao et collègues publié le 19 février dans BioScience Trends qui comme on l’a vu, n’est pas une étude (et ne cite pas d’étude ayant montré cela), et l’autre est le texte (copié/collé de l’article de Gao et collègues) d’une requête ramenant la liste des essais enregistrés dans la base de référence chinoise contenant le mot « chloroquine », y compris de nombreux essais sans aucun rapport avec le Covid-19.

De même, Didier Raoult et son équipe écrivent : « Les experts chinois recommandent que les patients diagnostiqués comme cas légers, modérés ou graves de pneumonie à Covid-19, et sans contre-indication à la chloroquine, soient traités avec 500 mg de chloroquine deux fois par jour pendant dix jours », renvoyant ici au court article sur la chloroquine publié le 12 mars 2020 par une commission d’expert-es de la province de Guangdong. Or comme on l’a vu il ne soutient pas cette affirmation, qui est une contre-vérité.

Venons-en maintenant à ce qui relève de la trituration des données pour arriver à présenter dans l’article le résultat souhaité, à savoir l’efficacité et la sécurité du traitement proposé contre le Covid-19.

Exclusion sélective, interprétation frauduleuse et autres pratiques douteuses

Déjà, il y a des bizarreries du côté du pseudo-groupe témoin constitué de 16 patients présenté dans l’article, dont l’existence n’était pas prévue le 6 mars encore (l’essai a été enregistré en tant que non contrôlé). Dans une vidéo du 16 mars, Didier Raoult explique que son équipe a eu la chance de pouvoir avoir des patients de Nice et d’Avignon qui ont servi de contrôle, mais dans l’article Briançon est citée en sus. Aucune information n’est donnée sur la façon dont ces patients d’autres villes ont été « recrutés » ni sur les dates de leur J0, et l’article n’en donne même pas le nombre. Au vu de leurs bien mauvais résultats (seulement 12.5 % de négatifs à J6), en particulier pour deux enfants de 10 et 14 ans, on finit par se poser des questions sur la façon dont ils ont été sélectionnés pour être inclus dans l’analyse. Mais intéressons-nous surtout au groupe traité à l’hydroxychloroquine.

Dans les deux vidéos où Didier Raoult donne des détails sur l’étude, l’une du 16 mars et l’autre du 17 mars, il parle d’un essai sur 24 personnes traitées (rem : c’est 25 qui était prévu dans le protocole enregistré) et indique dans la première qu’au bout de six jours, 25 % d’entre elles n’étaient plus porteuses du virus. Pourtant, dans l’article final ce pourcentage est passé à 30 % et ne porte plus que sur 20 patients traités. Une explication de cette incohérence qui me paraît plausible est que l’équipe a hésité entre différentes façons d’arranger les données, décidant finalement d’exclure celles d’autres patients, et que Didier Raoult n’était pas au fait de la dernière version.

Ces indications de bidouillage sont renforcées par la comparaison entre un graphique montré dans la vidéo du 16 mars et l’article final. En effet, Didier Raoult explique que les patients ayant reçu la bithérapie (H+A) étaient « pratiquement tous curés de la présence du virus au bout de 6 jours » (minute 4:20 de la vidéo du 17 mars), et on voit effectivement dans le graphique (minute 15:26) que les patients ayant reçu la bithérapie n’étaient pas tous négatifs à J5, puis que la courbe descendait encore entre J5 et J6 mais n’atteignait toujours pas le niveau de 0% de positifs. Or, outre que les pourcentages montrés sur ce graphique sont incompatibles avec un nombre total de seulement six patients, dans l’article final 100% des six patients du sous-groupe H+A sont déjà négatifs à J5 et le restent à J6. Une explication simple de cette incohérence serait que plusieurs patients de ce sous-groupe ayant présenté une issue défavorable ont été exclus a posteriori.

De fait, six patients traités ont été exclus de l’analyse, et l’article omet opportunément de préciser s’ils faisaient partie de ce sous-groupe. Il ne serait pas impossible que tous aient fait partie du sous-groupe A+Z, qui aurait alors été initialement constitué de 12 patients, car le pourcentage à J6 montré dans le graphique de la vidéo est proche de 1/12. Quoi qu’il en soit, l’exclusion de patients telle que réalisée ici est en elle-même une énormité relevant clairement de l’exclusion sélective de données.

En effet, il y avait au départ 26 patients traités à l’hydroxychloroquine (seule ou associée à l’azithromycine), et les critères de jugement décrits dans l’essai enregistré étaient d’une part la clairance virale à J1, J4, J7 et J14 (critères primaires), et d’autre part des critères cliniques – disparition de la fièvre, normalisation de la fréquence respiratoire et durée de séjour à l’hôpital – à J1, J4, J7, J14 et à la sortie de l’hôpital (critères secondaires). Or parmi ces 26 patients traités, l’un est mort à J3, trois ont dû être transférés en soins intensifs à J2, J3 et J4 respectivement, et deux ont décidé d’arrêter le traitement au bout de 3 jours (l’un à cause de nausées causées par le traitement, l’autre parce qu’il était négatif).

Les quatre premiers de ces patients au moins auraient dû être inclus dans l’analyse et considérés comme des échecs du traitement, or les six en ont tout bonnement été exclus. S’ils étaient pris en compte comme il se doit, cela donnerait au minimum 3.8 % de décès sous hydroychloroquine et 11.5 % de patients s’aggravant au point de nécessiter des soins intensifs. Ces performances catastrophiques du traitement à l’hydroxychloroquine sont d’autant plus impressionnantes que les patients étaient plutôt jeunes si l’on se fie à l’âge de ceux gardés dans l’analyse (et s’ils avaient été particulièrement âgés, cela serait sans doute signalé dans l’article afin de relativiser ces échecs).

De plus, la clairance virale à J6 (même pas J7) est seule prise en considération pour l’analyse, ce qui relève de la pratique d’outcome switching décrite plus haut, une pratique généralement malhonnête lorsque comme ici, elle n’est pas justifiée dans l’article. Les auteur-es argueront que les résultats étaient si extraordinaires à J6 que l’article a été rédigé sans attendre de voir ce qui se passait ne serait-ce qu’à J7, mais outre que cela ne relèverait pas moins de la mauvaise pratique scientifique, cela serait difficilement justifiable au vu de leur constat que d’un jour sur l’autre, certains patients testés négatifs sont redevenus ensuite positifs (invitant à ne pas conclure si vite), dont un patient ayant reçu la bithérapie miraculeuse et négatif à J6 mais redevenu positif à J8, et que le patient mort à J3 était pourtant négatif à J2.

Cela serait aussi difficilement compatible avec le fait que l’article précise que les patients ont été suivis jusqu’à J14 et mentionne des informations à J8 et à J9 concernant deux patients, et ce déjà dans la prépublication du 17 mars rédigée le 16.  L’équipe avait donc davantage de recul que l’état à J6, et a choisi de ne pas s’en servir en plus de faire l’impasse sur les critères cliniques. Dans la vidéo du 17 mars, Didier Raoult fait passer la pilule en réécrivant l’histoire (heureusement tracée via l’enregistrement de l’essai), c’est-à-dire en mentant éhontément : « On s’était donné six jours pour savoir si au sixième jour, les gens n’avaient plus de virus ».

L’article comporte une phrase destinée à se débarrasser des questions gênantes concernant ce grossier outcome switching : « Le suivi clinique et l’apparition des effets secondaires seront décrits dans un autre article à la fin de l’essai ». Compte tenu du fait que les résultats de l’essai en cours ne justifiaient objectivement pas de publier précipitamment les données parcellaires rapportées dans cet article, cela relèverait pour moi de la pratique scientifique douteuse appelée salami slicing : on publie plusieurs articles sur la base d’une seule étude en tenant compte de données différentes dans chacun, ce qui permet de gonfler artificiellement le rendement de l’équipe évalué en nombre de publications et sert également à l’occasion de technique d’embellissement des données.

Quoi qu’il en soit, force est de constater que 40 jours après avoir soumis cet article pour publication, l’équipe de Didier Raoult a eu le temps d’en publier plusieurs autres, mais toujours pas ce suivi des vingt patients sur lesquels est basée sa conclusion que l’hydroxychloroquine fait mieux que la prise en charge standard. A ce stade, c’est qualifiable de rétention de données vis à vis de la communauté scientifique.

Mais ce n’est pas tout : pour obtenir leur nette différence à J6 entre le groupe traité et le groupe témoin, les auteur-es ont carrément inventé des données non disponibles avec une méthode d’extrapolation ayant juste le biais qu’il fallait (visiblement le report de la dernière observation disponible, ce qui est absolument inadéquat dans ce contexte). En effet, un patient traité à l’hydroxychloroquine qui n’avait pas été testé à J6 (ni à J5) a été considéré comme négatif à J6, et les cinq patients non traités qui n’avaient pas été testés à J6 ont été considérés comme positifs. On est ici à la limite de la fabrication de données. C’est au minimum de l’interprétation frauduleuse de données, permettant encore une fois d’ « embellir » les résultats, et la fabrication pure est simple n’est par ailleurs pas exclue car comme cela été signalé sur PubPeer, cinq patients du groupe témoin n’avaient pas de résultats de leur test PCR à J6 dans la prépublication du 17 mars, mais sont devenus positifs dans la version du 20 mars.

L’invention de l’effet certain de la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine

Une autre façon d’utiliser les données relevant à mes yeux de l’interprétation frauduleuse concerne spécifiquement ce qui est devenu le « traitement du professeur Raoult », à savoir l’administration de 600 mg d’hydroxychloroquine pendant dix jours combinée à celle d’azithromycine à raison de 500 mg le premier jour puis 250 mg par jour les quatre suivants.

Le test de l’effet de l’administration concomitante d’azithromycine n’était pas prévu dans l’essai enregistré. Comme c’est expliqué dans l’article (ainsi que par Didier Raoult dans Marianne et dans sa vidéo du 17 mars), l’azithromycine a juste été donnée en plus à certains patients afin de prévenir un risque de surinfection bactérienne. Cela fait partie de la pratique courante : tous les médecins prenant en charge des patients Covid-19 leur administrent de même des antibiotiques en cas de co-infection ou surinfection bactérienne, ou de risque de surinfection dont on estime qu’il nécessite cette précaution, car elle est sérieusement aggravante chez les patients atteints de pneumonie.

Le constat post hoc d’une différence d’issue entre 6 patients traités avec cette combinaison et 20 autres traités à l’hydroxychloroquine seule est donc une observation anecdotique que tout-e scientifique digne de ce nom considèrerait comme formant au plus la base d’une nouvelle hypothèse à tester. Le pire est que l’équipe a laissé traîner dans l’article une phrase allant en ce sens, qui suit la présentation (bien plus longue et affirmative) de l’efficacité de l’hydroxychloroquine censément prouvée par cet essai : « Nos résultats préliminaires suggèrent aussi un effet synergique de la combinaison de l’hydroxychloroquine avec l’azithromycine ». De même, Didier Raoult présentait encore cela comme suit le 17 mars : « Donc notre première étape […] est passée, donc on va redemander un protocole pour l’évaluation maintenant des deux, hydroxychloroquine + azithromicine, qui permettra de clarifier les choses » (vidéo, 4:35).

Mais Didier Raoult et son équipe ont très vite changé radicalement de discours. Un titre profondément trompeur a été donné à l’article, tout d’abord : « Hydroxychloroquine and azithromycin as a treatment of COVID-19: results of an open-label non-randomized clinical trial », comme si c’était l’hypothèse de l’efficacité de cette combinaison qui avait fait l’objet de cet essai clinique. Ensuite, la conclusion de l’article recommande directement de traiter les malades avec cette combinaison « afin de les guérir de leur infection et de limiter la transmission du virus ». Elle recommande aussi de poursuivre les recherches, mais pas sur ce sujet (considéré comme plié) : pour déterminer si ces molécules pourraient être utilisées en prophylaxie, en particulier pour le personnel de santé. C’est proprement sidérant, et cela le serait encore plus s’il s’avérait que comme je le pense, des patients traités avec cette combinaison figurent parmi les six patients exclus de l’analyse.

Pour en finir avec ce qui est caractérisable comme mauvaise pratique de recherche, ajoutons que l’équipe de l’IHU Méditerranée a manifestement violé des dispositions relatives à l’expérimentation humaine.

Violation de protocole lié à l’expérimentation humaine

Le comité d’éthique local a donné son avis favorable le 3 mars selon le protocole de l’essai enregistré, et selon l’article publié l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et le CPP Ile de France (Comité de protection des personnes) ont donné leur accord les 5 et 6 mars respectivement. Comment l’équipe a-t-elle donc fait pour avoir déjà suivi les patients jusqu’à J14 le 16 mars (puisque cela est déjà indiqué dans le preprint publié le 17 mars, qui ne doit pas être bien différent de la version envoyée le 16 mars puisque l’article a été immédiatement accepté) ? C’est tout simplement impossible, et cela pourrait expliquer pourquoi la date de début du recrutement des patients est laissée dans un flou artistique dans l’article (« début mars »). Des patients ont manifestement commencé à faire l’objet de cet essai sans attendre l’accord du CPP et de l’ANSM. On peut d’ailleurs lire dans un document publié le 20 avril par l’IHU, relatif à une extension de cette étude à 1061 patients, que celle-ci a été menée sur des patients inclus dès le 3 mars.

Par ailleurs, selon le protocole approuvé par l’ANSM et le CPP, aucun enfant de moins de 12 ans ne devait être inclus (critère d’exclusion), or deux enfants de 10 ans l’ont été. Ils étaient certes dans le groupe témoin, mais ces deux enfants asymptomatiques ont quand même été soumis entre autres à des tests quotidiens de présence du virus par prélèvement nasopharyngé. On aimerait d’ailleurs bien savoir comment il se fait, le cas échéant, que ces enfants asymptomatiques aient été pris en charge dans d’autres centres hospitaliers en dehors de tout essai dûment déclaré. Mon hypothèse est qu’il s’agit plutôt de sujets recrutés à l’IHU Méditerranée, d’autant qu’ils ont quant à eux un résultat de test PCR chiffré comme les patients traités à l’IHU, et non binaire (positif/négatif) comme les patients témoins suivis ailleurs. Etant donné que l’équipe de l’IHU indique dans l’article que des personnes ayant refusé le traitement ont été incluses dans le groupe témoin, il semble très probable qu’ils en fassent partie. Le protocole de l’essai enregistré prévoyait d’ailleurs le traitement de cinq patients âgés de 12 à 17 ans, et on en trouve quatre in fine dans le groupe témoin, tous avec des tests PCR chiffrés.

Toutes ces anomalies seraient sans doute à jamais passées inaperçues, comme cela doit arriver quotidiennement pour bon nombre d’études en sciences biomédicales, si Didier Raoult n’avait pas instrumentalisé cette étude de manière obscène, éhontée et irresponsable.

Communication trompeuse scandaleuse

Alors que les auteurs de l’étude chinoise sur l’hydroxychloroquine publiée le 6 mars ont à juste titre qualifié leurs résultats (pourtant plus robustes) de préliminaires, et sont comme il se doit restés discrets, Didier Raoult a considéré qu’il avait trouvé le traitement et l’a fait savoir à un public le plus large possible. Le titre et la conclusion de l’article étaient déjà osés, mais l’absence de modération avec laquelle Didier Raoult a assuré la diffusion de cette conclusion au grand public, après avoir déjà franchi la ligne rouge le 25 février au sujet de la chloroquine comme on l’a vu plus haut, est carrément scandaleuse.

Il n’a reculé devant aucune manipulation pour emberlificoter le public : jamais de mention que les résultats miraculeux de la bithérapie ne concernaient que six patients ; exagération des résultats, comme par exemple dans une interview publiée le 17 mars dans Les Echos où il prétend qu’associée à l’azithromycine, l’hydroxychloroquine a « totalement guéri les sujets dans la semaine » (alors qu’il ne s’agit que de clairance virale à J6 et non de guérison, qu’un des sujets est redevenu positif à J8 et qu’on savait déjà que le virus pouvait disparaître du prélèvement nasopharyngé mais rester présent ailleurs) ; discrédit jeté en bloc sur les personnes soulignant les défauts de l’essai, la fragilité de ses conclusions ou les dangers du traitement recommandé[21] ; instrumentalisation d’informations concernant la chloroquine ou l’hydroxychloroquine présentées de manière ambiguë (comme dans ses tweets du 25 mars et du 2 avril laissant croire à tort que l’une ou l’autre de ces molécules, présentées comme équivalentes, était devenue le traitement de référence en Chine[22], Corée du Sud, Italie, Belgique, etc) ; décomptes trompeurs affichés sur une page ad hoc du site de l’IHU laissant croire au succès incomparable de son traitement (alors qu’il est administré principalement à des personnes peu affectées par le virus) ; mensonges éhontés au besoin…

Après avoir déclaré le 17 mars dans Les Echos : “Il y a une urgence sanitaire et on sait guérir la maladie avec un médicament qu’on connaît parfaitement. Il faut savoir où on place les priorités. », voici par exemple ce qu’il a osé expliquer doctement dans une vidéo le 7 avril, en réponse à une question sur la « polémique » engendrée par sa proposition de traitement (ici habilement jamais décrit), se fichant du monde en faisant  mine de ne pas comprendre  ce qui lui était reproché :

« On connaît la sensibilité du virus à un certain nombre de produits quand on les teste. Dans ces produits il y a […] des molécules anciennes qu’on connait très bien, qui ont été prescrites des milliards de fois. Si vous voulez, les gens qui sont les sachants, c’est-à-dire en pratique les Chinois, puis les Coréens, qui ont eu la première vague, ont traité ça en utilisant ce produit que tout le monde connaît très bien, et ils disent, écoutez, ça marche. Comme preuve, ils contrôlent entièrement la maladie : depuis que moi j’ai dit ‘fin de partie’, effectivement c’est la fin de partie en Chine. C’est fini. Ils ont arrêté la maladie avec des mesures qui sont : détection, un peu de contention dans les zones à risque, et pas l’ensemble de la Chine, et puis traitement. » (souligné par moi)

Avec des propos de ce genre, il n’est pas étonnant que des millions de Français ayant pris au sérieux les balivernes du prétendu grand scientifique en soient arrivés à penser qu’il était scandaleux, et inexplicable autrement que par un complot, que le gouvernement français empêche l’administration de ce traitement à l’efficacité prouvée et déjà adopté par de nombreux pays.

Irrespect de la déontologie médicale

Par ses déclarations concernant tant l’hydroxychloroquine combinée ou non à l’azithromycine que la chloroquine, Didier Raoult a piétiné le Code de la santé publique, plus précisément ses articles évoqués plus haut concernant la divulgation imprudente de données non confirmées et d’un nouveau traitement insuffisamment éprouvé (articles R.4127-13 et R.4127-14).

Il l’a une nouvelle fois piétiné en faisant la publicité du traitement proposé par l’IHU Méditerranée, en le présentant comme efficace et sans danger et en recrutant par ce moyen de nombreux patients, en l’occurrence sa disposition prohibant de proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède insuffisamment éprouvé (article R.4127-39) et celle prohibant tous procédés directs ou indirects de publicité (article R.4127-19).

Suite à cette publicité, plusieurs milliers de personnes ont afflué vers l’IHU Méditerranée pour se faire tester et pour certaines se faire administrer le fameux traitement, rapidement devenu inaccessible sinon, du moins auprès de médecins respectant les dispositions en vigueur encadrant la prescription d’hydrocycholoquine. Rappelons en effet qu’elle n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour cette indication, et que des décrets du 25 mars et du 26 mars ont restreint sa prescription hors AMM aux établissements de santé, « après décision collégiale » et « dans le respect des recommandations du Haut conseil de la santé publique », et donc en particulier aux patients « atteints de pneumonie oxygéno-requérante ou d’une défaillance d’organe ».

L’équipe de Didier Raoult a pourtant administré ce traitement à plus de trois mille personnes à ce jour, selon le compteur déjà cité, et ce en dehors de tout essai clinique (hormis pour les 26 patients dont l’observation a donné lieu à la publication du 20 mars), dont au minimum 1008 ne présentant que des symptômes légers, voire aucun symptôme (95 % des patients inclus dans une étude prépubliée en avril). Outre que nombre de ces patients ont été traités après le 26 mars, on peut se demander s’il n’y a pas là encore une violation du Code de la santé publique, en l’occurrence de ses articles disposant que les médecins doivent limiter leurs prescriptions à ce qui est nécessaire et s’interdire de faire courir aux patients un risque injustifié (articles R.4127-8 et R.4127-40).

Signalons aussi que le fait d’avoir mené des recherches biomédicales sur les personnes en ne respectant pas les conditions prévues par la loi et en n’assurant pas de l’objectivité de leurs conclusions est également visé par un article du Code de la santé publique (R.4127-15).

Bref.

Quelles suites ?

Au vu de tout cela, j’ose espérer que les personnes qui m’ont accusée comme d’autres d’être dans la haine ou l’acharnement injustifié contre Didier Raoult comprendront pourquoi je me suis permis d’écrire « ce con » en parlant de lui.  Et ce n’est qu’une partie de l’histoire, qui s’est notamment prolongée sous la forme de ce qui ressemble fort à un essai clinique sauvage, ce qu’une enquête de l’ANSM devrait à mon sens établir –  en effet, la ligne de défense de Didier Raoult ne tient pas ne serait-ce que parce que comme on l’a vu, il disait encore le 17 mars qu’il avait l’intention de demander une autorisation pour tester la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine.

Est-ce que les référent-es scientifiques concerné-es vont enquêter sur l’inconduite scientifique de son équipe et agir en conséquence, ou bien ces mauvaises pratiques vont-elles être ignorées, notamment eu égard à la capacité exceptionnelle qu’a cette équipe de publier des articles à un rythme effréné, ce qui à la fois permet de faire monter les universités concernées dans le classement académique et représente une  importante source de financement pour les établissements de santé concernés[23] ?

Didier Raoult va-t-il être sanctionné sévèrement pour ses multiples manquements au respect du Code de la santé publique, ou bien le Conseil national de l’ordre des médecins va-t-il comme souvent, suivant son penchant corporatiste, faire mine ne les avoir pas vus – voire sanctionner pour manque de « confraternité » les médecins qui excédés, ont pris sur eux de les dénoncer, comme Didier Raoult le souhaiterait ?

La procureure de Marseille va-t-elle se saisir des éléments susceptibles de constituer des infractions au droit pénal, ou bien Didier Raoult va-t-il s’en sortir sans dommage avec l’appui de son solide réseau politique ?

J’ai hâte de le savoir. Hâte aussi qu’on confirme qu’aucun des traitements successivement présentés par Didier Raoult comme spectaculairement efficace et sans danger – chrloroquine, puis hydroxychloroquine, puis combinaison hydroxychloroquine.azithromycine – ne présente le rapport bénéfices/risques espéré. Je sais que cela choque, et on m’a d’ailleurs vivement conseillé de supprimer de mon mur Facebook ce que j’avais exprimé en ce sens, mais la malhonnêteté sous toutes ses formes m’est bien trop détestable pour que j’accepte ce genre d’hypocrisie. J’assume donc, et enfonce encore le clou : après tout ce qui s’est passé depuis le 22 mars, j’en viens encore plus à l’espérer.

Car si le coup de poker de ce mandarin autoritaire et bouffi de confiance en soi[24] s’avérait être gagnant – ce que rien n’indique à ce jour –, se serait à mes yeux désastreux : les millions d’adeptes de la théorie du complot y verront la confirmation de celle-ci, toutes les personnes ayant critiqué Didier Raoult ou ses études seront discréditées, ce sera un encouragement à retourner à la bonne vieille eminence-based medicine d’antan et pire encore, au développement d’un véritable populisme médical, pour reprendre les mots de deux médecins indignés par les agissements de Didier Raoult et ayant été confrontés à leurs effets délétères concrets au sein des équipes en charge des patients Covid-19, et de manière plus générale la défiance vis-à-vis des institutions montera encore d’un cran, avec des conséquences qui pourraient à terme largement dépasser celles de cette maladie.

J’espère bien qu’au contraire, cette histoire servira de leçon, et pas qu’à Didier Raoult.
 

Odile Fillod

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Notes

[1] https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/290320/derriere-la-polemique-raoult-mediocrite-mediatique-et-interets-pharmaceutiques

[2] Voir les recommandations du Haut conseil de le santé publique datées du 23 mars 2020 (mises en ligne le 24 mars). Dans celles-ci, il est estimé que les « résultats exploratoires » de l’IHU Méditerranée « ne permettent pas de conclure à l’efficacité clinique de l’hydroxychloroquine ou de l’association hydroxychloroquine + azithromycine, mais demandent à être confirmés (ou infirmés) », ajouté (en gras) qu’il n’existe « actuellement pas de données permettant d’envisager l’utilisation hors protocole de l’hydroxychloroquine en prophylaxie du COVID-19 », et fait mention de « très fortes réserves sur l’utilisation de l‘hydroxychloroquine liées au très faible niveau de preuve ». Dans ses recommandations datées du 5 mars 2020 (mises en ligne le 10 mars), le Haut conseil de le santé publique n’évoquait pas l’hydroxychloroquine. La chloroquine était en revanche mentionnée parmi les « candidats potentiels » faisant l’objet d’études cliniques, et il était indiqué que compte tenu du rationnel pharmacodynamique limité la concernant, il n’était « pas possible d’élaborer d’avis formalisé dans l’attente de résultats des études cliniques ». Voir aussi le communiqué de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé publié le 30 mars 2020, qui rappelle qu’ « aucun médicament n’a apporté la preuve formelle de son efficacité dans le traitement ou la prévention de la maladie COVID-19 » et que l’utilisation du Plaquenil (hydroxychloroquine) pour la prise en charge des patients atteints de COVID-19 « doit se faire prioritairement dans le cadre des essais cliniques en cours ».

[3] Voir leur communiqué conjoint publié le 26 mars 2020.

[4] Par exemple la Société Française de Cardiologie dans un avis publié le 23 mars 2020. Le Conseil scientifique du Collège National des Généralistes Enseignants, dans un avis publié le 27 mars 2020, a quant à lui non seulement souligné que l’étude de l’IHU Méditerranée avait « un niveau de preuve insuffisant inhérent à de nombreux et sérieux biais méthodologiques », mais explicitement recommandé aux médecins généralistes de ne pas prescrire l’hydroxychloroquine contre le Covid-19 en ambulatoire, ajoutant ceci : « Cette prescription serait contraire à l’éthique médicale car le risque (connu) est potentiellement supérieur à l’efficacité (non établie) dans une population ambulatoire qui guérira spontanément dans plus de 80% des cas (6). En l’état actuel des connaissances, l’utilisation de l’hydroxychloroquine doit être réservée aux essais thérapeutiques correctement menés pour en évaluer la balance bénéfices/risques » (souligné par moi).

[5] Voir www.sanofi.fr/fr/Actualites/actualites-produits/epidemie-covid-19-point-sur-la-mise-a-disposition-de-plaquenil, page publié le 27 mars 2020 puis mise à jour. Le 29 mars, il y était notamment indiqué ceci : « À ce jour, les preuves cliniques sont insuffisantes pour tirer des conclusions sur l’efficacité clinique ou la sécurité d’utilisation de l’hydroxychloroquine dans la prise en charge de l’infection COVID-19. Les résultats préliminaires de différentes études indépendantes nécessitent de faire l’objet d’une analyse plus approfondie et d’études cliniques plus robustes et à plus large échelle pour évaluer le profil de sécurité d’emploi de Plaquenil®  pour le patient atteint de l’infection COVID-19. Toute utilisation de ce médicament dans l’indication COVID-19 ou des symptômes de cette infection virale constitue une utilisation hors AMM, c’est-à-dire une utilisation non autorisée car elle dépasse le cadre des indications visées par l’autorisation de mise sur le marché ». Concernant les effets indésirables, on pouvait entre autres lire : « L’hydroxychloroquine doit être utilisée avec prudence chez les patients recevant des médicaments connus pour induire une prolongation de l’intervalle QT comme par exemple certains anti-infectieux dont les macrolides (tel que l’azithromycine), en raison d’un risque accru d’arythmie ventriculaire. ». Ces mentions sont inchangées au 22 avril 2020.

[6] Si elle avait pris deux minutes pour se renseigner au sujet de Florian Gouthière, elle aurait pu se rendre compte que non seulement ça fait un bout de temps qu’il ne collabore plus à l’émission télévisée qui a fait de Michel Cymes une star, mais aussi que la qualité de son travail n’est pas étrangère à la cessation de cette collaboration.

[7] Voir dans www.lemonde.fr/pixels/article/2020/03/28/comment-didier-raoult-est-devenu-la-nouvelle-egerie-des-complotistes_6034761_4408996.html : « depuis une semaine, c’est la personnalité du professeur Didier Raoult qui concentre l’attention des complotistes plus ou moins assumés. La médiatisation et les débats scientifiques autour du traitement à l’hydroxychloroquine, pratiqué par ce médecin à Marseille, ont provoqué un gigantesque appel d’air dans les sphères complotistes. Pourquoi donc ce traitement, soutenu par certaines figures politiques comme le maire (Les républicains) de Nice, Christian Estrosi, n’est-il donc pas généralisé ? Plutôt que de se plonger dans les détails des réserves médicales portant sur le protocole de soin suivi par M. Raoult – dont les premiers résultats sont loin de faire l’unanimité dans la communauté scientifique –, une explication toute trouvée a surgi dans les espaces de discussion en ligne les plus radicaux : celle d’un complot de l’industrie pharmaceutique […] De Christine Boutin, qui avait, le 11 mars, la « désagréable impression que l’on cache quelque chose », jusqu’à l’Union populaire républicaine (UPR), qui pense lire derrière « le triomphe du professeur Raoult » la « gêne » des médias français, de très nombreux élus et courants politiques ont usé de la sémantique complotiste. Plus fréquentes à la droite de la droite, ces allusions n’épargnent pas non plus la gauche de la gauche, très suspicieuse envers l’industrie pharmaceutique ; elles sont également particulièrement fréquentes dans les groupes Facebook du mouvement des « gilets jaunes ». […] Pour les tenants des théories du complot, les critiques contre le professeur Raoult et ses essais thérapeutiques constituent justement autant de « preuves » nouvelles. S’il « dérange », c’est probablement qu’il a raison ; son traitement, simple et bon marché, ne peut être contesté que parce qu’il y aurait des « intérêts occultes » à l’œuvre. […] Haï de « l’establishment », comme Donald Trump, Didier Raoult fait forcément partie des « héros de l’ombre », estiment-ils. Des rapprochements facilités par les propres déclarations de M. Raoult, qui s’est régulièrement posé en victime de dénigrements de la part des « pontes » parisiens de la santé.»

[8] Vidéo mise en ligne le 25 février 2020, initialement intitulée « Coronavirus : fin de partie ! » (renommée sous la pression de YouTube « Coronavirus : vers une sortie de crise ? »), vue 628 000 au 25 mars 2020. Extrait : « Les Chinois […] ont trouvé, comme ça avait été trouvé sur le SARS et oublié, que sur leur nouveau virus, leur nouveau corona, la chloroquine est active in vitro. J’avais été interviewé par la télévision chinoise, on m’avait demandé le conseil que je donnais aux Chinois et ce que j’attendais des Chinois, que je considère comme les meilleures équipes de virologie au monde. Je leur ai dit : j’espère que très, très vite, les Chinois nous donneront les résultats d’une première étude sur l’efficacité de la chloroquine sur les coronavirus. Et ça vient de sortir, donc c’est efficace sur les coronavirus. Avec 500 mg de chloroquine par jour pendant 10 jours, il y a une amélioration spectaculaire et c’est recommandé pour tous les cas cliniquement positifs d’infection au coronavirus chinois. Donc c’est une excellente nouvelle, c’est probablement l’infection respiratoire la plus facile à traiter de toutes, et donc c’est pas la peine de s’exciter et promettre des vaccins dans dix ans, il faut travailler, voir les molécules potentiellement actives et qui sont immédiatement disponibles sur le marché. La seule chose que je dis, faites attention, il y aura bientôt plus de chloroquine dans les pharmacies. »

[9] Voir dans www.20minutes.fr/sante/2727411-20200226-coronavirus-faute-medicale-donner-chloroquine-contre-virus-chinois-selon-professeur-didier-raoult. Extrait : « Pouvez-vous expliquer ce qu’est la chloroquine ? C’est un très vieux médicament. C’est le médicament probablement le plus utilisé avec l’aspirine dans l’Histoire de l’humanité. Les jeunes ne le connaissent pas car ils ne l’ont pas connu comme antipaludéen. Les gens qui vivaient en Afrique comme moi prenaient tous les jours de la chloroquine. Tous les gens qui allaient dans ces pays chauds prenaient ça pendant tout leur séjour, et tous les jours pendant les deux mois après leur retour. Il y a des milliards de gens qui ont pris ce médicament. Et il ne coûte rien : dix centimes le comprimé. C’est un médicament qui est extrêmement sûr et qui est le moins cher qu’on puisse imaginer. C’est donc une super bonne nouvelle ! Tous les gens qui ont connaissance de ces bienfaits devraient se jeter dessus. »

[10] Voir aussi une communication de chercheurs chinois reçue le 23 février, révisée le 27 et acceptée le 28 (Dong, Hu et Gao publié dans Drug Discoveries & Therapeutics), qui décrit les antiviraux inclus dans cette version dont la chloroquine (pas l’hydroxychloroquine), où ceux-ci sont qualifiés d’agents « potentiellement efficaces ».

[11] Voir dans www.mediterranee-infection.com/wp-content/uploads/2020/04/Supplementary-data.pdf mis en ligne le 20 avril, qui décrit le protocole de suivi mis en place en raison du risque de torsades de pointes induit par le traitement, en plus du ionogramme et de l’électrocardiogramme avant démarrage du traitement : « Specific inclusion protocol and follow-up for torsade de pointes risk in patients treated with a combination of hydroxychloroquine and azithromycin. […] Close ionogram monitoring was performed in patient with low serum potassium levels at baseline. An electrocardiogram was routinely performed 48 hours after the start of treatment. Treatment with hydroxychloroquine was discontinued when the corrected QT interval (QTc, Bazett’s formula) was > 500ms and the risk-benefit ratio of HCQ+AZ treatment was estimated by the infectologist and agreed with the cardiologist, at between 460 and 500ms ».

[12] ChiCTR2000029542 sur la chloroquine débuté le 3 février 2020, ChiCTR2000029559 sur l’hydroxychloroquine débuté le 4, ChiCTR2000029935 sur la chloroquine, ChiCTR2000029939 sur la chloroquine et ChiCTR2000029868 sur l’hydroxychloroquine débutés le 6, ChiCTR2000029609 sur la chloroquine débuté le 10, ChiCTR2000029761 sur l’hydroxychloroquine et ChiCTR2000029740 sur l’hydroxychloroquine débutés le 11, ChiCTR2000029760 sur l’hydroxychloroquine et ChiCTR2000029762 sur l’hydroxychloroquine débutés le 12, ChiCTR2000029803 sur l’hydroxychloroquine débuté le 15, et enfin ChiCTR2000029826, ChiCTR2000029899, ChiCTR2000029837 et ChiCTR2000029898 tous sur la chloroquine et débutés le 17 (soit le jour même de la conférence de presse). D’après mes recherches, il semble que l’essai multi-centrique sur la chloroquine concernant « plus de cent patients » dont les résultats préliminaires ont été évoqués le 17 férvier est le ChiCTR2000031204, absent de la liste donnée dans l’article de Gao et al, enregistré dans la base de référence chinoise a posteriori (le 24 mars seulement).

[13] ChiCTR2000029761, ChiCTR2000029760, ChiCTR2000029762, ChiCTR2000029826 et ChiCTR2000029837, abandonnés soit par manque de patients, soit pour une raison non indiquée.

[14] ChiCTR2000029740, par manque de patients selon ses dires.

[15] Voir dans https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/130420/chloroquine-protocole-raoult-liberte-de-prescrire-des-medecins-bilan-provisoire : « 31 mars (ter) : “une étude chinoise randomisée donne raison au professeur Raoult”, écrit le Dr Philippe Gorny. Cette étude, a priori davantage conforme à ce que les agences du médicament considèrent comme fiable, soutiendrait les conclusions de l’infectiologue marseillais sur la chloroquine et l’intérêt de l’utiliser tôt dans l’infection au lieu de tardivement. Intéressant, à vérifier. »

[16]  Extrait : « Une « nouvelle » étude chinoise a été de façon troublante reprise par de nombreux médias « mainstream » à partir du 24 mars. Présentée comme récente, elle datait en fait du… 3 mars 2020 [REM : non, du 6 mars]. Une reprise tout aussi étonnante sur le fond, puisque ces mêmes médias n’ont cessé d’inviter des personnes critiquant le fait que des essais basés sur peu de patients n’étaient méthodologiquement pas crédibles. Ici, 30 individus testés et un mantra repris en fermant les yeux : « l’hydroxychloroquine n’aide pas à lutter contre le coronavirus ». Qui aura lu vraiment l’étude en question, essentiellement publiée en mandarin ? Qui aura précisé que le niveau et la reconnaissance du laboratoire de recherche à l’origine de cette publication n’est aucunement comparable à ceux des équipes de M. Raoult ou de M. Zhong ? [… ] Cette étude ne représente pas le consensus en Chine. En fait, elle n’est même pas dédiée à démontrer quelque efficacité en soi de l’HCQ contre le Covid-19. Les médias l’ayant citée auraient pu évoquer à la place l’ensemble des publications scientifiques chinoises qui appuient l’utilisation de l’hydroxychloroquine. Mais s’il fallait interpréter de façon primaire cette étude chinoise, il apparaît au mieux ou au pire que l’HCQ ne donne ni plus, ni moins d’effets que d’autres antiviraux dans le cadre de l’expérience. La différence ? La première molécule est à 2 euros. Les deuxième peuvent aller jusqu’à plus de 400 euros. »

[17] Selon le protocole enregistré, sur 25 patients traités il devait y en avoir cinq âgés de 12 à 17 ans, cinq de 18 à 64 ans et dix de 65 ans ou plus. Finalement, il n’y en a aucun de la première tranche d’âge (sans doute suite à un refus de traitement – voir ce j’ai indiqué ailleurs) et sur les 20 traités, seuls 3 ont plus de 65 ans.

[18] Pour des critiques détaillées et faites à l’étranger, voir par exemple : le fil de commentaires sur PubPeer, un site de peer review post publication ; l’analyse de Maxence Ouafik publiée par le Collège de médecine générale francophone de Belgique ; le billet de blog de David Gorski, un chercheur en cancérologie étatsunien engagé dans le démontage de la pseudoscience et des médecines « alternatives » (dans un autre billet, il qualifie cette étude de l’IHU Méditerranée et les deux suivantes de « scientific crap ») ; le billet de blog de Leonid Schneider, un ancien chercheur en sciences biomédicales qui se consacre à la dénonciation des fraudes scientifiques dans ce domaine ; le billet de blog d’Elisabeth Bik, chercheuse spécialiste du microbiome et consultante en intégrité scientifique dont le blog est également focalisé sur la documentation d’inconduites scientifiques.

[19] Cf « Actual Study Completion Date » dans https://clinicaltrials.gov/ct2/show/results/NCT04261517.

[20] Affirmation de Jean-Dominique Michel tirée de sa mésinterprétation de la vidéo de Didier Raoult du 25 février, n’étant bien-sûr appuyée par aucune référence, extraite du billet publié le 18 mars sur le blog qu’il tient sur le site de la Tribune de Genève. Une copie de ce billet a été brièvement en ligne le 20 mars sur un blog de Médiapart, dépubliée sous la pression de la rédaction dans le cadre de sa lutte contre les fake news. Selon Libération, malgré sa brève existence (moins de 2 jours), cette copie est devenue l’article le plus lu sur le site de Médiapart depuis le début de l’année 2019 au moins, avec plus de 760 000 vues. Jean-Dominique Michel a continué à publier des articles faussement savants dans la même veine « pro-Raoult », ainsi qu’un récit de ce qu’il a décrit comme sa guérison du Covid-19 par de la chloroquine achetée en contrebande. Dans son billet du 13 avril, Laurent Mucchielli dit avoir découvert le 3 avril l’un des articles de Jean-Dominique Michel. « Je recommande sa lecture, ainsi que celle des autres articles de son blog sur le sujet », écrit-il.

[21] Comme par exemple dans cette vidéo intitulée « “Coronavirus : données, EHPAD, polémiques” » où faisant comme si le contexte de l’administration de l’hydroxychloroquine et surtout l’ajout d’azithromycine ne changeaient rien à l’affaire, il déclare : « Enfin, l’hydroxychloroquine c’est un truc qu’on distribuait sans même une ordonnance il y a deux mois ! […] Quand les gens sont malades, on doit les traiter avec les médicaments qu’on a et dont on sait qu’ils ne sont pas toxiques ».

[22] Outre les éléments de preuve que cela n’a jamais été le cas en Chine donnés dans le présent billet, signalons que dans une interview publiée le 27 mars dans la rubrique « news » de la revue Science, le directeur général du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies a déclaré que la Chine n’avait utilisé que des « stratégies non-pharmaceutiques » pour lutter contre cette épidémie car il n’existait pas de « médicament ou inhibiteur spécifique ». A la question de savoir si la stratégie de la Chine était à l’heure actuelle de limiter au maximum la propagation du virus pour se donner le temps de trouver des médicaments efficaces, il a répondu que oui, les scientifiques chinois étaient en train de travailler à la fois sur des vaccins et des médicaments, et ni la chloroquine, ni l’hydroxychloroquine ni l’azithromycine ne sont ensuite cités (seul le remdesivir l’est, décrit par le journaliste comme étant le médicament jugé le plus prometteur par de nombreux scientifiques).

[23] Via le système MERRI, dans le cadre de la tarification à l’activité.

[24] Dans une interview publiée le 22 mars dans Le Parisien, à la question « Qu’attendez-vous des essais menés à plus grande échelle autour de la chloroquine ? », Didier Raoult répond tranquillement : « Rien du tout. Avec mon équipe, nous estimons avoir trouvé un traitement. […] Je suis convaincu qu’à la fin tout le monde utilisera ce traitement. C’est juste une question de temps avant que les gens acceptent de manger leur chapeau et de dire, c’est ça qu’il faut faire ».

251 réflexions sur « “Je ne suis pas complotiste, mais…” : à propos de l’affaire Raoult »

  1. Vous écrivez bien, mais vous vous donnez beaucoup de peine pour pas grand chose.
    Même si c’était par hasard ou en consultant son astrologue, plutôt qu’en s’inspirant d’études chinoises, que Raoult était tombé sur un traitement qui marche, ça n’empêcherait pas qu’il marche, effectivement, et qu’il aurait été bien sage de le mettre en œuvre plus tôt et plus largement, pour éviter l’hécatombe dans les hôpitaux et les EHPAD.
    Les hôpitaux qui désobéissent à Véran ont de meilleurs résultats qu’avant d’appliquer le protocole Raoult (écoutez Perronne !). Et les patients traités par Raoult meurent 10 fois moins que ceux qui sont traités dans les autres hôpitaux publics de Marseille.
    Bon courage dans votre soutien objectif à Véran, à Macron, aux lobbys et à leur politique criminelle.

    Sororellement malgré tout
    Simone

    1. Oh vous savez, j’ai beau avoir tendance à être idéaliste, je ne me fais pas d’illusion : je sais bien que des tas de gens comme vous seront incapables de comprendre où est le problème malgré mon gros effort d’explication. On en reparlera la prochaine fois qu’un charlatan ou un labo pharmaceutique arrivera à convaincre les autorités de santé d’autoriser un traitement sur des bases complètement bidon de cette sorte, et qu’il s’avérera avoir causé de gros dégâts. Sans doute hurlerez-vous alors au scandale contre le gouvernement qui aura permis cela, les lobbys et leur politique criminelle.

      1. Peut-être que le malentendu vient de là. On ne demandait à personne d’autoriser un traitement : ces médicaments, tout à fait autorisés, existent depuis longtemps et ont été librement prescrits depuis des dizaines d’années. Mais pour la première fois, un gouvernement à interdit aux médecins de prescrire un médicament. Interdit. Par décret. Sur décision du gouvernement. Les médecins ne peuvent plus prescrire, même s’ils pensent que ça peut faire plus de bien que de mal. Même s’ils prenennet toutes les précautions (somme toute assez simples) sur le plan cardiaque.
        C’est très bien que la recherche fasse son travail, mais c’est long.
        En attendant, on aurait pu laisser la médecine faire le sien. Les médecins ont l’expérience des malades et des maladies, et ils peuvent aussi se rendre compte, quand ils prescrivent un nouveau traitement, si leurs patients vont mieux ou moins bien dans l’ensemble qu’avant ce traitement. Si on les avait laissé faire, ils auraient pu sonner l’alarme, par exemple : ils auraient pu dire <> ou au contraire <> C’est de la médecine, comme on en fait tous les jours, sans savoir si on est sûre d’avoir fait le bon diagnostic et d’avoir eu la bonne idée de traitement. C’est de la médecine, pas de la recherche, mais on nous l’a interdit.

        1. Il n’y a aucun malentendu. Je rappelle que l’hydroxychloroquine ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché pour cette indication. Son utilisation dans cette indication hors du cadre fixé par les décrets des 25 et 26 mars engage la responsabilité des médecins (les patients ainsi “traités” pourront éventuellement engager des poursuites).

          Après, on peut placer au-dessus de tout la liberté de prescrire des médecins. Notez tout de même que l’article R.4127-8 du Code de la santé publique dispose : “Dans les limites fixées par la loi et compte tenu des données acquises de la science, le médecin est libre de ses prescriptions […]”. Il est donc prévu que cette liberté soit limitée.
          On pourra arguer que les décrets ne sont pas des lois et que techniquement, le gouvernement a donc outrepassé son pouvoir. Pourquoi pas.

          Je ne sais rien du processus qui a conduit à prendre cette décision, mais ma réaction première est diamétralement opposée à la vôtre : sachant qu’il aurait été facile au gouvernement de se défausser en laissant les médecins de ville libres de l’utiliser, je me dis que cette décision était plutôt courageuse.

          Vous dites : “Les médecins ont l’expérience des malades et des maladies, et ils peuvent aussi se rendre compte, quand ils prescrivent un nouveau traitement, si leurs patients vont mieux ou moins bien dans l’ensemble qu’avant ce traitement”. Eh bien non ils ne peuvent pas se rendre compte, c’est bien ça le problème et c’est bien pour cela que les protocoles de recherche existent. Ils ne contrôlent pas les biais qui peuvent leur faire croire à tort qu’un traitement est efficace (ou non).

          On pourrait savoir depuis un bon moment si ça marche ou non, si Didier Raoult avait accepté d’utiliser correctement la source d’information unique qu’il a sous la main et de mettre à disposition de la communauté scientifique ses données brutes et tous les éléments nécessaires pour les analyser correctement. Mais il ne l’a pas fait.

        2. Je suis complètement de votre avis! Quelle hâte, en ces temps d’inertie incomparable, pour enlever aux médecins leur outil de travail! Ils en appellent aux ARS, ANSM, à la loi par décret et au conseil de l’Ordre! Sommes-nous donc si inconséquents qu’il faille nous mettre un véto pour nous empêcher de nous faire notre propre avis sur la question? Ne sommes-nous bons qu’à être la chair à canon de ce gouvernement, à nous battre à main nue dans cette guerre meurtrière, et sans les masques? A regarder nos concitoyens mourir, les vieux dans la solitude la plus inhumaine et la plus sordide? Oui, nous soignons avec les médicaments que nous connaissons bien, comme le Plaquénil qui n’a jamais fait autant couler d’encre! Les risques cardiaques gravissimes? La torsade de pointe peut être prévenue par un ECG et une kaliémie! Notre job est de soigner, aux chercheurs de chercher! Votre papier est semé de circonvolutions inutiles et souvent biaisées, le même biais que vous reprochez à Raoult!
          Annie

          1. Encore un commentaire hors sujet (mon billet ne porte pas sur la pertinence des décrets des 25 & 26 mars) et ne contenant aucune critique factuelle, juste l’accusation que mon propos est inutile et biaisé… Bon, je le publie quand même, au moins ça renseigne sur la nature des critiques qui me sont adressées.

      2. Madame

        Merci pour ce travail.

        Désolé je suis sur mon mobile et il y aura bcp de fautes.

        Je gagne environ 300 k euro par an depuis 30 ans et ne suis pas réellement gilet jaune.

        Loin de moi l idée de challenger vos propos, votre étude semble fouillée.

        Toutefois laissez moi vous dire quelque chose, afin que vous compreniez ce qui se passe dans l esprit des gens, qui encore une fois ne sont pas nécessairement gilets jaunes.

        Le simple fait que vous vous soyez donné autant de peine pour encore cela, la cabale en règle contre DR tout azimut montre que quelque chose pue.

        Facile de caricaturer en parlant de complotistes ou qu il y a 70 millions d epidemiologist es. Cette controverse ce sont les médecins qui l ont créé. Il suffisait de dire que l on attend. Point. Quand l acharnement est trop intense, ça pue. Ça veut pas dire que C est mauvais mais C est très très très souvent mauvais. Bcp de médecins sont sûrement très mauvais en communication ou surpasse par l émotion. Ils auraient dû ne pas aller sur les plateaux TV. On a senti qu il ne peut pas y avoir un tel acharnement sans qqchose de plus malsain derrière.

        Quand on voit Laurent Alexandre, bras arme de la pensée maçonnique employer une énergie incroyable pour decredibiliser à ce point une personne (dont encore toutes les interviews sont en ligne), alors oui en effet quelque chose ne va pas. Le complot (sur ça ou autre chose) n est pas dans la tête des gens mais dans la répétition des signes forts et convergents (à l’inverse qd il n ya pas ça il y a complotisme ns sommes d accord)

        Merci qd même mais votre article produit l effet inverse.

        Claude

        1. “Je vois plein de signes forts et convergents : c’est bien la preuve que je ne suis pas complotiste”. Ce qui est drôle avec les complotistes, c’est qu’ils se défendent toujours de l’être avec une touchante et naïve sincérité. Courage Odile- et mes compliments pour ce travail – vous allez vous en farcir un bon paquet.

          1. Ce n est pas la question. Mais a partit de quand vous considérez qu il y a un problème ? La est la question. Une fois c est un hasard, une deuxième une concoindence, une troisième une que de distribution, un quatrième un évènement rare extrême cycgne noir et puis après…
            Qui n est pas OK avec la pensée unique voit un complot partout ? Les gens sont moins bêtes en moyenne que vous le ne le pensez.

            1. Je suis désolée de vous le dire Raffo, mais écrire : “Le simple fait que vous vous soyez donné autant de peine pour encore cela, la cabale en règle contre DR tout azimut montre que quelque chose pue”, c’est du complotisme pur et simple.
              En particulier, le fait est qu’il n’y a rien qui “pue” derrière ma motivation à écrire ce texte, et je crois avoir expliqué pourquoi je n’avais pas été la seule à être scandalisée et à réagir – ce que vous appelez la “cabale” ou “l’acharnement trop intense” contre Raoult.
              Si vous ne le comprenez pas, je ne peux rien faire pour vous et vous laisse à vos ressentis et autres déductions basées sur des intuitions.

              1. Vous aurez raison à la fin madame et je vous laisse le dernier mot, car de toute façon aujourd’hui il suffit de sortir de le carton Complostime pour que les éclairés fassent taire les obscurantistes. Dont acte.

                Mais quand on cherche avec acharnement à discréditer quelqu un avec cette force, si ce n est pas un règlement de compte intéressé C est quoi alors:de la folie de la haine gratuite?

                Je pense que vous devez penser être dans la quête de la vérité et rendre service aux incultes. Malheureusement cela vient dans un ultime acharnement et je préfèrais presque que ce soit pr intérêt que par haine gratuite ou par simple folie.

                Et puis vote article est habile: il détaille bcp qd les conclusions sont floues et ne détaillé plus rien qd vous tapez fort sur les médecins marseillais. Bcp d illusionnisme.

                1. Les “études” ont été détaillées en long et en travers.
                  Il est montré soit des résultats “biaisé” ou “négatif” avec une très faible “probabilité” de “gain” par rapport au “risque”, Conclusion préliminaire : plus de néfaste que positif sur ce traitement.

                  Pr Raoult n’est pas dieu sur terre, quand la peur et la vous voulez rester accroche a n’importe quel médicament, mais les études qui cherche des vrais médicament qui marche vont pas pouvoir se faire alors? des gens vont mourir en plus, de l’effet Raoult a cause des dommages que cela pose en terme de santé publique et de recherche médical dans une situation de PANDÉMIE.

                  Il y a des médecins qui prescrivent de l’homéopathie, qui n’a jamais prouvé plus d’effet que l’effet placebo. Les médecins ne sont pas de parfaite personnes, certain ont des croyances complètement idiotes, d’autre nous parle de VIH et COVID et passe a la tv, rappelez vous la mémoire de l’eau…

                  Et si dénoncer les “charlatans” était une démarche sincère fait pour le bien de tous le monde. Vous y voyer un complot, je voie une personne intègre qui s’inquiète d’une situation inédite, et des conséquences.

                  Avant de devenir tous expert en virologie biologie etc, il y a une matière que tous chercheurs doit connaitre, les statistiques et probabilités, et savoir ce qu’est la démarche scientifiques, et que les termes de leurs articulations, significations, périmètres, justesses et imprécisions, ne sont pas des choses qui sont évidente, que le grand public maîtrise rarement.

                  Bien sur je suis près a êtres convaincus du contraire, mais permettez moi d’en douter, vue la maîtrise de la règle de 3 que je constate en général, l’ignorance crasse de la masse humaine, réduire a être esclave du système marchand, je doute que l’intelligence soit dans le bon sens, c’est pas par le bon sens que l’on comprend les choses complexe, mais bien en les étudiant longuement, longuement, très longuement.

                  1. Le docteur Raoult n’est peut-être pas un dieu sur terre mais au moins il a des résultats.
                    Je constate que vous avez finalement beaucoup trop de bla-bla pour ne rien dire!

                    1. C’est tout l’enjeu du débat : a-t-il vraiment des résultats ? Il dit que oui. Mais toutes les analyses rigoureuses de ses études montrent que non. Il n’a pas de résultat, et c’est pour cela que c’est grave qu’il dise le contraire.

      3. Félicitations Odile pour votre article.
        Il y a déjà un laboratoire qui a “réussi à convaincre les autorités de santé à autoriser un traitement sur des bases complètement bidon de cette sorte, et qu’il s’avérera avoir causé de gros dégâts” : Purdue Pharma et l’OxyContin. Présenté comme un analgésique sans effets d’accoutumance, il se traduit quelques années après par des milliers de morts, en faisant la première cause de décès aux Etats-Unis. Le livre “Addiction sur ordonnance” de Patrick Radden Keefe montre très clairement le cheminement qui rend de telles catastrophes possibles.

    2. Bonjour Simone, je me permets de répondre à votre commentaire, manifestement vous n’avez pas lu l’article et vous prétendez que le traitement “Raoult” marche alors que RIEN à ce stade ne le prouve… Dommage de perdre ainsi votre propre temps à soutenir ce qui s’avère de plus en plus insoutenable… Mais je sais que cela ne vous fera pas prendre du recul car vous êtes bloquée dans une croyance … C’est triste. Surtout ne perdez pas votre temps en me répondant. Cordialement malgré tout.

    3. “Ecoutez Perronne !” Vous voulez dire ce même Péronne qui expliquait que la maladie de Lyme est causée par des tiques trafiquées par un chercheur nazi ?? Péronne, comme DR, est un mandarin en roue libre qui a causé énormément de torts avec ses idées farfelues assénées avec la suffisance du grand patron qui sait mieux que les autres et qui est indéboulonnable. Pas étonnant qu’il se sente solidaire avec DR. Le plus incroyable c’est qu’il soit toujours persona grata sur les plateaux TV, comme Montagnier !
      https://www.lejdd.fr/Societe/Sante/Maladie-de-Lyme-le-complotisme-applique-aux-acariens-810259

    4. Vous avez parfaitement raison. S’acharner sur de vieilles études n’a aucun intérêt, si ce n’est de témoigner de sa rancoeur. La seule chose qui importe, c’est d’étudier et d’expliquer, voire de critiquer les résultats obtenus par l’IHU Méditerranée à Marseille. Résultats incontestables et frappants. La catastrophe est entretenue par les chefs de service qui s’acharnent contre le protocole proposé et appliqué par l’IHU Méditerranée, sans rien proposé d’autre, si ce n’est des expérimentations foireuses sur des molécules très couteuses sorties du chapeau par de puissants laboratoires Gilead, Roche, Abbvie… Maintenant, on peut et on doit discuter aussi les résultats de l’association HCQ+AZ. Il se pourrait bien que ce soit l’AZ qui soit le médicament efficace dans le premier stade de la maladie, vu qu’il est employé avec succès par des médecins français qui n’ont pas accès à l’HCQ et vu l’étude chinoise qui prétend que l’HCQ est efficace dans les cas graves… Mais s’acharner sur Raoult, c’est juste prouver que l’on a abandonné la démarche scientifique pour le règlement de compte.

      1. Vos attributions d’un “archarnement” sur Raoult, sur de vieilles études ou sur le protocole HCQ+AZ appliqué par l’IHU Mediterranée depuis le 18 mars environ sont gratuites, et je conteste absolument celles qui me concerne. Par ailleurs, je n’ai aucun compte à régler ni aucune rancoeur si ce n’est envers les personnes qui s’acharnent sur moi, me prêtant toutes sortes de motivations, me harcelant y compris par messages privés et me diffamant sur Facebook ou ailleurs (je ne parle pas de vous) parce que j’ai osé critiquer sévèrement les agissements de Didier Raoult et incidemment ceux de Laurent Mucchielli.

        Si la seule chose qui vous importe, ce sont les résultats obtenus à ce jour par l’IHU Méditerranée, je ne vois pas pourquoi vous perdez votre temps à lire et commenter cet article dont ce n’est pas l’objet. Je vais néanmoins vous donner mon avis sur les résultats en question, puisque vous dites être d’accord avec Simone qui affirme que “les patients traités par Raoult meurent 10 fois moins que ceux qui sont traités dans les autres hôpitaux publics de Marseille” et prétendez que les résultats de l’IHU-Médierranée sont “incontestables et frappants”.

        La plus grosse étude publiée à ce jour par l’IHU Méditerranée porte sur 1061 sujets ayant été traités pendant au moins 3 jours selon ce protocole. Dans la publication initiale (le 9 avril), Didier Raoult annonçait une mortalité de 0.47 % sur cet échantillon (5 décès / 1061). Dans la publication définitive faite le 5 mai (https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S1477893920302179), c’est finalement une mortalité de 0.75 % qui est annoncée (8 décès), et une “author’s note” figurant en toute fin d’article nous apprenant qu’entre la finalisation de l’analyse et le 29 avril, deux décès de plus ont été à déplorer, cela nous amène à 0.94 % de mortalité chez les patients traités pendant au moins 3 jours avec ce protocole.

        Ces résultats n’ont rien de frappant et sont surtout incomparables à ceux observés dans les hôpitaux de Marseille ou d’ailleurs, sachant que la population de sujets traités par l’IHU-Méditerranée est très différente de celle des patients hospitalisés : ils sont moins à risque de décès (ils sont plus jeunes, il y a plus de femmes, plus de personnes avec des symptômes légers voire asymptomatiques, moins de personnes à risques aussi parce que celles à risque d’effets indésirables graves causés par la combinaison HCQ+AZM ont été prudemment écartées,…), et ce sont d’ailleurs en grande majorité des personnes qui n’ont à aucun moment été hospitalisées. Malheureusement, Didier Raoult n’a pas mis à disposition de la communauté scientifique et médicale les données brutes qui permettraient de mieux apprécier l’écart entre ce taux de 0.94 % et celui observable dans une population de caractéristiques similaires n’ayant pas été traitée selon ce protocole.

        Pour le reste de votre commentaire, plutôt qu’aux rumeurs je vous recommande de vous fier à ces deux revues de la littérature régulièrement mises à jour par une équipe des hôpitaux universitaires de Genève : un document sur CQ/HCQ sur http://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/coronavirus/documents/hydroxy-chloroquine_et_covid-19.pdf et un autre sur AZM sur http://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/structures/coronavirus/documents/azithromycine-et-covid-19.pdf

        1. Bonjour,

          Je crains que l étau soit amené à se resserrer bien vite

          http://www.francesoir.fr/amp/article/politique-france/enquete-suite-discovery-pourquoi-les-2-mois-de-retard-risquent-detre-plus-que-cela?

          On saura bien la fin de l histoire mais ce qui est clair c est qu il faut que des têtes tombent sur ce sujet trop grave: soit Raoult et son équipe (car il me sont nécessairement mouillés, ce qui en soit est un donc la définition primaire d un complot) soit Macron – Véran- et des médecins

          Mais mon souhait le plus profond c est que quelqu un payé. Je dis cela sans aigreur, mais le complotisme émerge justement des ces agissements ou le poisson est noyé en permanence

          On étudie, on clarifie, on communique et on sanctionne (meilleurs moyen de ne pas alimenter le complotisme et accessoirement ment de décourager les tricheurs)

          Pendant qu on y ait il faudrait aussi rendre une étude publique à posteriori sur combien le confinement aura fait de milliers de morts directement par exemple après 3 ans en stratifiant par classes d âges

          Nico

          1. Etant donné que les Raoultiens relèvent plus de la secte aujourd’hui, la clarification et les sanctions que vous appelez de vos voeux seront vues comme de la persécution par ceux-ci. Au passage, citer comme source France-Soir relève du très gros à peu près : ils annoncent être un journal et ils ont 0 journaliste, donc ce n’est plus qu’une marque grandement dépréciée.

    5. “””les patients traités par Raoult meurent 10 fois moins que ceux qui sont traités dans les autres hôpitaux publics de Marseille”””

      On parle de quels patients ? Ceux qui ont pris leur traitement sous le bras et qui sont rentrés chez eux ?
      Ou ceux qui ont dû être hospitalisés ?
      Si on doit comparer les décès en hôpitaux, alors comparons ce qui est comparable.
      Lors de sa dernière étude, Raoult a dû hospitaliser 46 patients qui avaient été traité à J+5.
      Sur ces 46 patients, 10 sont décédés. Ce qui fait un taux de 21%.
      J’avais déjà vérifié les taux dans le grand Est et sur Paris et je n’ai pas trouvé un département qui fasse pire.
      Donc non. Ce que vous avancez est faux. C’est même l’inverse. Et c’est vérifiable facilement.
      Cordialement.

      1. Je rejoins Louis P. dans son commentaire.
        Dans la longue file d’attente surréaliste devant l’IHU, il y avait beaucoup de jeunes qui sont repartis avec le traitement sous le bras, cela n’est pas complotiste que de le dire, il suffit de regarder les images TV. Et l’HQ distribuée larga manu s’est vue proposée ensuite en vente au marché noir à prix d’or par certains qui n’était pas inquiets, n’ayant que peu de symptômes de leur grippette. Mon confrère médecin dont les parents âgés vivent à Marseille a dû les convaincre de ne surtout pas en acheter, lucide sur l’absence de rigueur de l’étude et connaissant leurs ATCD cardiologiques.
        J’avoue que je n’y avait même pas pensé, et que cela m’a encore plus accablée dans cette période difficile que nous avons traversée.
        Nous sommes de nombreux médecins stupéfaits de voir que des confrères se retranchent derrière le pontifiant “je soigne, moi, Madame” ou “c’est ça la médecine” pour défendre ce traitement qui aurait pu être présenté comme un essai par DR ( nous ne sommes pas contre le fait qu’il ait essayé). Je suis certaine qu’un délégué médical présentant son produit sur les données d’une étude aussi ridicule aurait été éconduit du bureau des mêmes confrères.
        J’ai perdu beaucoup d’illusions sur mon métier dans cette histoire, et je suis vraiment rassérénée quand je lis des commentaires très solides qui me confirment que je n’ai pas la berlue.

      1. Vos accusations agressives en forme de questions sont très désagréables, au cas où vous n’en auriez pas conscience (je vous invite à vous demander ce qui vous rend aussi agressif envers moi). Elles sont surtout sans fondement.

        Les complotistes présupposent que toute personne tenant un discours critique vis-à-vis des agissements ou propos de Didier Raoult le fait avec malhonnêteté, et ce parce qu’elle est guidée par des objectifs cachés : obliger à se tourner vers des traitements plus chers pour faire gagner de l’argent à big pharma, empêcher de donner le seul traitement efficace pour laisser mourir exprès les personnes âgées afin d’alléger le poids des retraites, ou pour créer un chaos socio-économique permettant de faire passer certaines mesures politiques liberticides ou autres, faire du mal à Didier Raoult parce qu’on a une haine recuite envers lui ou parce qu’il “dérange”, etc.

        En ce qui me concerne, je ne présuppose rien de la sorte. Dans le texte que vous venez ici commenter, j’analyse un certain nombre de faits et mets notamment en évidence les écarts à l’intégrité scientifique, à l’honnêteté intellectuelle et/ou à l’éthique qu’ils révèlent. Si vous estimez que mon compte rendu de ces faits est erroné ou que les conclusions que j’en tire ne sont pas étayées par ceux-ci, dites-le et montrez-le.

        Quant à ce texte publié dans France Soir, dont l’objet est en gros de convaincre que le caractère favorable du rapport bénéfices/risques du traitement préconisé depuis le 18 mars par Didier Raoult ne fait pas de doute, je n’ai pas l’intention de consacrer du temps à expliquer tout ce qui ne va pas dedans. J’ai mieux à faire, je ne suis pas à votre service, et c’est absolument hors-sujet au regard du contenu de mon texte : quoi qu’on arrive finalement à établir concernant ce rapport bénéfices/risques, ça ne changera rien à l’analyse que j’ai présentée ici.

        J’attire quand même votre attention sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un travail journalistique, mais d’une tribune publiée par Corinne Reverbel (https://twitter.com/CorinneReverbel/status/1263162631562682370), professionnelle de la communication personnelle et du marketing digital et adversaire politique du gouvernement actuel (https://www.linkedin.com/in/corinne-reverbel-7511b649/) qui depuis des semaines consacre son compte twitter à la publication (massive) de tweets destinés soit à soutenir Didier Raoult et les traitements qu’il a préconisés, soit à démolir leurs “adversaires” réels ou supposés. Entendons-nous bien : je ne lui prête ni malhonnêteté, ni motivations cachées. Je suis peut-être naïve, mais le contenu de ce quelle poste me donne plutôt au contraire la sensation d’un investissement sincère et passionné fondé sur ce qu’elle tient pour vrai. Simplement, il se trouve que j’ai analysé par moi-même l’état des recherches, et je sais donc que cette affirmation de sa conclusion, en particulier, n’est pas du tout correcte : “de nombreuses études randomisées et rétrospectives vont dans le sens d’une nette amélioration des patients avec ce traitement”. Pour répondre à vos deux questions donc : je ne pense pas qu’elle ment (par définition sciemment) ni que ce n’est pas “quelqu’un de sérieux”, mais plutôt qu’elle souffre d’un fort biais de confirmation qui l’amène à des conclusions erronées.

        1. Madame

          Merci pour vos réactions. Je ne pensais pas être agressif via mes questions. Mais de la même façon que les pro Raoult vouent un complot contre lui J ai aussi l impression que les anti-Raoult voient un agenda double du Professeur. Volonté de briller, se positionner politiquement et J en passe. Quand on doit ajouter à cela que forcément tout l IHU (en tt cas forcément ses cadres) sont donc dans la combine. Ça fait un peu complot tout ça. Laissons votre personne de côté, parlons des anti.

          1. Je ne pense pas que le concept de personnes “anti-Raoult” soit très pertinent, pas plus que celui de personnes “anti-hydroxychloroquine” ou “anti-chloroquine”. Ma perception des choses est que les personnes qui critiquent les études, agissements ou propos de Didier Raoult le font dans l’immense majorité des cas pour de bonnes raisons – grosso modo celles que j’expose dans mon article et pour des dérapages de mêmes natures qu’il n’a cessé de faire depuis.

            La théorie selon laquelle on nie le rapport bénéfices/risques favorable évident de l’HCQ ou de la combinaison HCQ/AZI est très coûteuse en termes d’hypothèses complotistes, car il faut expliquer pourquoi tant d’agences de sécurité des médicaments dans le monde n’ont pas délivré d’AMM pour ce traitement et n’ont le cas échéant qu’émis des autorisations temporaires accompagnées le plus souvent de restrictions, pourquoi tant d’autorités de divers pays n’ont pas choisi de généraliser ce traitement (y compris la Chine), pourquoi à part les publications de l’IHU-Méditerranée aucun des articles publiés dans une revue scientifique à ce jour n’a conclut à une efficacité quelconque de l’un ou l’autre de ces deux traitements (voir les lignes non grisées de http://allodoxia.odilefillod.fr/wp-content/uploads/2020/05/Publis-eff-H-et-HA-vs-SOC_20200518.png, sachant en outre que Davido et al ont rétracté leur article avant-hier et demandé à ce qu’il ne soit plus cité), etc.

            A contrario, il n’y a rien d’extraordinaire à supposer que les personnes avec lesquelles Didier Raoult a l’habitude de travailler, et qui surtout l’ont fait sous son autorité, ont contribué à bidouiller la première étude. Quant à la communication que fait DR sur les travaux de l’IHU, le traitement du Covid-19 ou autres, il est également facile de comprendre que les employés de l’institut qu’il a fondé et dirige s’abstiennent de la critiquer publiquement. Pas besoin de faire appel à un complot.

          2. Il n’y en fait pas d’anti-Raoult au départ, c’est un concept inventé par les Raoultiens (qui eux existent effectivement, ayant un comportement assez sectaire avec des attaques ad-hominem). Tout ce que j’ai vu de critique sur ce sujet avait pour base des faits:
            – sur les études qu’il a produit sur l’HCQ : catégorie pourrie pour être gentil et ne pas rentrer dans la diffamation)
            – sur la communication qu’il a produit : catégorie mise en danger de la vie d’autrui en donnant carrément la prescription complète. Ce point là n’est pas assez relevé, mais non seulement il a communiqué sur des résultats non confirmé, mais il a indiqué les produits à prendre, les doses et la fréquence. C’est de la YouTubeMedecine
            – sur ses agissements à l’institut : c’est à la rigueur ce qui relèverait le plus de l’ad-hominem dans l’histoire, sauf que la plupart des articles datent d’avant ses sorties (Marsactu 2019, vidéo des étudiants de Marseille “il pleut de la merde sur la Timone” en 2018).
            Bref, rien qui ne s’attaque à son apparence (tout le monde s’en fout, à part lui même), ni sur sa marseillitude (là aussi tout le monde s’en fout, encore plus les étrangers qui étrillent son boulot).
            Ce qui apparaît évident c’est qu’il ne s’agit pas obligatoirement d’un agenda double du personnage, mais juste d’une grande dérive du bonhomme. Une fois passé la sidération de l’énormité de tout ce qu’il a sorti (étude bidon, communication dangereuse), une fois posé les critiques étayées, on est en droit de se poser les questions sur la psychologie du personnage. Aujourd’hui, tout cela ne devrait plus relever que de la Miviludes et plus du débat scientifique.

        2. Mme Fillod,

          il faut persister et faire comprendre qu’il s’agit d’avoir un esprit critique plutôt que des croyances. Raoult a un profil de chercheur narcissique : confiance en lui, besoin de séduire, de reconnaissance, attirance pour le succès, le pouvoir, et surtout séduction. Dans le cas de C Reverbel, la séduction semble jouer à fond, et DR joue. Il est aussi susceptible à la critique, et rabaisse les autres.
          C Reverbel est naturellement séduite, car DR rentre dans ce qu’elle recherche. Il manque clairement deux compétences à ces deux personnes : un minimum de base pour comprendre les principes de la recherche clinique et un vrai esprit critique qui sait évaluer les sources. La lecture du code de déontologie médicale fait appel au concepts de ‘données acquises de la science’ pour soigner….. et au bénéfice/risque.

          Notre démocratie a délégué à des Agences, dont celle du médicament, des missions pour autoriser les médicaments. Faisons confiance à notre démocratie.

          Cordialement,
          H Maisonneuve

          1. Je n’osais pas prononcer le terme sur le blog mais puisque vous vous lancez ( Maisonneuve)…je renchéris. Le problème de l’attitude de Raoult en France devient plus grave que le choix ou pas du traitement qu’il propose. A travers ses dernières interventions, on voit bien ( pour ceux qui s’intéressent à la psychiatrie, cf le livre de Recamier sur le sujet) qu’il est en pleine spirale ascendante nommée ivresse narcissique. En clair, il se kiffe tellement qu’il livre au public complaisant, sans preuve, des affirmations gravissimes ( problème de compétences des médecins en île de France, soutien d’Estrosi …). Il a verrouillé ses soutiens. Comment vont faire l’agence du médicament , L’état ? C’est clairement une branche pourrie qu’il faut couper. En plein populisme national montant, est ce que ce sera possible ? Macron a tenté probablement de contre manipuler en lui rendant visite, mais il s’agit clairement d’une erreur : Raoult a encore plus été alimenté narcissiquement et n’a plus de frein, jubile des clivages qu’il crée et ne sont que le reflet d’un grand frustré complexé. Mais je crains qu’il ait droit à plus qu’un quart d’heure de gloire.

  2. Impressionnant, passionnant et très pédagogique travail de recherche. Sur lequel devrait travailler nos autorités de contrôle. Au fait avez vous des retours de celles ci ? que pensent elles du phénomène raoult? Il n’est sans doute pas le seul dans le monde comme certains scandales l’ont révélé à s’arranger avec la réalité . Vous avez sans doute participer à la diffusion du doute qui a permis je l’espère une moindre prescription de ce traitement ? Merci pour ce travail.

    1. Je ne suis pas en contact avec les personnes directement concernées par les problèmes d’intégrité scientifique dans les études de Didier Raoult, ni avec le Conseil de l’ordre des médecins, ni avec le parquet de Marseille et je n’ai pas cherché à l’être. Je n’ai aucune information sur leurs intentions. La fin de mon billet vise justement à les interpeller.

    2. Merci. Le comportement de DR est tellement effarant ( y compris dans son langage non verbal) qu’il est stupéfiant qu’il faille faire un travail de recherche aussi minutieux pour tenter de convaincre qu’il se comporte non pas en scientifique responsable, mais en personnage vulgaire en quête d’idolâtrie. Le plus triste, c’est que cela fonctionne : la preuve en est dans certains commentaires que vous recevez. Et pourtant, tous ses inconditionnels seraient surpris de voir à quel point il les méprise.
      Courage ! Résistons.
      Vous lire est réconfortant.
      Je suis un médecin triste que le populisme ait ainsi gagné nos rangs.
      Je partage totalement votre souhait final.

  3. Bonjour,
    Merci beaucoup pour cet énorme travail de documentation et de rédaction pour nous rendre accessible des données que la paresse ou l’insuffisance de compétences propres rendent difficile à s’approprier.
    Il nous donne des arguments et des faits que nous pouvons utiliser auprès de personnes qui ont soif de comprendre même si cela bouscule un peu les représentations communes sur les arguments d’autorité et de notoriété.
    C’est utile, nous avons besoin que chacun amène sa contribution pour garder le cap d’une information scientifique validée ( évidence based ) en ces temps de déferlement d’angoisse médiatiquement relayée.
    Notre inculture scientifique apparaît au grand jour, Laurent Muchielli n’en étant qu’un exemple ordinaire.
    Courage pour la suite
    Cordialement.
    Jm

  4. Ah, c’est curieux : ce que j’ai écrit entre crochets semble avoir disparu. J’avais écrit quelque choose comme :
    ils auraient pu dire : ‘c’est une catastrophe ce médicament, il faut tout de suite arrêter ça’ ou au contraire : ‘ça fait du bien, mes patients n’ont plus besoin d’aller à l’hôpital, je vais le prescrire plus largement et voir si ça fait le même effet ou si c’était un hasard’. C’est de la médecine…Simone

    1. Merci de ne pas insinuer que je modifie les commentaires postés sur mon blog. Je tiens à disposition la copie des mails de demande de modération contenant le texte d’origine de vos commentaires, au besoin.

      1. Ah mais vous n’êtes absolument pas en cause dans la disparition de bouts de mon message ! Je m’en suis aperçue parce que quand j’ai cliqué sur ‘Répondre’ : ce qui s’est affiché n’était pas ce que j’avais écrit : les crochets étaient vides. C’était clairement un souci d’informatique. En aucun cas ça ne pouvait venir d’une intervention humaine 🙂
        Et je vous suis reconnaissante, au passage, d’offrir ainsi la place à une discussion contradictoire.

      2. Clap de fin ? Non pas encore… mais bientôt, car ce n’est pas un essai randomisé, mais étude sur données de vie réelles à l’hôpital, bien faite semble-t-il (avec les limites de la méthode).

        22 mai 2020, dans The Lancet, étude sur des données administratives de 671 hôpitaux….
        — 96 032 patients (mean age 53·8 years, 46·3% women), hospitalisés ++
        — 14 888 patients avec un traitement chloroquine ou hydroxychloro avec ou sans azithromycine
        — mortalité 11 %
        — Conclusion de l’article : “Nous n’avons pas été en mesure de confirmer un bénéfice de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine, lorsqu’elles sont utilisées seules ou avec un macrolide, sur les résultats hospitaliers pour COVID-19. Chacun de ces schémas thérapeutiques a été associé à une diminution de la survie à l’hôpital et à une augmentation de la fréquence des arythmies ventriculaires lors du traitement par COVID-19.”
        — Bon éditorial d’un français !!!
        — Je vais lire en détail ++++

        https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)31180-6/fulltext#seccestitle170

    1. Vous préférez l’écriture exclusive, Baudrand ? Celle qu’on appelle ‘neutre’, mais qui depuis l’enfance nous empêche de nous projeter en ingénieure, en présidente ou en doctoresse, et qui nous donne le sentiment de ne pas valoir la peine d’être mentionnées quand on parle ou qu’on écrit à propose du monde et de ses habitant·es ?
      La tribune de Mme Fillod n’en comporte presque pas, et c’est trop pour vous ?
      Si je critique le fond de son texte, qui somme toute est fondé sur le reproche fait à Raoult d’avoir agi en médecin-qui-cherche et pas en chercheur-ès-médicaments, la forme en est parfaite !

      1. Didier Raoult n’a rien cherché, il essaye juste de refourguer un vieux médoc à haute toxicité de Sanofi. Sanofi qui file beaucoup d’argent à l’IHU Méditerranée, mais qui visiblement ne goûte pas trop d’être associé à cette histoire pathétique au point de recommander de suivre les règles sanitaires et de se contenter de prescrire l’hydroxychloroquine pour ce pour quoi elle est recommandée. Et seulement pour cela. Parce qu’ils savent que les doses conseillées par Skippy sont trop proches des doses lethales.

  5. Bonsoir,

    J’ai trouvé deux coquilles, si ça vous dit: un azytromycine auquel il manque le h et un Mucchhielli avec un h en trop. Coïncidence? Il me semble qu’il y a plusieurs graphies d’azitromicine qui luttent pour la domination.

    Sinon, quelle lecture passionnante et quel travail abattu. J’étais déjà du même avis que vous sur la question, mais l’ampleur de la forfaiture ne pouvait que rester ignorée de moi tant il faut consacrer de temps d’étude pour la mesurer. Merci pour cet article, dont j’ai peur qu’il peine à convaincre à la hauteur de l’effort, quand je vois comment il peut être balayé d’un revers de manche par les convaincus (par Raoult), mais qui est un testament de cette affaire.

    1. Coquilles corrigées. Merci pour leur signalement et pour le reste votre commentaire.
      En écrivant ce texte j’avais effectivement en tête cet objectif de documentation de l’affaire, à toutes fins utiles, en plus d’autres préoccupations – ce qui en fait sans doute un texte un peu bancal et surtout trop long mais tant pis, c’est fait.

      1. Bonjour Madame

        Je vous invite à écouter le témoignage de ce medecin.

        https://www.europe1.fr/sante/chloroquine-il-ny-a-pas-le-debut-du-commencement-dune-preuve-que-cest-efficace-3966071

        Le type est mauvais mais à un point C est à peine croyable. Pas étonnant qu il y ait du complotisme. Les médecins comme lui, et ce n est pas un grief, il est certainement excellent dans son métier, devraient cesser de communiquer.

        Et d ailleurs la seule chose que plusieurs attendent (dont moi en tout cas) C est ou est l étude française indépendante avec ce que l on appelle “la potion de DR”

        Si elle n a pas été lancée C est grave et si les résultats sont connus pourquoi ne sont ils pas rendus publics. C est la seule chose que bcp de français veulent maintenant savoir. Mais il ne faudra surtout pas prétexter la fin des résultats pour ne pas les montrer.

        Et à la fin quelque un doit payer (je suis désolé mais la situation l exige C est trop facile). Soit DR pour mensonge soit le gouvernement et les hautes autorités médicales pour incompétence. Je suis certaine que vous allez trouver mon raisonnement puéril mais à un moment il faut revenir à des choses simples. Ou est cette étude et quels en sont les résultats.

        Mais Arrêtons cette communication chaotique d un médecin qui begaye son interview.

        Chantal

        1. Bonjour Madame,

          J’ai écouté et je ne comprends pas pourquoi vous le trouvez si mauvais, ce médecin. Moi j’ai au contraire trouvé qu’il était très clair et résumait plutôt bien la situation ! Je vous remercie d’ailleurs d’avoir donné ici le lien vers cette interview.

          Un essai clinique français testant la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine préconisée par Didier Raoult a été lancé sur la base de sa publication scientifique du 20 mars, malgré le scepticisme de la communauté scientifique (dont les raisons sont bien expliquées par le médecin interviewé ci-dessus), sous la pression de l’opinion. Cela a été fait assez vite, je trouve, sachant que ça ne se conçoit/organise pas en un claquement de doigts : l’essai était déjà enregistré le 3 avril. Il a obtenu l’accord des comités compétents le 7 avril et est en cours depuis (ses résultats sont attendus pour fin mai). Voir sa description ici : https://www.clinicaltrialsregister.eu/ctr-search/trial/2020-001406-27/FR. Croyez-moi, ses résultats ne seront pas cachés ! De plus, des essais similaires sont en cours dans d’autres pays et leurs résultats ne le seront pas non plus.

          Comme l’exprime ce médecin à la fin de l’interview (même s’il ne nomme pas Didier Raoult explicitement), il est vraiment regrettable que Didier Raoult ait refusé de faire les choses correctement avec tous les patients qu’il avait “sous la main”. S’il l’avait fait, on saurait déjà ce qu’il en est.

          Je ne trouve pas du tout votre raisonnement puéril.

    2. Madame

      Un paragraphe tombe sous le sens, celui de l irrespect. On voit bien que C est le point qui pose pb à la communauté médicale, a juste titre sans doute. Et que toute votre haine se déverse en attendant une condamnation que tous espereraient.

      En revanche pour le reste, je n ai pas le tems de tout commenter, mais des le paragraphe précédent (commun ication) vous faites pire que du journalisme. “pas étonnant qu’avec de telles balivernes un charlatan etc”. Mais Madame c est vous qui affirmez cela après avoir cité DR. En quoi vs a portez la preuve que tous ces scenitiques marseillais sont des escrocs (waow C est grave quand même, des dizaines de médecins que vous traînez dans la boue alors que J ai lu votre CV il n à rien d epidemiologiste). Qui vous a commandé une étude pareille ? Vous avez fait tt ça pr la gloire et la vérité ? (mais êtes vous sûre de votre extrême prétention à salir le professionnalisme de dizaine des medecin)

      Enfin le docteur Laurent Alexandre, le fossoyeur de la civilisation européenne à forwarded votée étude et ce n est pas un bon point 😁

      1. Je n’ai aucune haine envers Didier Raoult mais de l’irrespect en revanche, c’est sûr : il a fait ce qu’il fallait pour ne m’inspirer aucun respect.

        Ce que vous mettez entre guillemets n’est pas ce que j’ai écrit – je n’utilise à aucun moment le mot “charlatan” dans mon billet. J’ai écrit : “pas étonnant que des millions de Français ayant pris au sérieux les balivernes du prétendu grand scientifique en soient arrivés à penser […]”

        Cette phrase fait suite à la citation de DR dans laquelle il prétend que “les Chinois” et “les Coréens” ont dit que “ce produit” (chlroroquine/hydroxychloroquine), “ça marche”, et que la “preuve” en est qu’ils ont grâce à ce traitement contrôlé entièrement la maladie. Vous croyez que ce qu’il dit est vrai, c’est ça ? Vous vous êtes renseigné sur la Corée ? Et ce que j’ai indiqué là : http://allodoxia.odilefillod.fr/2020/04/26/je-ne-suis-pas-complotiste-mais-a-propos-de-laffaire-raoult/#_edn22, à savoir que le directeur général du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies avait déclaré fin mars que la Chine n’avait utilisé que des « stratégies non-pharmaceutiques » pour lutter contre cette épidémie, ça n’ébranle pas votre conviction ?

        J’expose longuement quels sont les problèmes qui dans la 1ère étude de Raoult, relèvent de l’inconduite scientifique.

        Personne ne m’a rien commandé, et je ne suis pas journaliste.

        Je ne savais pas que Laurent Alexandre avait relayé mon texte. Eh bien disons que pour une fois, ce mec aura fait quelque-chose d’utile.

        1. Bonjour Madame et bravo pour la rigueur de vos analyses et la patience sage avec laquelle vous acceptez la controverse pour amener les autres à raisonner tout simplement ! Bon courage 🙂

      2. Oui autant pr moi vous n avez pas utilisé le mot charlatan mais celui de communication trompeuse et scnadaleuse

        J ai presque envie de dire allez soyons fou, vous avez raison : des dizaines de médecins de cette usine sont des escrocs intellectuels. Mais quoi, C est ça qu on dit aux français ? Sur des fonds publics on laisse des escrocs faire leurs magouilles.

        Certes si vs avez raison, on demzndendera bcp moins HCloro et Azy, mais vous voulez avec ça que les gens sont moins complotistes?

        Vous leur dites : une des plus grosses entreprises d état dans un secteur sensible est un repére de voyous dirigé par un voyou qui en plus est un mauvais. Malhonnête et mauvais. On le sait tous mais bon…

        Il y a un reportage sur le net qui montre Bernard de Villardiere pris à partie dans une banlieue. Un mec filme et dit on va le mettre sur internet comme ça on verra qu on est des gars bien. En fait chacun peut vérifier que évidement on est dans l extrême de la racaille.
        Un peu ce que vous venez de faire.

        Si vous avez raison. On en prend pour 20 ans de complotisme et on ne pourra pas se plaindre. IHU de Marseille est pourri et DR est un charlot. Mais on attend qu’il parte en retraite. On est là France merde on est tellement beau riche et intelligent.

  6. Bonjour,

    Que dire du fait que L. Mucchielli travaille dans le même laboratoire qu’un certain Sacha Raoult, fils de… Didier Raoult ?

    Je ne suis pas complotiste … mais ce lien ne me semble pas anodin dans la manière dont certains pourraient choisir leur “camp”

    1. “Que dire du fait que L. Mucchielli travaille dans le même laboratoire qu’un certain Sacha Raoult, fils de… Didier Raoult ?”

      Attention à ne pas procéder comme Mme Roche ou M. Muchielli: corrélation n’est pas causalité.

      Pour autant, on peut (on doit) s’interroger sur les objectifs ou les motivations de Laurent Muchielli, qui l’ont conduit a rédiger successivement 8 billets de blog consacrés à promouvoir puis à défendre la “méthode” Raoult sous couvert d’enquête, et ce en mettant uniquement en avant des “études” cliniques ou statistiques allant toutes dans le même sens.

      Ceci interroge de la part d’un directeur de recherche au CNRS, organisme dont le comité d’éthique a rappelé sans détour le 7 avril dernier l’importance de l’intégrité scientifique en temps de crise:

      http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/recherche-en-temps-de-crise-sanitaire-debats-ethiques-et-respect-de-lintegrite

      D’autres chercheurs au CNRS, tels que Hervé Seitz, biologiste moléculaire, ont pris encore moins de gants et parlé de “fraude scientifique” et de “charlatanisme”:

      https://www.midilibre.fr/2020/03/30/herve-seitz-ce-scientifique-montpellierain-qui-accuse-didier-raoult-detre-un-charlatan,8824910.php

      Alors pourquoi M. Mucchielli se montre-t-il complice d’un tel naufrage? Je n’ai pas la réponse.

      L’hypothèse du copinage évoquée ci-dessus par Yuel me semble trop simpliste: qu’il travaille avec le fils Raoult ne l’obligeait pas à publier 8 billets pour défendre son père…

      Autre hypothèse, plus inquiétante: la remise en cause de la méthode scientifique. Didier Raoult est manifestement contre la méthode, il a d’ailleurs animé un séminaire en février 2020 en ce sens avec certains intitulés qui ne manquent pas de saveur à la lumière du scandale actuel:

      -Contre la méthode / Didier Raoult, IHU Méditerranée Infection
      – Contre les essais randomisés / Jean-Christophe Lagier, IHU Méditerranée Infection
      – Pourquoi il ne faut pas respecter les guidelines / Jimmy Bui, IHU Méditerranée Infection

      https://www.mediterranee-infection.com/contre-la-methode/

      Il est d’ailleurs assez cocasse de voir M. Mucchielli demander vigoureusement “où sont les Guidelines ?”dans son billet du 13 avril quand l’IHU lui-même a fait une vidéo intitulée…. “Pourquoi il ne faut pas respecter les Guidelines”:

      https://www.youtube.com/watch?v=UxQ_zaQzpiA&feature=youtu.be&list=PLq3x3mW4dsbQ8QmXAHMEnvqmE7_PnjJPo

      Alors M. Mucchielli remettrait-il en question la méthode scientifique, comme le suggère cet extrait?

      “Les (apparemment) plus sérieux d’entre eux [les scientifiques] proposent en retour d’attendre que de complexes recherches scientifiques aient été mises au point, leurs cohortes de patients étudiées dans la durée, leurs résultats collectés, traités et publiés. C’est-à-dire concrètement qu’ils proposent implicitement d’attendre que la mort ait quasiment fini de faire son oeuvre pour envisager d’agir. (…)
      Il faut d’urgence ramener ce débat à la raison, comprendre que dans l’immédiat la démarche pragmatique du professeur Raoult est la seule qui vaille”

      https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/160420/mais-ou-est-donc-passee-la-haute-autorite-de-sante

      Cette remise en cause de la méthode scientifique actuelle ressort aussi d’une des questions peu neutre qu’il pose au Pr Roudier:

      “Dans leur volonté de présenter le professeur Raoult comme un « charlatan » voire un faussaire, tous les commentateurs (la plupart n’étant évidemment pas eux-mêmes des chercheurs) se réfèrent à la « méthodologie scientifique ». Didier Raoult a d’ailleurs écrit de longue date tout le mal qu’il pensait des « méthodologistes ».”

      https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/180420/crise-du-covid-et-querelle-sur-la-methode-interview-exclusive-du-prof-jean-roudier

      Il serait donc intéressant de savoir de quelle façon M. Mucchielli appréhende la méthode scientifique et s’il persiste dans sa défense des méthodes scandaleuses et de ce naufrage dénoncés par cet implacable billet d’Odile Fillod.

      1. Concernant l’appréhension de la méthode scientifique par M. Mucchielli, je crois qu’une partie de la réponse est dans cette recension d’un ouvrage écrit en 2011 par Michel Maffesoli (lien : https://journals.openedition.org/lectures/5576).

        Il y énonce notamment : “Michel Maffesoli se présente comme un « vieux savant ». Or il n’y a de science que parce qu’il y a des méthodes d’objectivation du réel et d’administration de la preuve. Tout le reste n’est que littérature. Et c’est précisément là que Michel Maffesoli se distingue. Dans tout son livre, on ne trouve pas une seule fois l’utilisation d’un quelconque corpus de données, ni d’une quelconque méthode.”D’un côté la critique de M. Maffesoli concerne avant tout le champ sociologique.

        En fait, je crois qu’il y a deux hypothèses à l’action de M. Mucchielli. D’abord, l’impérialisme méthodologique. Tendance que les gens ont souvent pointé chez les économistes mais que l’on retrouve chez à peu près tous les champs du savoir, soit la tendance à voir son propre champs d’études comme le champ ultime du savoir auquel tous les autres seraient subordonnés. M. Mucchielli étant un sociologue, expert dans l’art de repérer les dominations selon la définition commune, seul lui a la capacité de repérer la “pureté” des intentions du Docteur Raoult.

        Autre hypothèse: M. Mucchielli est un sociologue spécialiste de la police et de la délinquance avec un fort biais anti-police (commun à la plupart des sociologues par ailleurs). Je pense qu’il doit assez peu supporter le déploiement policier depuis le début du confinement et dois, je pense, chercher un moyen de le faire cesser. De fait, un traitement “miracle” serait de nature à éviter cette mesure.

        Ou peut-être le confinement est en train de porter atteinte aux esprits les plus posés !

        1. Je trouve votre deuxième hypothèse assez tirée par les cheveux, et il me semble qu’on peut en trouver de plus évidentes. Je pense en particulier à la proximité existant entre Laurent Mucchielli et la famille Raoult, qui joue certainement un rôle (le fils de Didier Raoult est chercheur associé au labo dont Mucchielli dirige l’un des axes de recherche).
          Quoi qu’il en soit, il me paraît périlleux d’aller au-delà du constat de ce naufrage intellectuel en tentant de l’expliquer.

          1. Pas pu dormir …

            Ce qui m’a frappé dans le (long !?) argumentaire de M
            Mucchielli, c’est l’orientation du propos, orientation qui est également flagrante sur son Twitter, soit.
            Il a mis en place une toile d’araignée … et celui qui va vouloir la démonter , sera vu comme LE complotiste.
            S’il fallait chercher qq part, ce serait de retrouver la personne qu’il fait parler : E. Roche, si elle existe …

            1. Parce qu’en regardant bien la situation , vous (Odile), êtes le grain de sable dans le rouage.
              Et ce n’est pas de pot pour M Mucchielli …

              Je suis même persuadé que vous êtes au fait de certaines choses qui pourraient étayer cette hypothèse … mais vous gardez vos distances et ne défendez uniquement ce qui vous tient à cœur , le médical.

  7. Je n’y connais rien en médecine, mais je vous adresse toutes mes félicitations pour cet énorme travail. J’ai appris énormément de choses sur les méthodologies qui devraient être mises en place pour de telles études. J’ai également constaté que le professeur Raoult s’affranchissait souvent des règles les plus élémentaires.

  8. L’affaire Raoult remuera les consciences longtemps.
    Je dirais qu’en l’absence de certitudes, et ce que vous exprimez est un ensemble de points de vue qui se confrontent à leurs opposés, je dirais à égalité, les individus se déterminent en suivant leurs intuitions et leurs inclinaisons.

    Les seuls faits établis concernent:
    1) l’absence de dangerosité effective du “traitement Raoult” celui ci étant très rapidement (sa déclaration fin février ne s’était encore traduite par aucune action précise) accompagné de mesures de précaution suffisantes allant jusqu’à l’exclusion systématique de la prescription en cas de problèmes cardiaques.
    2) la dangerosité évidente de l’automédication ou de la prescription à l’aveugle de la drogue en rapport, ce caractère pouvant s’appliquer à toute drogue miracle en période d’urgence.
    3) une apparente (et encore inexpliquée) sous mortalité à Marseille et à IHU là où s’administre le traitement Raoult, qui inclut, il faut le rappeler, une pratique de tests systématiques à la demande.

    L’efficacité de la potion n’est toujours pas démontrée et son appréciation est singulièrement individualisée, depuis l’affirmation péremptoire du miracle jusqu’à l’affirmation tout aussi péremptoire de sa dangerosité avec tous les niveaux intermédiaires. De la même manière, il n’y a toujours pas et cela malgré toutes théories ou affirmations, de preuve absolue de sa non efficacité pour réduire la mortalité, qui est en France, il faut le rappeler, très importante (la plus forte létalité au monde).

    Le drame est donc en place et la gravité de la situation joue un rôle majeur dans l’adoption des points de vue variés qui sont pris presque tous avec une forte composante émotionnelle.

    L’analyse psychiatrique qu’il faudrait faire de la figure du professeur Raoult serait sans doute d’une richesse incroyable. Sa figure, qui a clairement un rayonnement tout azimuts aveuglant, a donc fait des ravages et vous en avez été la victime…

    Pour me mettre à égalité avec vous, je reconnais tout à fait que c’est mon cas aussi, comment expliquer que je prie Dieu tous les jours et de tout mon coeur pour qu’il ait eu raison et qu’on célèbre sa victoire !

    1. Non, monsieur, non. Mme Fillod présente des faits objectifs concernant un certain nombre d’études. Prenez au moins la peine, si vous êtes persuadé de leur subjectivité (et si vous souhaitez convaincre), de lui répondre de manière aussi étayée et soigneuse, étude par étude, fait à fait. Faute de quoi vous restez dans la croyance.

      1. @Jean Collier
        C’est bien ce que je voulais dire. Merci de confirmer mes états d’âme…
        Sinon les faits “objectifs” concernant l’affaire se limitent à ceux que j’ai rappelé, en tout cas à mon avis, un fait objectif étant précisément ce qui s’éloigne le plus des sentiments variés que l’on peut éprouver à l’égard de tel ou tel.
        Sachez aussi que je suis tout aussi capable que n’importe qui d’émettre vis à vis des gens des jugements abrupts voire irrespectueux, mais justement, ce n’est pas le point ici.

      2. Merci de ne pas rejeter ainsi une réaction posée et équilibrée, qui reconnaît ce qu’elle peut devoir à la croyance. Voudriez-vous réellement avoir affaire à un texte aussi long que celui de l’auteure pour chacune des réactions?
        L’analyse faite par Mme Fillod est impressionnante. C’est le texte le plus recevable que j’ai pu lire parmi les détracteurs de DR. Malheureusement, elle ne s’affranchit pas elle même du travers qu’elle dénonce chez Ella Roche (effets rhétoriques), du fait de l’utilisation d’adjectifs dépréciatifs à de multiples reprises.
        Mme Fillod reconnaît qu’elle en vient même à souhaiter que le traitement de DR ne fonctionne pas. C’est évidemment contraire à nos espérances, mais c’est honnête de sa part de montrer l’intensité de son engagement.
        Les détails révélés sur les biais d’étude détruisent au moins partiellement l’accusation d’opacité de l’équipe de DR.
        Une autre approche serait de regarder statistiquement. J’ai essayé, mais les conclusions sont difficiles. L’indicateur de performance que j’ai retenu est le ratio (nombre de décès)/(nombre de guéris + de décès). Il avoisine 30% dans les régions de France les plus touchées, dont Paris. Il est à 25% sur toute la France, c’est à dire qu’un hospitalisé sur 4 meurt. Dans la région PACA, il est bien plus bas, et dans les Bouches du Rhône (BR), il est à 15%
        Le traitement de DR n’est certainement pas généralisé dans toute la région PACA, puisque contraint par la loi, mais vu le nombre de patients traités il doit avoir une forte contribution au vu des chiffres reportés dans le département BR (997 hospitalisations, 2088 guéris, 366 morts).
        A contrario, la Haute Garonne a une performance encore meilleure avec 9%
        Mécaniquement, le taux diminue si on peut faire croître le nombre de guéris. C’est le cas dans une stratégie de dépistage massif, ce que préconise d’ailleurs DR.
        Remarquons que les foyers importants de contamination (Chine, Europe, USA) sont en hémisphère Nord. On peut espérer (toujours de la croyance) qu’il y ait un facteur saisonnier.
        Pour finir, il est parfaitement compréhensible qu’en l’absence de traitement reconnu, on se rabatte individuellement sur ce qui pourrait fonctionner. Et si cela ne se limite qu’à l’effet placebo (importance de la croyance), et bien, c’est toujours mieux que rien.

    2. François Carmignola, vous dites que l’absence de dangerosité du « traitement Raoult » est un fait établi, or c’est au contraire sa dangerosité qui l’est. Voir les nombreuses sources citées dans mon billet qui l’indiquent, et j’aurais pu en citer d’autres (c’est par exemple à cause de cela qu’aux Etats-Unis, le NIH Expert Panel a indiqué le 21 avril : « Except in the context of a clinical trial, the COVID-19 Treatment Guidelines Panel (the Panel) recommends against the use of the following drugs for the treatment of COVID-19: The combination of hydroxychloroquine plus azithromycin (AIII) because of the potential for toxicities.[…]”). Les précautions que l’équipe de Didier Raoult prend elle-même (exclusion de nombreuses personnes pour lesquelles il serait contre-indiqué, électrocardiogrammes systématiques et surveillance de plusieurs paramètres biologiques) l’indiquent aussi, de fait. Je ne vois vraiment pas sur quelle base vous pouvez affirmer que l’absence de dangerosité de ce traitement est un fait établi.

      Vous affirmez aussi comme étant un fait établi qu’il y a “une apparente (et encore inexpliquée) sous mortalité à Marseille et à IHU là où s’administre le traitement Raoult”. Pouvez-vous préciser qu’elle est cette sous-mortalité et comment vous la calculez, par comparaison à quoi précisément ?

      Je suis d’accord avec vous sur un point : il n’y a pas aujourd’hui de preuve que le traitement de Didier Raoult ne pourrait pas réduire du tout la mortalité. Je n’ai jamais dit le contraire (en revanche il est certain que ce n’est pas le traitement miracle qui guérit du Covid-19 en 6 jours comme il l’a prétendu).

      Ensuite vous faites à nouveau une affirmation surprenante : selon vous la France a “la plus forte létalité au monde”. Vraiment ? Comment la calculez vous, de combien est-elle selon vous et quelles sont celles de l’Italie et de l’Espagne, par exemple ?

      1. On connaît le Plaquénil et ses risques (peu fréquents tout de même), il s’agit de troubles de la conduction cardiaque pouvant être prévenus par un ECG et un dosage du potassium. J’aimerais, pour chaque médicament prescrit, savoir exactement les risques et les moyens de les prévenir! C’est loin d’être toujours le cas, hélas.
        Je vais rajouter que j’ai commis des écrits incendiaires sur Raoult début février, au point d’avoir des retours très négatifs soupçonnant une inimitié personnelle! Bien sûr que la méthodologie est mauvaise, bien sûr qu’il est péremptoire et qu’il s’est trompé sur des aspects de cette épidémie (qui ne s’est pas trompé?)! MAIS, depuis 3 mois quels essais ont mieux marché, ont été publiés ou simplement expliqué aux Français pour les rassurer? Vous parlez de potion miracle mais n’est-ce pas humain, quand le pouvoir parle de guerre, les médias vous mettent la peur au ventre et Salomon vous assène chaque soir la longue litanie de morts dans le monde, de chercher à s’en sortir? Qui est le plus coupable dans l’affaire DR, celui qui parle aux gens et les rassure ou celui qui les infantilise et les fait cauchemarder sans aucun espoir à l’horizon?

        1. Le fond de votre raisonnement est le suivant :
          – aucun médicament n’est complètement sans danger donc il n’y a pas de raison d’interdire celui-là en particulier,
          – aucun médicament n’a montré son efficacité donc celui-là doit être autorisé car c’est mieux que rien.

          Cela part du principe que le rapport bénéfices/risques global de la libéralisation de ce traitement est forcément favorable, or c’est sûr que dans ce cas ça tombe sous le sens que les décrets limitant la vente de Plaquénil sont stupides et incompréhensibles. Mais c’est une pétition de principe.

          Par ailleurs, pour la troisième et j’espère dernière fois, je répète que ce ne n’est pas le sujet de mon billet.

          Si tout ce que vous avez dire à ce sujet, c’est que je ferais mieux de taper sur le gouvernement au lieu de taper sur Raoult (et Mucchielli) parce que ce qu’ils ont fait est moins grave à vos yeux, OK, j’en prends note.

    3. La dangerosité dépend de la dose qui est étudiée en phase 1 essai clinique pour déterminer le trend toxique sur patients sains, là Raoult met des grosses doses HCQ avec en plus de l’AZ.

      En phase 2 essai clinique sur patients malades, d’autres phénomènes indésirables peuvent apparaître par rapport aux patients sains. Je travaille dans l’industrie médicale dispositif-pharma depuis un bout de temps avec des chefs de projets essais cliniques dans des très grosses boites du secteur où on ne rigole pas trop avec les stats, les protocoles, normes ISO ou cadre GMP…

      La communication de Raoult est très louche depuis le début, de même ses travaux actuel sur le Cov et ainsi que la légalité de sa démarche. Quand je trouve une piste de solution, je ne dis jamais pif paf ça marche, j’établis un protocole de validation qui tient la route et ensuite on voit les résultats, c’est à dire que “je ne vends jamais la peau de l’ours avant de l’avoir tué”.

      1. Mon avis avant de lire votre article sur cette affaire était similaire à vos arguments qui m’apportent des compléments et des liens. Chapeau pour le travail réalisé !

        Vous avez de la patience, parce que répondre à certains commentateurs… j’aurais déjà pété un plomb et de la fumée me sortirait des naseaux et des oreilles.

        1. Merci ! Pour tout dire, j’ai pété les plombs par moments – ce qui m’a fait répondre parfois sur un ton inapproprié.

  9. Bonjour,
    Je trouve qu’il n’y a (presque) rien hors des procès d’intention dans votre article.

    La seule question qui compte concerne les 6 patients HCQ/AZT, clairement à la base du raisonnement de Raoult. S’il a constaté du 6/6 sur le critère “baisse de la CV en 5 ou 6j”, il est tout à fait normal qu’il ait enchaîné, contrairement à ce que tous les “méthodologistes” prétendent; l’observation empirique est une des bases du raisonnement scientifique. La faible taille de l’échantillon ne doit pas masquer la signification statistique. Un événement imprévu qui se reproduit 6 fois, c’est largement suffisant pour avancer : si vous lancez 6 fois un dé et qu’il tombe 6 fois sur le “6”, vous pouvez conclure qu’il est truqué. Faites les maths.

    En revanche, ce qu’on constate sur la HCQ seule n’est pas significatif statistiquement (étude 1), même si on a 3 fois + de patients. L’écart avec le groupe non traité est trop faible. Là aussi, faites les maths. Et effectivement, Raoult n’a jamais traité avec HCQ seule. Tout semble montrer qu’il a tenté à un moment le couplage HCQ/AZT, a constaté que ça marchait et a enchaîné. Il aurait été un bien mauvais scientifique s’il ne l’avait pas fait.

    Vous le soupçonnez de fraude ou de quasi fraude (exclusion non justifiée de patients). Ce soupçon sans aucune preuve est au fond de même nature que le complotisme que vous dénoncez. Poser la question est légitime et aurait pu/dû être fait par voie officielle, mais vous ne pouvez considérer a priori qu’il y a fraude ou exclusion injustifiée de patients – autant ne plus lire le moindre travail scientifique alors. Vous n’avez aucune preuve et même à mon avis, rien ne le suggère et vous tombez dans la pure malveillance. Il y a de multiples causes d’exclusion possibles, un exclu n’est ni un négatif ni un positif.

    Ensuite, c’est une équipe qui soigne et publie, le tout dans l’urgence et je trouve que leur faire grief de ne pas avoir publié telle ou telle donnée est un peu tiré par les cheveux, compte tenu de l’agenda qu’ils ont eu et des quand mêmes nombreuses publications / précisions depuis ce premier papier. Qui d’autre en France a testé ? pris des données ? Où sont les autres infectiologues français ? A quoi servent-ils ? pourquoi les paie-t-on ? Seul Marseille était visiblement prêt.

    Enfin, on peut analyser les chiffres, bien sûr, je le fais moi-même. Mais il me semble très contre-productif de contester les intuitions du clinicien, qui reposent sur une expérience que ni moi ni vous n’avons. Il constate la baisse drastique de la CV, il dit “plus de virus, plus de problème” et donc enchaîne. Cette affirmation repose clairement sur une expérience de clinicien et même si on doit tout vouloir critiquer, ni vous ni moi n’avons ce savoir ou cette intuition ci, basée sur des années de pratique des maladies infectieuses. Je note juste qu’elle semble raisonnable mais ne peux en dire plus. Je peux entendre vos objections “quantitatives”, je trouve vos objections peu raisonnables et forcément non éclairées sur le raisonnement clinique lui-même.

    J’observe par ailleurs qu’il teste lui même ses hypothèses, il ne vous a pas attendu. La démarche est empirique mais rigoureuse, contrairement à ce que je lis partout. Dans l’étude 2, il a créé un groupe Cvir (la CV n’a pas baissé) et un groupe Cclin (échec clinique) – et ces groupes sont séparés, ce qui l’a évidemment surpris et constitue sans doute un de ses thèmes actuels d’étude. A noter que dans le groupe Cclin , le taux de HCQ chez le patient est 30% inférieur à la normale, ce qui semble confirmer quand même le rôle de la HCQ dans le traitement.

    Bref, je vois beaucoup de confirmations internes dans les données. S’il n’y a pas fraude comme vous le pensez, je n’ai que peu de doutes que ça fonctionne.

    1. Très bien, concentrons-nous sur “la seule question qui compte” (je reprends vos mots), à savoir les 6 patients H/A, qui sont effectivement à la base du raisonnement de Raoult.
      Vous dites : “S’il a constaté du 6/6 sur le critère « baisse de la CV en 5 ou 6j », il est tout à fait normal qu’il ait enchaîné, contrairement à ce que tous les « méthodologistes » prétendent; l’observation empirique est une des bases du raisonnement scientifique. La faible taille de l’échantillon ne doit pas masquer la signification statistique. Un événement imprévu qui se reproduit 6 fois, c’est largement suffisant pour avancer : si vous lancez 6 fois un dé et qu’il tombe 6 fois sur le « 6 », vous pouvez conclure qu’il est truqué. Faites les maths.”

      Or :

      – ce que vous dites est contredit par la phrase de l’article que j’ai relevée, selon laquelle il s’agit d’un résultat “préliminaire” ne faisant que “suggérer” un effet bénéfique de l’association de l’A à l’H ;

      – ce que vous dites est également contredit par le propos de DR dans sa vidéo du 17 mars que j’ai cité : lui-même disait alors qu’ils allaient demander une autorisation pour faire cette fois un essai sur la combinaison A/H parce qu’il fallait regarder ça de plus près ;

      – outre que ce que vous indiquez n’est pas le critère retenu par l’équipe de Didier Raoult pour son analyse, celui qui a été retenu n’était aucun des critères prévus initialement ; quand on fait ainsi des comparaisons multiples, il faut faire une correction du calcul de la significativité statistique ; si vous lancez un dé 200 fois puis sélectionnez a posteriori une séquence repérée de 6 fois le même chiffre, vous ne pouvez pas conclure qu’il est pipé en faveur de ce chiffre ; faites les maths ;

      – on sait que l’un de 6 patients était à nouveau positif à J8 (et on ne sait rien des autres ni de la suite) ; il est un peu embêtant de considérer arbitrairement ces patients comme débarrassés du virus simplement parce que leur test était négatif à J6 ;

      – ça l’est d’autant plus que comme je l’ai signalé aussi, la fiabilité et le pertinence des tests PCR effectués sont questionnables (des patients ont un test négatif un jour puis positif, on sait que ces tests ont de manière générale une sensibilité médiocre, et la baissse de la charge virale nasopharyngée en dessous d’un certain seuil ne préjuge pas de sa baisse partout ailleurs ni a fortiori de l’amélioration de l’issue clinique pour le patient) ;

      – 6 des patients traités à l’hydroxychloroquine ont été exclus de l’analyse, et l’équipe de DR n’a pas donné les informations qui permettraient de savoir si parmi eux se trouvaient des patients recevant aussi de l’azithromycine ; c’est très embêtant ;

      – je ne le soupçonne pas d’exclusion non justifiée de patients sans aucune preuve, je constate cette exclusion, comme tout le monde a pu le faire : il suffit de lire l’article pour faire ce constat ; les patients sont exclus, dont l’un parce qu’il est décédé et trois parce qu’ils ont dus être transférés en soins intensifs, et rien n’est avancé pour justifier de les exclure de l’analyse plutôt que de les considérer comme des échecs du traitement (et pour cause : c’est injustifiable);

      – je constate également que les statistiques montrées pour les patients A/Z dans la vidéo sont incompatibles avec le contenu de l’article finalement publié ; les données ont donc indiscutablement été triturées pour obtenir ce 6/6 qui n’existait pas le 16 mars encore ; c’est un fait, pas un soupçon formulé sans preuve ;

      – les 6 patients de ce “6/6” avaient à J0 (dans le meilleur des cas, si on considère que “à l’inclusion” = à J0) des symptômes qui étaient apparus depuis en moyenne 4 jours et demi, donc à J6 ils étaient en moyenne à 10 jours et demi après leur apparition ; compte tenu du cours naturel de la maladie, de l’âge de ces patients, de leurs comorbidités et de leur état à l’inclusion, quelle était la probabilité pour que le test PCR basé sur un prélèvement nasopharyngé de ces patients devienne spontanément négatif au bout de 10 jours et demi ? Faites les maths (bon courage) ;

      Ce que vous dites par ailleurs sur l’urgence ne saurait justifier :
      – toutes ces manips,
      – la surinterprétation éhontée de leur observation,
      – l’absence de mise à disposition de leurs données brutes : ça prend infinimement moins de temps que d’écrire un papier et de faire toute la comm faite autour.

      Des milliers de scientifiques travaillent en France et dans le reste du monde pour tenter de trouver un traitement. Insinuer que seule l’équipe de Raoult le fait est absolument ridicule.

      Heureusement qu’on se permet de “contester les intuitions” de tel ou tel clinicien pour savoir si un traitement présente un rapport bénéfices/risques favorable ou non.

      Vous n’avez quant à vous “que peu de doutes que ça fonctionne” ? Eh bien… Ca me laise coite.

      1. Dans cet article ‘Against pandemic research exceptionalism’ de Science, https://science.sciencemag.org/content/early/2020/04/22/science.abc1731
        il y a écrit :

        As of this writing, more than 18 clinical trials enrolling more than 75,000 patients have been registered in North America for testing various hydroxychloroquine regimens for COVID-19.

        Donc, aux USA, il y a 75 000 malades prévus dans des essais pour tester l’hydroxychloroquine, sans compter les autres essais dans le monde. De nombreux schémas thérapeutiques sont testés et les résultats viendront. PATIENCE, car aucun argument de qualité n’est en faveur de ce médicament. Science n’est pas YouTube !

        Les mises en garde sont très nombreuses dans le monde.

        Cdlmt

    2. @Thierry Klein: Presqu’un mois après, nous n’avons bientôt aucun doute que cela ne fonctionne pas et que les fraudes étaient bien là pour cacher cela. Maintenant, nous n’en sommes plus à de petits échantillons et la dernière étude dans The Lancet devrait clore la partie scientifique du débat. Par contre, si le débat est de l’ordre du religieux ce que je sens dans votre propos (intuition = révélation). Pour l’approche mathématique, je vous propose de rejoindre les pastafioristes qui sont assez proche de vous.

  10. Bonjour,
    Travail impressionnant tant par son ampleur que par sa clarté!
    Je souscris totalement à votre réponse suite à un échange de commentaires : On pourrait savoir depuis un bon moment si ça marche ou non, si Didier Raoult avait accepté d’utiliser correctement la source d’information unique qu’il a sous la main et de mettre à disposition de la communauté scientifique ses données brutes et tous les éléments nécessaires pour les analyser correctement. Mais il ne l’a pas fait.
    Je tenais par ailleurs à vous signaler une interview toujours sur le blog de Laurent Mucchielli qui m’a semblé désastreuse pour la recherche médicale!
    https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/180420/crise-du-covid-et-querelle-sur-la-methode-interview-exclusive-du-prof-jean-roudier?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67
    Comme si il n’existait rien entre l’absence de méthode revendiquée par D. Raoult et les petits arrangements entre amis pratiqués par certains médecins et compagnie pharmaceutiques!
    Amicalement.

  11. Je vous réponds encore, point par point, avec franchise mais sans véhémence, parce que même si je critique ou conteste le détail de ce que vous dites, je vous suis profondément reconnaissante de ce que vous faites. Vous vous mobilisez publiquement, avec une énergie et une sincérité manifestes, et vous vous exposez d’une façon que je trouve exemplaire. Vous prenez de nombreux risques, dont celui d’être attaquée, de subir ce que subissent les femmes ‘qui l’ouvrent trop’, mais aussi le risque de vous tromper peut-être et d’être un jour confrontée à l’expérience intimement douloureuse de devoir le reconnaître. Vous voyez, je suis bien protégée derrière mon écran, et si c’est moi qui me trompe, je pourrai faire comme si je n’avais rien dit. Vraiment, je vous le répète, Odile, vous êtes admirable, et vous êtes un exemple pour beaucoup d’entre nous. Même avec une analyse différente d’une réalité complexe et brûlante, la place que je revendique est à vos côtés.
    Mes réponses prendront la forme d’un dialogue :

    O – Il n’y a aucun malentendu. Je rappelle que l’hydroxychloroquine ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché pour cette indication.
    S – C’est vrai que l’hydroxychloroquine n’a pas d’AMM pour le Covid-19. D’ailleurs aucun médicament n’en a, puisque le Covid-19 était inconnu. Et comme le chemin qui conduit à l’autorisation est long et complexe, il faudra attendre plusieurs mois pour qu’une molécule ait une AMM. Si on s’arrête à cette règle, la seule option, face à une maladie inconnue qui menace de faire des ravages par vagues successives, serait donc de ne rien faire, et de laisser passer les vagues en attendant qu’un médicament ait une AMM. C’est totalement démoralisant, non ? Ce sera la même chose à chaque nouveau virus qui surgira de la déforestation ? Si les progrès de la médecine n’ont rien d’autre à offrir, vous comprenez qu’il faut bien se résigner à avoir recours aux archaïsmes, avec leurs méthodes moins inattaquables mais des résultats peut-être plus rapides et plus salvateurs…

    O – Son utilisation dans cette indication hors du cadre fixé par les décrets des 25 et 26 mars engage la responsabilité des médecins (les patients ainsi ‘ traités ‘ pourront éventuellement engager des poursuites).
    S – Les décrets des 25 et 26 mars ne se contentent pas d’engager la responsabilité des médecins s’ils sortent du cadre : ils interdisent aux pharmacies de vendre du Plaquenil en-dehors des utilisations habituelles (lupus pour l’essentiel). Les médecins ne peuvent donc pas prendre leurs responsabilités : quand bien même ils se sentiraient sûrs de vouloir y faire face, ils ont l’obligation, rendue matériellement incontournable par la prohibition instaurée autour du Plaquenil, d’attendre. Et de prescrire du paracétamol — sans AMM pour le Covid-19 (sourire).

    O – Après, on peut placer au-dessus de tout la liberté de prescrire des médecins. Notez tout de même que l’article R.4127-8 du Code de la santé publique dispose : ‘ Dans les limites fixées par la loi et compte tenu des données acquises de la science, le médecin est libre de ses prescriptions […]’ . Il est donc prévu que cette liberté soit limitée.
    S – Oui, bien sûr, tout cela est juste. Toutefois, l’hydroxychloroquine est la seule molécule à subir cette interdiction de vente dans le contexte du Covid-19. Elle était en vente libre depuis des années, jusqu’en janvier dernier, puis est passée sur ordonnance (par principe de précaution, pour faire comme la chloroquine), et tout-à-coup, la voilà interdite. Peut-être qu’au gouvernement, quelqu’un s’est dit qu’à Marseille, la bande à Raoult guettait depuis des années le bon moment pour se dire ‘ Ca y est ! On va pouvoir empoisonner tout le monde ! Il suffit de dire que l’hydroxychloroquine marche contre le Covid-19, hin hin hin ! ‘. Plaisanterie à part, la seule cause identifiable pour laquelle l’hydroxychloroquine est interdite de vente et de prescription est… qu’une semaine plus tôt elle a été estimée efficace par une équipe de spécialistes des maladies infectieuses. (Alors c’est vrai, depuis il se dit que c’est une molécule fort dangereuse. Mais même l’ANSM n’a pas su nous préciser si les morts recensés le 15 avril avaient pris du Plaquenil, du Kaletra ou un autre médicament…)

    O – Je ne sais rien du processus qui a conduit à prendre cette décision, mais ma réaction première est diamétralement opposée à la vôtre : sachant qu’il aurait été facile au gouvernement de se défausser en laissant les médecins de ville libres de l’utiliser, je me dis que cette décision était plutôt courageuse.
    S – Là, je ne comprends pas à quoi vous faites référence : ‘ facile de se défausser’. Se défausser de quoi ? C’était bien aux médecins d’être médecins et d’accueillir les malades, pas au gouvernement. En les empêchant de prescrire au cas par cas ce qui leur semblait le mieux, le gouvernement a pris la responsabilité de bloquer un chemin d’accès à des soins dont il y avait à la fois des raisons (pas des preuves, c’est vrai, mais des raisons) de penser qu’ils pouvaient être bénéfiques, et aucune raison de croire que, administrés avec les bonnes précautions, ils puissent faire du mal. Et du même geste, le gouvernement a bloqué la possibilité de se rendre compte rapidement que peut-être le traitement était problématique. Aujourd’hui, 6 semaines après que Raoult a dit que la bithérapie semblait efficace, on ne le sait toujours pas ; et on en est encore à s’opposer sur des interprétations d’études, d’enquêtes, de rapports et de pre-prints, dont aucune n’apporte de réponse claire… pendant que, sans preuve mais de façon observable en continu, les malades traités à l’IHU et à Garches guérissent plus vite qu’ailleurs et vont moins en réanimation.

    O – Vous dites : ‘ Les médecins ont l’expérience des malades et des maladies, et ils peuvent aussi se rendre compte, quand ils prescrivent un nouveau traitement, si leurs patients vont mieux ou moins bien dans l’ensemble qu’avant ce traitement ‘. Eh bien non ils ne peuvent pas se rendre compte, c’est bien ça le problème et c’est bien pour cela que les protocoles de recherche existent. Ils ne contrôlent pas les biais qui peuvent leur faire croire à tort qu’un traitement est efficace (ou non).
    S – Sur ce point, vous me semblez un peu trop définitive. Les médecins, surtout si on coordonne un peu leurs retours, permettent par exemple de se rendre compte dans quel sens évolue la proportion de leurs patients qui finissent par avoir recours aux urgences, lorsqu’ils se mettent à prescrire un nouveau traitement. Ou encore : si on avait largement généralisé le traitement en mars, on aurait pu voir en une semaine ou deux si les courbes françaises se détachaient ou pas des courbes italiennes…
    Bien sûr, si on se base sur les retours de médecins, il se peut qu’il y ait des biais. Mais si ces biais évitent à des malades de voir leur état se détériorer, tant mieux ! Si, par effet placebo, des malades sont rassurés d’avoir reçu ‘l’élixir miraculeux du bon Docteur Raoult’, se sentent moins stressés, et que de ce fait leur système immunitaire se renforce, vainc plus rapidement le virus et leur évite l’hospitalisation, tout en affaiblissant la progression de la pandémie, réjouissons-nous et applaudissons !!! Si un tel phénomène se produit, c’est vrai qu’on ne peut pas savoir si c’est le médicament ou l’effet placebo qui agit. Mais on sauve des vies, et c’est tout de même le principal.

    Il est indéniable que la piste de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine relevait en partie du pari, puisque rien n’était (ni n’est encore) prouvé. Mais dans un pari où il y avait énormément à gagner si ça réussissait (l’aplatissement de la courbe, les hôpitaux et les EHPAD soulagés, des malades sans complications pulmonaires…) et quasiment rien à perdre si ça ne marchait pas (15€ par malade, une sollicitation extrême des appareils d’électroencéphalographie), même si on ne connaît pas trop les chances de réussir ou de perdre, pourquoi tergiverser ? Dans ce contexte-là, la décision gouvernementale d’entrer dans le jeu pour trancher en empêchant de tenter quoi que ce soit est tout de même surprenante. Je la trouve criminelle.

    Bien sûr, opter pour la liberté des médecins n’aurait pas permis de tout savoir. On n’aurait pas su si l’azithromycine était plus ou moins efficace seule qu’avec l’hydroxychloroquine, on n’aurait pas su quelle part l’effet placebo, ou d’autres biais, avaient dans les résultats. Mais ce n’était pas le plus urgent, et tout cela, on aurait pu le savoir plus tard.

    Sur un plan tout différent, il est vrai que si le traitement s’était avéré efficace à grande échelle dès la fin mars et avait enrayé l’épidémie, cela aurait été une contrariété pour beaucoup de monde. Une contrariété pour le gouvernement, dont l’impréparation en matière de tests aurait été plus criante encore — parce qu’il aurait fallu tester avant de pouvoir traiter. Une contrariété pour Gilead, pour qui les enjeux financiers sont conséquents, comme le laissent deviner les yoyos de son cours en bourse au gré des études qui sortent. Une contrariété pour tous ceux qui trouvent merveilleux de rester confinés. Une contrariété pour ceux qui vendent au Ministère de l’Intérieur des drones de surveillance et des système de tracking de la population. Une contrariété pour le Medef, qui, avec le confinement prolongé, a un prétexte inespéré pour recevoir des milliards d’euros d’argent public et pour défaire durablement le Code du Travail… Mais je suis certaine qu’ils se seraient tous assez facilement consolés.

    O – On pourrait savoir depuis un bon moment si ça marche ou non, si Didier Raoult avait accepté d’utiliser correctement la source d’information unique qu’il a sous la main et de mettre à disposition de la communauté scientifique ses données brutes et tous les éléments nécessaires pour les analyser correctement. Mais il ne l’a pas fait.
    S – Je m’aventure bien trop imprudemment en répondant à leur place, mais Raoult et ses collègues n’ont peut-être pas cherché à répondre à la question que de nombreux scientifiques se posent en ce moment (quel est le meilleur traitement, comment prouver qu’il est efficace, comment s’assurer que les biais sont neutralisés, etc.) : il se sont peut-être posé une question différente : que peut-on faire tout de suite qui soit sans grand risque et qui ait une chance de fonctionner au moins un peu, en attendant les résultats de grands essais cliniques et l’AMM délivrée à un traitement. La réponse à ces deux questions demandait des méthodes différentes et peu compatibles. Ils ont répondu à la deuxième, en l’abordant comme des médecins en situation d’urgence. Et il semble que tout le monde (le gouvernement, les médias, mais vous aussi) leur reproche aujourd’hui de ne pas avoir suivi la méthode robuste et longue (les fameux essais cliniques randomisés en double aveugle) pour répondre à la question urgente. Ce qui aurait évidemment été impossible.
    Leur réponse, obtenue par quelques observations qui leur ont paru remarquables (la vingtaine incluse dans leur première étude, mais peut être d’autres avant la mise en route de l’étude), ne pouvait prétendre être ni définitive ni parfaite : ce n’est sans doute pas LA solution. (Celle-là pourra être établie après les grandes vagues.) Mais la publication de cette réponse permettait à tout médecin qui le souhaitait de refaire la même expérience, et d’observer les résultats. Elle permettait à des réseaux de médecins, à des hôpitaux, de comparer leurs résultats ‘avant’ et ‘après’, et d’avoir des données significatives en quelques jours. Et de généraliser, d’ajuster ou d’arrêter, au fil des observations.
    Le gouvernement à empêché tout cela par deux décrets sans équivalents dans l’histoire. On ne peut pas reprocher à Raoult de ne pas avoir anticipé cette décision politique, qui rend effectivement stérile la démarche qu’il avait initiée en publiant ses observations.

    Ah là là, mes incohérences : je prône l’écriture inclusive mais je ne l’applique pas ! J’en suis désolée.

    1. Concernant le dernier point, les données brutes de DR n’auraient servi à rien dans ce débat, vu que le reproche principal est de ne pas répondre à une question prédéfinie par les méthodes de randomisation double aveugle, une population témoin, et avec un nombre de sujets sous test qui soit statistiquement suffisant. Il y aura donc toujours moyen d’invalider l’étude au moins pour cette raison. DR se revendique d’une pratique de médecin, et non de celle d’un méthodologiste.
      C’est donc à une autre équipe d’entamer cette étude, et pour la crédibilité, cela vaut même mieux. Qu’avons nous à ce jour:
      HYCOVID: Comparaison double aveugle hydroxychloroquine-placebo
      COVIDOC: Comparaison hydroxychloroquine-(hydroxychloroquine + azithromycine) sur patients de plus de 75 ans mais pas en réanimation.
      Voici la liste des études thérapeutiques autorisées:
      https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/covid19_projets-recherche_therapeutiques.pdf
      Il n’y a pas d’étude ciblée sur le traitement strict de DR (il faudrait aussi respecter scrupuleusement les doses et inclure le zinc, vu que l’efficacité de l’hydroxychloroquine suppose la présence de zinc). Il est normal que les études cherchent des réponses élémentaires plutôt que de vérifier une controverse publique, bien que le processus soit lent et qu’entre-temps des gens meurent.

      1. Angélo P je ne suis pas d’accord avec vous. L’équipe de Didier Raoult a traité et suivi plus de 3000 patients à ce jour, et si on avait accès aux données brutes concernant ces patients – âge, comorbidités, etc – on pourrait en faire quelque-chose en comparant les résultats à ceux de patients ayant un profil comparable suivis ailleurs.
        Ce serait bien-sûr loin d’être parfait, mais ça permettrait déjà de se faire une idée de la fourchette dans laquelle se situe le traitement qu’il propose, en termes de rapport bénéfices/risques, par rapport aux soins standard.
        Personne n’exige la perfection, et “les méthdologistes” ça ne veut rien dire. Ce sont des éléments de la rhétorique de Didier Raoult et de son chargé de communication, ce n’est pas la réalité.
        Et la réanalyse de ces données serait faite par d’autres équipes et en toute transparence puisque tout serait disponible, donc il n’y aurait pas de pb de crédibilité.

        Pour ce qui est des études faites par d’autres équipes, la liste que vous donnez ne contient pas les dizaines (centaines) d’essais cliniques faits ailleurs qu’en France et sans la collaboration d’institutions hospitalières ou de recherche françaises, or il y en a sur la combinaison H/A à l’étranger. De plus, je ne comprends pas pourquoi vous dites qu’aucune étude française ne prévoit de tester exactement le traitement de DR : n’est-ce pas le cas de celle du CHU de Montpellier ?

        Je ne relève pas votre remarque sur le zinc car ça ferait partir la discussion sur encore autre chose.

        1. J’ai affirmé que les données brutes étaient inutiles dans ce débat. A savoir si le traitement de DR était justifié. Quant à s’intéresser aux détails des données pour affiner les idées, effectivement, ça crée du retard de ne pas y avoir accès, là d’accord.

          Le clivage méthodologie-pratique existe, indépendamment de la rhétorique de DR. Il y a réellement un problème éthique à donner un placébo à un patient ou à le traiter comme un cobaye, d’où la nécessité juridique de son acceptation. Donc, on peut comprendre que des médecins ne se sentent pas à l’aise dans le cadre d’une étude. L’attitude peut être feinte, bien sur.

          Effectivement, le lien que j’ai donné se limite aux recherches françaises. Il y en a déjà beaucoup.
          Le CHU de Montpellier ne teste pas exactement le traitement de Raoult dans COVIDOC. Ils vont au delà car le dosage de H est plus élevé le premier jour. C’est une initiative tout à fait acceptable. Ce qui est important, c’est la mise au point du traitement le plus efficace possible.

          1. Les malades qui participent à des essais cliniques doivent signer un consentement éclairé dans tous les cas, que l’essai soit contrôlé ou non et (a fortiori) que le groupe témoin reçoive un placebo, un traitement de référence s’il existe, ou encore un autre traitement à l’essai. Ce qui justifie qu’on demande cet accord est le fait que les patients prennent un risque : il n’y a aucun lien particulier avec l’administration d’un placebo.

            Dans le cas du traitement préconisé par Didier Raoult, on n’a pas de données solides indiquant un effet bénéfique du traitement mais on a en revanche la certitude qu’il peut être dangereux. C’est donc ici plutôt l’administration du traitement qui fait courir un risque au patient et non celle d’un placebo. Je m’étonne que vous ne trouviez pas qu’il y a là “réellement un problème éthique”.

        2. Bonjour Madame,

          Vous dites en effet que si DR avait mis à disposition ses données on saurait depuis longtemps.

          Entre temps il a réaffirmé en prime time avoir des données (l entretien est encore en ligne et visible de tous). Et on parle de données conséquentes.

          Dans ce cas qu est allé faire Emmanuel Macron à Marseille ? Un coup de comm pour les gilets jaunes tel qu on le pretend? Mais c est minable.

          Ou alors a-t-il vu des choses et il ne le dit pas. Mais C est encore plus minable.

          On fait comme si DR dirigeait la pharmacie du coin. Mais à un moment il faut assumer. Soit ce type est malhonnête comme vs semblez le supposer et on le dit. Soit on regarde justement ses données et on le dit aussi. On ne peut pas ne pas prendre position et demander qu on vote pour vous à la fin. Je ne fais rien mais je reviens faire la quête quand même.

          Ce que dit DR sur BFM est hilarant à propos de la visite du Président. On dirait qu il parle d un enfant. Au début il ne sait même pas quoi en dire pourtant le type sait parler. “oh ma foi C est bien qu il soit venu”. “Il était intéressé (heureusement)” “il est intelligent, il m à laisse son téléphone”. Mais on rêve. J espère qu il ment et qu il s est dit autre chose quand même.

          J avais été très supportive du Président et du Gouvernement dans la crise des gilets jaune trouvant Emmanuel Macron brillantissime. Je pense qu il ne est que brillant malheureusement et ne sait pas prendre une décision à part confiner mais ça c est juste guidé la peur. Mais la J avoue qu il fait froid dans le dos.

          Les donnés n appartient ni à DR ni à l IHU. Elles appartiennent au pays. Ce centre est conséquent. S il ne l est pas qu on explique officiellement pourquoi. Bref on assume. On ne se cache pas.

          Quand on ajoute à cel l absence d étude française indépendante de DR pour vérifier ses dires (si ses donnees ne le permettent pas) je ne sais pas comme t on doit appeler tout cela: un complot ou seulement de l incompétence ? Du cynisme, de la perversité un je-m en-fout isme?

          Bien cordialement

          Helene

          1. Je suis pour ma part convaincue que la visite d’Emmanuel Macron le 8 avril était juste un coup de comm. Des membres de LREM l’avaient d’ailleurs indiqué à demi-mots à des journalistes du Monde (www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/09/la-visite-surprise-d-emmanuel-macron-au-microbiologiste-didier-raoult_6036150_823448.html).

            “Soit on regarde justement ses données” : encore faudrait-il qu’il les donne. Encore une fois, à ma connaissance il n’a pas divulgué ses données brutes. Comme vous, je ne comprends pas qu’on n’ait pas exigé qu’il les donne – même si seul un essai clinique correctement fait permettra de trancher, les avoir permettrait de se faire une idée plus précise des choses que ce que permettent de faire les articles publiés par l’IHU Méditerranée.

            Je ne sais pas comment s’est passé cet entretien. Je ne peux que l’imaginer… et je me dis que ce n’était peut-être pas très loin de ça : https://www.instagram.com/p/B-Jz2G7CBzt/

            Un essai de la combinaison qu’il préconise a été lancé en France, et même assez vite. Voir http://allodoxia.odilefillod.fr/2020/04/26/je-ne-suis-pas-complotiste-mais-a-propos-de-laffaire-raoult/#comment-6648.

    2. Simone, je vais faire comme si vous aviez numéroté les points de votre (très) long commentaire et y répondre en les reprenant dans l’ordre. Si vous répondez, essayez de faire plus court s’il vous plaît, et aussi de poster en faisant “répondre” plutôt que de coller un nouveau commentaire tout en bas, qui se trouve alors déconnecté du fil de discussion.

      Pour remettre dans le contexte, je répondais à votre remarque qui était : “Peut-être que le malentendu vient de là. On ne demandait à personne d’autoriser un traitement : ces médicaments, tout à fait autorisés, existent depuis longtemps et ont été librement prescrits depuis des dizaines d’années. Mais pour la première fois, un gouvernement à interdit aux médecins de prescrire un médicament.”

      1. Il y a heureusement des médicaments qui ont une AMM permettant de traiter diverses manifestations cliniques du Covid-19 ou troubles qui lui sont associés. C’est par exemple à ce titre que des antibiotiques sont prescrits à un certain nombre de patients Covid-19 contre une surinfection bactérienne. Exemple dans le protocole d’un hôpital daté du 31/3 que j’ai sous la main : “Antibiothérapie probabiliste si hyperleucocytose importante à PNN et aspect de surinfection bactérienne scannographique et expectoration purulente : Augmentin 1g x3/J pdt 7j ou Ceftriaxone 1 à 2g/j pdt 7j; si allergie vraie, Levofloxacine 500mg x1/j (adapter au rein et après hémoc)”. Antalgiques, corticothérapie dans certains cas, oxygénothérapie, etc, bref : donc non, la seule autre option n’est pas de “ne rien faire”.
      Par ailleurs, ce n’est pas comme si on faisait face à une maladie avec un très haut taux de létalité. Celle du Covid-19 est probablement légèrement inférieure à 0.5 %, donc les conséquences assurément ou potentiellement néfastes de l’administration en masse aux personnes testées positives de n’importe-quoi-vu-qu’on-connaît-rien-qui-marche peuvent facilement dépasser ses bénéfices éventuels (par ex pour l’azythromycine, personne n’a l’air de songer aux conséquences de son utilisation en masse en termes de promotion de bactéries résistantes à cet antibiotique).

      2. Je sais bien que les décrets en question limitent la liberté des médecins, et que c’est exceptionnel (et non, le paracétamol n’est pas sans AMM pour les patients Covid-19 : voir point 1). Ce que je vous disais, c’est justement qu’il doit y avoir de bonnes raisons pour avoir fait une telle chose. Des considérations de santé publique qui dépassent le niveau de décision individuel des médecins, par exemple, telles que le risque (avéré, car ça a de fait été une des conséquences de la comm débridée de Raoult) de rupture de stocks d’un médicament indispensable aux personnes souffrant de Lupus.

      3. Vous affirmez que la seule cause identifiable de cette interdiction spécifique est que l’hydroxychloroquine “a été estimée efficace par une équipe de spécialistes des maladies infectieuses”. C’est bien la cause ultime, ou plus exactement la cause ultime est que Didier Raoult a fait courir le bruit qu’elle était efficace, et ce avec énormément de succès. Mais il faut considérer les causes proximales de cette décision. Je ne les connais pas, mais je vous en ai donné une première hypothétique ci-dessus. Je peux vous en donner au moins une autre : oui, cette molécule peut-être très dangereuse, surtout associée à l’azithromycine (cf les références données dans mon billet si vous en doutez), et ce plus particulièrement dans le contexte du Covid-19, où on a affaire à des patients affaiblis, avec des troubles cardiaques assez fréquents, des anomalies du niveau d’ions potassium et autres paramètres qui font que ce risque peut être notablement augmenté, et si les médecins de ville se mettaient soudain à prescrire ça en masse cela : 1) donnerait inévitablement lieu à un certain nb d’accidents graves 2) nécessiterait de mobiliser une armée de cardiologues et de biologistes pour assurer une vérification avant administration et une surveillance adéquates.

      4. Je dis qu’il aurait été facile pour le gouvernement de se défausser de la décision en laissant les médecins prendre leurs responsabilités habituelles. A contrario, le gouvernement a pris cette énorme responsabilité que rien ne l’obligeait à prendre. Pour le reste, vous partez de l’hypothèse qu’il y a de bonnes raisons de penser que le traitement est bénéfique et qu’il y peu de chances qu’il soit dangereux, or ce n’est pas ce que pensent nombre d’experts visiblement, surtout en association avec l’azithromycine. Là encore, cf plusieurs sources citées dans mon billet. J’aurais pu en citer plein d’autres. Par exemple, aux Etats-Unis, le le NIH Expert Panel a indiqué le 21 avril : « Except in the context of a clinical trial, the COVID-19 Treatment Guidelines Panel (the Panel) recommends against the use of the following drugs for the treatment of COVID-19: The combination of hydroxychloroquine plus azithromycin (AIII) because of the potential for toxicities.[…]”.

      5. Je persiste est signe sur ce point, et “coordonner un peu les retours” ne suffit pas. A ce compte-là, autant monter un vrai essai. Vous dites “si on avait largement généralisé le traitement en mars, on aurait pu voir en une semaine ou deux si les courbes françaises se détachaient ou pas des courbes italiennes”, mais outre que Raoult ne propose son traitement H+A que depuis le 20 mars, ce que vous suggérez est à mes yeux horrible : vous suggérez qu’on aurait dû faire un essai sauvage à grande échelle, prenant la population pour de la chair à canon. Votre raisonnement est encore une fois basé sur l’hypothèse qu’on n’a rien ou presque à perdre à essayer, ce qui est faux.
      A contrario, encore une fois, si Raoult avait lui-même daigné faire ce qu’il fallait, on saurait déjà si ça marche ou non.
      Vous prêtez au gouvernement français d’obscures motivations, et dites : “si le traitement s’était avéré efficace à grande échelle dès la fin mars et avait enrayé l’épidémie, cela aurait été une contrariété pour beaucoup de monde”. Vous ne vous demandez pas pourquoi un pays tel que le Maroc a mis en place dès le 24 mars à grande échelle le traitement systématique à l’hydorxychloroquine, mais ni la Chine, ni la Corée, ni l’Allemagne, ni la Suède, ni… ni quasiment aucun pays en fait. Votre théorie est donc qu’en dehors d’une poignée de pays africains, tous les autres sont complètement corrompus ou guidés par la volonté de masquer leur incurie ? Franchement ?

      6. Je pense en effet que vous vous aventurez trop imprudemment en répondant à leur place. Ils ont bel est bien cherché à prouver que c’était efficace, puisqu’ils ont d’abord fait un essai clinique dûment enregistré, puis la veille de la publication de leur papier sur 1061 patients Raoult a annoncé sur YouTube en tout modestie qu’il pensait que l’étude qu’ils étaient sur le point de publier allait probablement devenir LE papier de référence sur le sujet (!) Et publier leurs données brutes, ça ne leur demande aucun temps : ils les ont, puisqu’ils en ont tiré des papiers. Il suffirait qu’ils les mettent en ligne pour permettre à d’autres de les analyser et ainsi d’avancer, car même en l’absence de groupe contrôle on pourrait en tirer de précieuses informations. Je ne vois aucune bonne raison qui explique qu’il ne l’aient pas fait.

  12. Bonjour
    parmi les responsabilités décrites dans la déclaration de Singapour sur l’intégrité de la recherche (https://www.inserm.fr/professionnels-recherche/integrite-scientifique/integrite-scientifique-ressources-complementaires), il y en a une qui aurait évité beaucoup de polémiques si DR était intègre. La voici :
    “Conservation des données : Les chercheurs doivent conserver les données brutes de manière transparente et précise de façon à permettre la vérification et la réplication de leurs travaux.”

    Si DR était intègre, il aurait ouvert ses données pour permettre à un statisticien indépendant de refaire l’analyse…. Et rien n’aurait tenu… C’est pourquoi l’opacité doit règner chez DR s’il veut survivre…. dans la recherche.

    Bravo pour votre analyse

    1. Merci d’avoir pris la peine de me lire et pour votre commentaire (j’apprécie beaucoup ce que vous faites).

      L’aspect de l’intégrité scientifique que vous évoquez est aussi cité dans le vade-mecum du Hceres, dans la rubrique “Pratiques douteuses de recherche sur les données” : “[…] la non-conservation de données primaires ou leur utilisation sélective, les mauvaises pratiques de conservation ou de gestion des données”. Je n’en ai pas parlé car je n’ai pas d’informations à ce sujet. Tout ce que je suis en mesure de constater, c’est que l’équipe de DR n’a pas partagé ses données brutes, et ce non seulement pour la 1ère étude mais aussi pour les deux suivantes. A ce stade on ne peut parler que de rétention de données vis à vis de la communauté scientifique, il me semble.

      Pour avancer, ce serait bien que quelqu’un fasse publiquement à DR (via son compte Twitter) la demande formelle de mettre à disposition les données brutes de chacune des 3 études qu’il a publiées, et on verrait comment il y réagit. Il ne me semble pas que quelqu’un l’ait fait (?) Je n’ai pas de compte tweeter et ne veux pas en créer un sinon je le ferais…

  13. Un grand merci et toutes mes félicitations pour cette synthèse précise et argumentée, dont la rigueur ferait bien d’être prise pour modèle par les membres de l’IHU de Marseille mais aussi par Mme Roche et M. Mucchielli, lequel est accessoirement chercheur au CNRS!

  14. Bravo pour cette analyse fouillée des “études” de DR et de celles dont ils se réclament. En tant que ancien MG enseignant, abonné depuis ses débuts à Prescrire, et qualifié en Santé Publique, je pense que c’est oeuvre de salubrité publique que vous faites là!
    Votre critique détaillée est nécessaire mais, lors des formations à la « lecture critique des sources » que nous faisions aux étudiants, nous apprenions qu’il suffisait d’une seule erreur méthodologique pour invalider l’ensemble d’un essai et ne pas perdre de temps à en poursuivre la lecture : la source en question ne devait pas être prise en compte pour déterminer des conduites de soins ou de traitement, elle devait être rejetée.
    Il n’est guère besoin de poursuivre très loin la lecture des études de DR pour débusquer de telles erreurs !
    On peut même avant toute analyse des nombreux biais et manquements à une méthodologie rigoureuse, poser la question de la façon suivante : Le simple fait de conclure à l’efficacité d’un traitement avec si peu de recul (nous sommes à 5 mois seulement de la description des premiers cas) et sur si peu de sujets, et alors que “l’histoire naturelle de la maladie” n’est même pas connue, n’est-il pas suffisant pour considérer ces conclusions comme au minimum non-pertinentes et au maximum irresponsables et délétères…? Qui a une certaine pratique de la littérature médicale sait qu’un minimum de temps et de “méta-analyses” est nécessaire avant de tirer des conclusions, et de les appliquer à la collectivité… Même s’il s’avérait un jour que DR ait eu raison (ce que je ne pense pas, mais c’est mon simple avis!!), il aura toujours eu tort d’avoir conclu et proposé son traitement à tous si tôt.
    Deux remarques sur le personnage public que DR est devenu:
    1. Il revendique de voir son nom associé à une publication scientifique tous les 2 jours pendant 1 an! Ceci lui permet de façon assez factice d’arriver en tête des classements… et relève soit de la prétention, soit de l’usurpation car on ne peut raisonnablement penser qu’il soit réellement actif dans ces travaux. 2. Par ailleurs, on peut se demander s’il est conscient des mises en cause auxquelles il s’expose, par des personnes qui s’estimeraient avoir été lésées par son comportement médical (voir l’affaire du Médiator) et ses déclarations contraires à la déontologie (que vous soulignez très bien).
    Laissons aux lecteurs la façon de caractériser une telle personnalité (mise en avant démesurée, inconscience des conséquences de ses actes et sentiment d’impunité)… !
    Merci encore de vos efforts pédagogiques!

  15. Bonjour Madame,
    article passionnant, même si certaines informations techniques sont complexes à comprendre pour une ignorante de mon espèce.
    Vos recherches, la quantité de travail fournie, la documentation associée etc. sont remarquables et utiles à ma connaissance.
    Je suis cernée par des « croyants-conspi-DR »qui pensent tout savoir, comme l’a décrit le Docteur Laurent Alexandre dans « europeanscientist.com » en parlant de « gilet-jaunisation de la médecine  » et votre article de fond va m’aider à échanger avec plus d’intelligence et de savoir avec eux.
    Je vous confirme qu’un certain nombre de personnes a déjà demandé à DR sur son compte Tweeter, les données brutes évoquées dans un des commentaires.
    Serait-ce une surprise pour vous d’apprendre que DR élude systématiquement les demandes !
    Encore bravo et un grand merci

      1. Bravo Madame pour cette étude vous avez dû vous donner beaucoup de mal.

        Je ne suis pas certain de son but hormis celui de descendre un homme.

        Ce que les gens (raisonnables) reprochent est que la préconisations (relativement stabilisée ds son contenu depuis plusieurs semaines ne soit pas testée à 100 % de ce dit contenu :
        – Chloro et Azytro avec le dosage de DR
        – en début des symptomes
        – sur des individus pas. Trop trop vieux ni trop trop jeunes (enfin représentatif des gend qui font la maladie quoi)
        – sans contre-indication

        On a tous eu l impression (et mems parmis des gens raisonnables) qu on prenait qu un médoc, ou pas le dosage, ou que des vieux, ou que de s gens en phase inflammatoires

        Bref qu on faisait ce que fait votre article, tt faire pr tuer un homme ou un systeme

        Après si C est bon, pas bon, moyen on peut entendre aussi ça. OK un type à essayé, pas de bol ça marche pas. Il a dit à tt le monde que Ca marchait OK on règle cela en famille (ches les plombiers, les avocats, les.. Il y aussi des gens qui respectent pas la règle)

        Mais, vu le contexte, on a pas juste un problème de chasse d eau, on aurait aimé (Tjs des gens raisonnables) que l on débloqué un peu de budget pr vite essayer. Or à polémique à la française : la culture de la loose (pourvu qu il ait tort)

        Maintenant on dit tout que C est un usurpateur. Très bien mais quel scandale dans ce cas qu un centre aussi exposé finance par l état soit dirigé par un minable avec des équipes de voleurs à bord, car C est cela que vous dites

        (et ne dite SVP surtout pas que l IHU Marseille ne dépend pas de l Etat. Je sais que la pensee unique veut nous faire penser que les baskets achetés en Chine coûte 50 euros au Consommateur francais alors qu elle lui coûterait 200si fabriquées e.n France. On confond ce que le consommateurs a payé et ce que ça lui a coûte dans ce pays squatté par des politiciens et des loges. Mais vs avez mon mail certainement vs pouvez m écrire, je suis économiste et vous dirait en privé pr quoi IHU est uen entreprise d etat)

        1. Les préconisations de Didier Raoult sont relativement stabilisées depuis le 20 mars, c’est tout.

          Beaucoup de gens (que vous appelez “les gens raisonnables”) semblent effectivement estimer qu’il aurait fallu que lesdites préconisations soient testées immédiatement par d’autres équipes. On s’offusque que le protocole de tel ou tel essai en cours ou prévu ne soit pas exactement ce qu’il a préconisé. On s’imagine que tout cela est fait exprès, forcément pour une raison obscure.

          Penser cela, c’est croire qu’il existe un complot mondial en ce sens, car il n’y a aucune raison d’attendre que cela soit fait en France plutôt qu’ailleurs : la recherche se fait partout et les publications de Raoult sont connues partout.

          Donc en Chine, aux Etats-Unis, au Brésil, en Inde, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Norvège au Canada, etc, bref, dans les dizaines de pays qui mènent des essais cliniques sur cette maladie en ce moment, personne ne se serait précipité pour tester ce traitement, et ce exactement selon les recommandation du Professeur, pour d’obscures raisons. Vous êtes libre de croire ça.

          Je propose quant à moi une explication plus parcimonieuse, qui est qu’il y a de bonnes raisons pour que ça n’ait pas été fait. En premier, le caractère anecdotique et douteux des données apportées par Didier Raoult à l’appui de ses préconisations fait que les autres équipes n’ont pas eu de bonne raison de se précipiter sur cette piste, toutes affaires cessantes.

          Si Didier Raoult avait daigné faire un tout petit effort de rigueur, ou même seulement mettre à disposition ses données brutes pour que d’autres puissent les analyser, on saurait déjà ce qu’il en est. Mais son objectif n’est pas de participer à l’effort collectif de recherche visant à trouver une solution. Monsieur préfère la jouer perso.

          1. Bonjour Madame,

            Malheureusement je ne vous rejoint pas. La situation est grave sur le plan sanitaire et économique je ne vous apprends rien, et pas seulement en France.

            Nous avons un professeur français qui prétend avoir trouvé la martingale et dit ne jamais avoir voulu s’inscrire dans la rigueur méthodologique (ça c’est clair). Le problème est qu’il n’anime pas une officine de quartier mais un centre relativement significatif dans le paysage.

            Le gouvernement (je pense que cela lui sera énormément reproché et beaucoup que les masques, les élections ou autre) pouvait commandé une étude “propre”. Il est compréhensible que l’on ne peut pas engager de telles dépenses chaque fois que quelqu’un a une idée. Mais l’épaisseur de centre pouvait le justifier (davantage qu’une visite médiatique à Marseille).

            Ensuite plusieurs choses:
            – soit on décide en conscience de ne pas essayer ce protocole, car on ne sent pas le type DR (lourde responsabilité)
            – soit on le fait, mais j’ai du mal à trouver les résultats (pourtant mêmes des non-médecins savent interpréter des statistiques en France croyez-moi)
            – soit on le fait, les résultats ne sont pas probants et pire DR a menti ou manipulé des données ou je ne sais pas quoi. Et dans ce cas, on se demande comment il est encore en poste. Là en effet on doit enquêter pour savoir comment une telle malhonnêteté est possible à ce niveau de responsabilité.

            Donc, là est la vrai faillite Madame. Mais même si un blog calomnieux comme le votre peut aider à faire avancer le débat, la vérité est que plusieurs personnes (je ne pense pas être le seul) attendaient autre chose qu’une empoignade sur fond de rivalité d’expert.

            Un professeur français a lancé un pavé dans la mare. On peut le déplorer mais c’est comme ça. Son protocole est sur la table depuis longtemps maintenant (certes il a un peu tâtonné au début, pensé que l’épidémie ne serait pas grave, même si exactement au même moment il sortait une vidéo disant qu’un jour un virus pulmonaire ferait de dégâts).

            Voilà ce qui entretient le climat de suspicion. Certes cela coûte de l’argent, il faut du temps mais in fine on a passé plus de temps à critiquer qu’à agir. Il y a les pour les contres. Pourquoi ne pas trancher ? Cela aurait pu être fait ailleurs dans le monde vous le dites. Je vous parle de la France. Le professeur est français, le centre est en France. Il joue perso certes, mais en est-on encore à un moment de l’histoire où l’on doit pinailler ?

            Lui prétend soigner. La méthode c’est pour les autres. Qu’à cela ne tienne. Lançons une étude. Nous n’avons pas lancé d’étude car le type est un peu burlesque (pour ne pas dire plus) ? C’est ça que vous dites ? Quelle responsabilité devant des millions de gens ! Burlesque, incompétent et malhonnête mais toujours en poste, et pas dans la pharmacie du coin (quelle responsabilité que de dire tout et le contraire et là je ne parle pas de vous). Il arrive un moment où on ne pas gagner quel que soit le tirage. Il faut assumer. DR est un menteur et un tricheur. Soit. Et donc…? J’entends bien que vous n’êtes pas aux Responsabilités. Mais si des gens pensent comme vous je suis effrayé. Vous allez me dire, ce n’est pas ce que je pense, DR doit partir. Mais ce que je vous dis c’est que chaque jour qui passe j’attends : on assume devant clairement devant des français qu’on ne lance pas d’étude ? On lance ? On assume devant des français que DR est un manipulateur ?

            Aucun des trois ? Très bien. On sera certainement amenés à en reparler.

            En outre, explication que vous donnez que les équipes de recherche ne doivent pas tout interrompre pour tester un protocole plus qu’un autre ne tient pas. Dans le cas présent, une fois encore on parle d’une centre de renom. S’il est animé par des escrocs alors il est également temps que ça se sache. Donc dans tous les cas la passivité n’a rien eu de bon.

            Du reste, l’impression qui en ressort dans le grand public c’est que plus le temps avance plus on a intérêt à foudroyer l’intéressé. Imaginez si une telle étude était lancée et divulguée et qu’elle ait un tant soit peu de résultats positifs. Nous serions devant un scandale peut être jamais connu dans la France moderne. Le monde de la médecine et le monde politique devrait rendre des comptes. Donc les destins sont liés, il faut désormais tenir la position jusqu’au bout quoiqu’il en coûte.

            Le complotisme c’est la carte que l’on joue quand on est à court d’argument. Pour vaincre le complotisme, le bon remède est l’action et la transparence dans l’action. La calomnie et le débat d’expert entretiennent l’idée que le jeu se joue entre initiés. On a testé sur 3000 personnes. Ca ne marche pas. Bien, maintenant l’opinion sera disposée à régler les comptes, surtout si avec le temps on démontre qu’il y a eu fraude (mais pas par un quidam, malgré tout le respect que je vous porte). Ce genre de pratiques (de papiers d’opinion pour dénoncer une pratique) s’entendent toutes choses égales par ailleurs. Mais en ce moment, nous ne sommes pas toutes choses égales par ailleurs. Sur un simple sujet de coin de table.

            Voilà ce qui cloche Madame. Après que chacun donne son avis (et vous le faites avec beaucoup de recherches), cela ne fait que renforcer l’idée générale qu’il y a une embrouille. Quiconque aurait voulu vérifier à haut niveau cette démarche l’aurait fait (modulo temps et argent nous sommes d’accord).

            Pire encore comme vous le faite est de se défausser. Ceci dit, je vois bien des politiciens pouvoir faire encore mieux que vous dans ce domaine. Le pathétique Olivier Véran n’a-t-il pas conseillé à l’Assemblée de se pencher sur les dernières études chinoises. Mais bon sang c’est à lui qu’on parle (il est risible ce Monsieur). Après tout pourquoi aurait-il appartenu à la France de le faire ? Mais oui pourquoi ? Précisément car cette affirmation de traitement vient de France pardi.

            Voilà des semaines de palabres, d’invectives à décrédibiliser les uns et les autres. Faute de savoir prendre une décision. Ce qui est certain, c’est que la médecine française n’en sortira pas grandie auprès du public. Cela fait froid dans le dos. Un savoir-faire, des gens biens formés, des gens dévoués, un certain équipement. Mais des élites incapables de canaliser tout cela, médicales comme politiques. On préfère railler le travail de l’autre. “Si DR avait daigné…” Vous le dites en plus. Waow ! Nous n’avons pas lancé d’étude car le chevelu n’a pas fait ce qu’il fallait ? Qu’on passe plus de temps à chercher les failles dans son approches plutôt que de lancer une analyse?

            Je vous en prie Madame… Enfin vous, vous pouvez vous permettre de le dire, mais j’espère vivement que vous êtes un électron libre et qu’en haut lieu on ne pense surtout pas pareil. Car là ce serait très très très très grave. Vous voyez dans une entreprise digne de ce nom, nous ne sommes plus au moyen-âge. Les idées peuvent venir de la base ou d’un chercheur-fou. Le rôle du management va être de reprendre l’idée et de la faire travailler par des gens compétents et avec des regards différents. Si vous pensez que c’est ce qui a été fait sérieusement en France, nous sommes plusieurs à en douter. On a entendu, vu et lu beaucoup de choses, ça on ne peut pas le nier. Pour le reste…

            Quelle image le personnel de Marseille doit-il avoir? Moi je serais écœuré. Des gens qui ont pris des risques, qui se sont levés tôt. Qui n’ont pas compté les heures. Pour entendre qu’ils sont gouvernés par un truand. Sans doute. Mais que fait la police alors ?

            Vous vous avez réagi, c’est certain et on peut vous le reconnaître. Mais de grâce ne prenez pas sur vos épaules l’inaction politique et médicale. Là cela va trop loin. Encore une fois le zéro-décision ne permet pas de gagner dans toutes les situations. Cela permet juste de noyer le poisson. Là est d’ailleurs le terreau du complotisme.

            A l’image de la France. Les dépenses de santé sont relativement fortes ou en phase par rapport aux pays voisins comparables. Mais un hôpital déliquescent, la faute à trop de bureaucratie, le soin apportés aux étrangers avec des regroupements familiaux opportunistes (qui dépassent l’anecdote et ont un vrai effet macro-économique sur le système désolé de vous le dire) et un peu de 35 heures. Et toujours ces mêmes difficultés à prendre des décisions.

            1. Bonjour,

              il faut s”apaiser rapidement car bientôt 100 études sur la chloroquine seront en cours dans le monde. Il va y avoir des milliers de malades dans des études cliniques aux USA.

              La médecine ne se fait pas sur YouTube ou dropbox comme à l’IHU de Marseille, mais suit des méthodes dont l’objectif est de protéger les malades : il faut montrer l’efficacité, avec les bonnes doses, et la bonne tolérance. Vous savez qu’il y a déjà des morts sous chloroquine, et c’est regrettable (surtout si cela ne marche pas).
              Pourquoi, le Dr Raoult n’a pas envoyé ses données à l’Agence du médicament qui aurait autorisé le médicament ? Parce que ses méthodes n’ont AUCUNE rigueur. Il est amoureux de ses hypothèses… Cela ne suffit pas.

              Le calme est utile pour travailler correctement, et les résultats des études de qualité vont arriver…

              Merci de garder votre calme, et de tout simplement relire Claude Bernard https://www.redactionmedicale.fr/2020/04/covid-19-claude-bernard-sadresse-aux-bobologues-aux-druides-de-marseille-anciens-ministres-et-%C3%A0-d-tr.html

              Mme O Fillod, que je ne connais pas, a fait un travail REMARQUABLE. Lisez tranquillement ce qu’elle dit. Je respecte vos croyances, mais Mmr Fillod apporte des connaissances !
              Cordialement

            2. Certes, il dirige un gros institut et produit un nombre impressionnant d’articles scientifiques chaque année, ce qui lui avait d’ailleurs valu d’être repéré en 2018 par John Ioannidis (un chercheur qui fait de la recherche sur la recherche en sciences biomédicales et documente les dysfonctionnements de la production de la littérature dans ce domaine) comme faisant partie de ces chercheurs bien trop prolifiques pour à la fois être véritablement co-auteurs des papiers qu’ils signent et publier des papiers de qualité (voir dans les données supplémentaires en ligne de http://www.nature.com/articles/d41586-018-06185-8).

              Mais ce n’est heureusement pas ça qui compte pour prendre des décisions qui doivent être fondées sur des données scientifiques. Ce que vous appelez “l’épaissseur” de l’IHU Méditerranée n’a aucune importance, d’autant plus que l’équipe de Didier Raoult n’est pas spécialement réputée dans le domaine concerné, à savoir la mise au point de traitements contre des infections virales et encore moins les essais cliniques. Il croit depuis longtemps à l’idée de recycler la chloroquine et l’hydroxychloroquine à cet usage (voir cet article de 2007 : https://doi.org/10.1016/j.ijantimicag.2007.05.015), c’est tout – et ça n’a jamais marché jusqu’à maintenant.

              Vous faites de cette histoire une question de personne, mais c’est une invention. Ce n’est pas parce qu’ “on ne sent pas le type DR” ni parce qu’il est “un peu burlesque”, mais parce que ses suggestions sont extrêmement mal fondées, qu’on ne s’est pas jeté dessus pour les essayer. Mais il a fait tant de bruit qu’il a convaincu de le faire, et des essais sont en cours (pas qu’en France) pour tester l’association H+A. J’en avais recensé plusieurs dans ce post fait le 7 avril, et il y a eu du nouveau depuis en France notamment : http://www.facebook.com/OdileFillod/posts/2660924004035899.
              Donc on finira bien par avoir le fin mot de l’histoire.

              Pour moi, quels que soient les résultats de ces essais, ça ne devrait rien changer à la nécessité d’enquêter sur ses agissements et de sanctionner ce qui doit l’être. Ce n’est pas que la traitement marche* ou pas qui rendra son action passée conforme à l’éthique scientifique et médicale ou non. *Rem : on a déjà assez d’éléments pour savoir que ça ne peut en aucun cas être le traitement miracle qu’il a prétendu.

              On s’en fiche complètement qu’il soit français.
              Personne ne pinaille. Tout le monde souhaite ardemment trouver un remède.
              Il n’y a pas de “querelles d’experts” ou “d’égo” qui font qu’on refuse son traitement. C’est une pure invention, c’est le story telling de l’IHU Méditerranée, ça, ce n’est pas la réalité.

              Vous dites “plus le temps avance plus on a intérêt à foudroyer l’intéressé. Imaginez si une telle étude était lancée et divulguée et qu’elle ait un tant soit peu de résultats positifs. Nous serions devant un scandale peut être jamais connu dans la France moderne. Le monde de la médecine et le monde politique devrait rendre des comptes. Donc les destins sont liés, il faut désormais tenir la position jusqu’au bout quoiqu’il en coûte.” : c’est une théorie complotiste de bout en bout, et pour la maintenir vous allez être obligé d’imaginer que ce complot est mondial puisqu’encore une fois, la recherche est internationale. Ca ne tient pas debout.

              Et vous parlez de “zéro-décision” ou de “difficultés à prendre des décisions” alors que le gouvernement a pris celle d’interdire l’usage de l’hydroxychloroquine hors AMM par les médecins de ville, ce qui lui est justement reproché. Il faudrait savoir… bref.

              1. Bonjour Madame,

                Là franchement je ne vous comprend plus du tout dans votre avant-dernier paragraphe (“Complotiste de bout en bout”). Ce que je vous décrit est humain et non théorique.

                Prenons le problème à l’envers. Si demain un étude sérieuse montre que le traitement de DR est inefficace, il passera pour qui? Donc aujourd’hui il est condamné à insister dans son affirmation, il est allé trop loin. Evidemment, il trouvera une porte de sortie en disant qu’il a agit dans l’urgence, associé des médicaments qui lui semblaient faire du sens, inoffensifs car déjà énormément prescris etc. etc. (enfin ce qu’il dit déjà du reste). Et il retournera sa veste, ‘n disant “tant mieux”, les méthodes sont justement là pour prendre du recul, qu’il ne fait pas le même métier.

                Ce que je vous dit, c’est que si demain une étude (double aveugle, randomisée etc etc) montrait que HCL + AZYT au dosage de DR dès l’apparition des symptômes conduisait moins de gens en réanimation (de tous âges) que sans le traitement, oui nous avons un gros problème en France. Surtout si ce n’est pas une étude française qui le montre.

                Là l’opinion sera féroce et ne protégera personne. On vous parlera de la France droit dans les yeux. Ce que je dis des gens le savent. Vous croyez que leur tentation n’est pas de se protéger. C’est mal connaître l’être humain, je le crains. Et plus le temps passe, plus des gens doivent serrer les fesses (passez-moi l’expression). Difficile dans ce contexte de supposer qu’ils aient envie de lancer une recherche, dont ils auraient très peur des résultats. Et pourtant, justement pour calmer la rumeur complotiste, c’est bien ce qu’il aurait fallu faire.

                Je ne vois pas ce qui est complotiste de bout en bout à dire cela. Je ne comprends plus le mot, j’ai l’impression qu’il est utilisé à tort et à travers. Je vous parle de réaction humaine là, et bien légitime. Et d’une responsabilité Historique de certains décideurs.

                Vous n’êtes absolument pas en cause dans ce message, il n’est pas question de vous, vous le voyez bien.

                Bien cordialement,

                1. Ah, d’accord. C’est moi qui ne vous avais pas compris dans ce cas. Je réagissais à ce passage de votre commentaire : “Imaginez si une telle étude était lancée et divulguée et qu’elle ait un tant soit peu de résultats positifs. Nous serions devant un scandale peut être jamais connu dans la France moderne. Le monde de la médecine et le monde politique devrait rendre des comptes. Donc les destins sont liés, il faut désormais tenir la position jusqu’au bout quoiqu’il en coûte » : je croyais que vous sous-entendiez que l’ensemble du monde politique et médical empêchait de lancer un essai du protocole de Raoult de peur que cela risque de confirmer ses dires, et que tout ce monde-là tiendrait coûte que coûte cette position.

                  Si votre point est que Raoult s’est tellement avancé que maintenant il est en quelque sorte “condamné” à insister dans son affirmation, là je suis d’accord compte tenu de ses manières de faire : ne jamais reconnaître ses erreurs, et quand il a dit une énormité contredite pas les faits, continuer à l’affirmer, un peu à la façon de Trump.

                  Si d’aventure il était montré que son protocole a une certaine efficacité, malheureusement beaucoup de gens en déduiront qu’on a eu tort de ne pas l’écouter, je ne le sais que trop bien : c’est ce que j’écris dans le dernier paragraphe de mon billet. Et pourtant quoi qu’il arrive, on aura eu raison de ne pas l’écouter au vu de ce qu’il a mis sur la table pour étayer sa préconisation… Mais je vois bien qu’énormément de gens ne comprennent pas ça.

                  Ce que vous dites à la fin de votre commentaire relève pour moi clairement d’une théorie du complot : si je comprends bien, selon vous “ils” ne lancent pas de recherches (et empêchent toutes les équipes de recherche françaises de faire un essai du protocole Raoult) parce qu'”ils” ont trop peur des résultats. Ca me paraît difficilement compatible avec le fait qu’un test dudit protocole a été lancé au CHU de Montpellier début avril : https://www.midilibre.fr/2020/04/10/coronavirus-le-chu-de-montpellier-lance-un-essai-sur-lhydroxychloroquine,8841460.php

              2. Madame,

                J’ai aussi l’impression que ce que l’on reproche à DR (et notamment par vos réponses) est autant de la forme (YouTube, la non-mise à disposition des données etc) que du fond. Certes je conçois bien que la forme (et tout ce qui va avec comme la déontologie) est importante dans ce métier. Ou alors est-ce la forme du fond. Mais là peu de concitoyens peuvent suivre ces subtilités.

                Pour désamorcer le complotisme, certains dont je fais partie auraient bien aimé voir que l’on puisse passer outre ces querelles de forme pour se concentre sur le fond. Car la polarisation sur la forme laisse penser que ce sont des querelles d’égo, et même s’il n’a échappé à personne que DR en a lui aussi un assez gros (égo).

                Lancer une étude française à grande échelle pour vérifier les dires du Docteur auraient été beaucoup plus efficace que tout le reste pour faire taire toute rumeur. L’occasion était même rêvée. On s’est pris les pieds dans le tapis au plus haut niveau en maintenant une polémique sur la forme (j’ai bien compris que je caricature un peu votre pensée qui va au-delà de la forme, mais je vous parle de la perception des gens versus une étude objective, puisque votre étude se veut aller sur le terrain du complotisme).

                Bien cordialement,

                1. Vraiment, si vous ne comprenez pas que ce ne sont pas des reproches sur la forme mais sur le fond, je ne sais pas quoi vous dire. Y compris mes réponses aux commentaires en plus… Ca par exemple, c’est de la forme et pas du fond selon vous : http://allodoxia.odilefillod.fr/2020/04/26/je-ne-suis-pas-complotiste-mais-a-propos-de-laffaire-raoult/#comment-6505 ?

                  En effet il semble que peu de personnes soient capables de comprendre certaines subtilités, et comme c’est là que réside tout le fond de l’affaire, les autres en restent à leur impression qu’il n’y a là que querelles d’égo, pinaillages de forme, vaines polémiques ou autres choses semblant si incompréhensibles dans le contexte de l’urgence sanitaire qu’elles en viennent à adhérer à des théories du complot. Face à cette difficulté, je m’avoue vaincue.

        1. Les commentaires postés sur mon blog sont modérés, c’est-à-dire qu’ils sont enregistrés dans une file d’attente et ne sont pas mis en ligne tant que je ne les valide pas. Et comme je ne suis pas 24h/24h devant mon écran ni n’ai que ça à faire, ça peut prendre plusieurs heures – voire plusieurs jours (cf la page “à propos”). Pour info, environ 10 commentaires de spam sont postés chaque jour : pubs pour des sites pornographiques pour l’essentiel, et sinon bcp de pubs de site web vendant du vrai/faux viagra ou assimilé, mais qui depuis un mois sont devenues des pubs pour la vente de chloroquine, hydroxychloroquine et/ou azithromycine. J’ai installé un module qui les repère mais n’ai pas activé la fonction de suppression automatique car je me suis rendu compte qu’il classait parfois en spam des commentaires qui ne l’étaient pas.

          1. Bonjour Madame
            J’exerce une spécialité médicale, la dermatologie, où la prescription médicale hors AMM est souvent la règle. En effet on utilise des molécules anciennes peu coûteuses sur des maladies rares qui n’intéressent pas les laboratoires pour financer un dossier d’AMM.
            Notre spécialité serait orpheline de traitements, si on attendait pour prescrire l’AMM !
            L’ancienneté d’une molécule et le recul de sa prescription sur des millions de patients sur de nombreuses années est une bien meilleure garantie de sécurité pour le patient qu’une AMM. Le Mediator ou le Thalidomide avaient une AMM.
            En outre je prescrit , depuis 20 ans, l’hydroxychloroquine à la même posologie que le protocole du Professeur Raoult dans une maladie de système le Lupus sur des durées de traitement très longues, plusieurs années, y compris chez la femme enceinte, sans jamais avoir observé de complications iatrogènes. Je prescrit aussi en toute sécurité , hors AMM, l’hydroxychloroquine dans la lucite estivale bénigne et les engelures sévères avec une belle efficacité.
            Dans le lupus en cas d’inefficacité de l’hydroxychloroquine , j’utilise la colchicine, hors AMM toujours, avec un bénéfice très important pour ces patients réfractaires.
            Mon expérience empirique de clinicien et la sécurité d’une molécule ancienne validée par son usage depuis de nombreuses années prime sur l’AMM .
            Une molécule récente, même avec une AMM , est toujours beaucoup plus dangereuse à utiliser.
            Personnellement j’attends toujours 5 ans , pour prescrire une nouvelle molécule après l’AMM .
            Dans le psoriasis, par exemple, je n’ai encore jamais prescrit une bio-thérapie, je continue à prescrire le bon vieux soriatane qui a fait ses preuves.
            Face à un patient infecté par le covid 19 on a le choix entre ne rien faire , de lui dire restez chez vous, avec le risque d’une évolution mortelle de 5 à 10 % des cas dans les 3 semaines, ou bien lui prescrire les 2 molécules du protocole du Professeur Raoult, dont la sécurité d’utilisation est prouvée depuis de très nombreuses années, qui sont les seules molécules à avoir démontrées une efficacité in vitro sur le coronavirus ( avec en plus maintenant l’ivermectine et la doxycycline) .
            Je considère que de ne pas donner ce traitement est une perte de chance grave pour le patient et que le risque est inexistant.
            Les résultats d’une étude randomisée double aveugle versus placebo arriveront après la bataille.
            Le décret interdisant la prescription ambulatoire de l’hydroxychloroquine dans les formes débutantes de covid 19 est une infamie unique dans l’histoire de la médecine digne d’un régime totalitaire. Le pétainisme est de retour .
            Dr Wolf François
            Dermatologue

            1. Merci pour avoir publier mon commentaire,
              La polémique sur l’hydroxychloroquine me rappelle une histoire identique dans les années 2000 au sujet de l’ivermectine dans le traitement de la gale.
              L’ivermectine était une molécule ancienne, prescrite depuis très longtemps, largement, en Afrique dans l’onchocercose ( cécité des rivières) une maladie provoquée par un ver. On a découvert son efficacité dans la gale , il y a eu une polémique incroyable sur les risques cardiaques à utiliser cette molécule en Occident, l’expérience de sécurité africaine ne comptait pas , le traitement était si simple 4 cps en 1 prise que ce n’était pas possible ( revue prescrire ect .. ) on risquait la catastrophe sanitaire à prescrire le traitement sans AMM. Cela a duré plusieurs années. Les malades guérissaient tous mais sans étude randomisée double aveugle versus placebo, sans AMM , on ne traitait pas. Le traitement est maintenant le traitement de référence de la gale y compris chez les personnes âgées. On a eu le temps de la polémique la gale n’était pas une maladie mortelle, avec le covid 19 c’est différent. Ça va très vite ça tue beaucoup et puis ça disparaît.
              10 ans après, rebelote avec les poux ! Les poux sont résistants à tout , l’ivermectine est efficace sur les poux mais il n’y a pas d’AMM ni étude, alors on ne prescrit pas l’ivermectine ! Chez l’enfant trop dangereux ! Sans tenir compte de la bonne tolérance du traitement en Afrique chez les enfants.
              Actuellement l’ivermectine a une indication dans la prévention du paludisme, elle ne tue pas le parasite mais le moustique et donc le parasite.
              Une équipe australienne a démontré récemment une efficacité in vitro de l’ivermectine sur le covid 19 , ou lala attention !!! aux risques cardiaques, il n’y a pas d’AMM !
              L’usage du placebo dans les essais cliniques sur une maladie grave , alors qu’il existe une alternative sûre et peu coûteuse n’est pas défendable.
              Je trouve par exemple très discutable sur le plan éthique la randomisation contre placebo du tocizilumab par une équipe parisienne dans le traitement préventif du choc cytokinique lié au covid 19 . Il s’agit déjà d’un traitement de référence dans cette indication publié par les hématologues en 2019 !
              Tout les patients à risque devraient en bénéficier !
              Éthique de traitement contre éthique de recherche.
              Ce qui fait la force du Professeur Raoult c’est son côté généraliste, il est microbiologiste, il est aussi à l’aise avec les parasites, les bactéries, ou les virus .
              Il n’est rattaché à aucune chapelle, il traite la maladie de Wipple , dont il a découvert la bactérie, par un antipaludéen l’hydroxychloroquine , mais aussi la fièvre Q .
              Alors traiter une maladie virale par un anti parasitaire ou un antibiotique ne lui pose aucun problème de dogme.
              Avec la pratique de vieilles molécules peu coûteuses il reste totalement indépendant des laboratoires, un vrai grand médecin, chapeau !
              Dr Wolf François
              Dermatologue

              1. “Il n’est rattaché à aucune chapelle” : je le trouve quant à moi très attaché à la chapelle de la chloroquine et l’hydroxychloroquine, molecules en lesquelles il a une véritable foi exprimée de longue date. Voir cet article de 2007 : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17629679

                Malheureusement, ça n’a jusqu’à maintenant jamais marché contre un virus. Peut-être aura-t-il plus de chance cette fois-ci mais ça m’a l’air bien mal parti.

            2. Bonjour Monsieur,

              Je comprends bien qu’il puisse être difficile pour un médecin de ne pas être en mesure d’aider ses patients, mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi.

              Ce n’est pas parce qu’on connaît ces molécules depuis de nombreuses années qu’on peut en déduire que prescrire les 2 ensemble à des patients atteints de Covid-19 ne pose aucun problème de sécurité.

              Vous considérez que ne pas donner ce traitement est une perte de chance grave pour le patient et que le risque est inexistant, fort bien, mais ni le Collège national de enseignants généralistes (www.cnge.fr/conseil_scientifique/productions_du_conseil_scientifique/covid_19_y_t_il_une_place_pour_lhydroxychloroquine/), ni la revue Prescrire (www.prescrire.org/Fr/203/1845/58635/0/PositionDetails.aspx), ni tant d’autres que j’ai cités et d’autres encore ne sont de votre avis.

              L’efficacité in vitro ne permet absolument pas de préjuger de l’efficacité in vivo. A ce compte-là, je vous suggère de faire boire de l’eau savonneuse ou du gel hydro-alcoolique à vos patients : c’est très efficace aussi in vitro.

              Par ailleurs, sans doute est-il frustrant ou vexant pour un médecin de se voir interdire par décret de prescrire librement, en assumant ses responsabilités. Quant à moi, je suis parfaitement à l’aise avec l’idée que la toute- puissance des médecins puisse être bridée si nécessaire – et je ne vois pas le rapport avec le pétainisme.

              1. Le collège des enseignants généralistes n’est pas une référence scientifique en maladie infectieuse . Le Professeur Bricaire et le Professeur Gentilini tout deux membres de l’académie de médecine, sont des spécialistes reconnus dans le monde entier pour les maladies infectieuses, ils sont signataires de la pétition de douste blasy et défendent le traitement du Professeur Raoult .
                Je n’accorde pas le même crédit scientifique aux enseignants généralistes non qualifiés en maladie infectieuse.
                L’efficacité in vitro est un préalable indispensable en maladie infectieuse pour lancer un traitement et une étude chez l’homme. Cela peut ne pas être confirmé in vivo mais c’est toujours le point de départ. Vous confondez efficacité in vitro ou l’on teste les molécules sur des cellules humaines en culture infectées par le virus et efficacité pour la désinfection des surfaces inertes ou cutanées, je ne suis pas Trump et votre propos est populiste, vous décrédibilisez la contradiction en racontant une ineptie.
                Oui le décret anti plaquenil a fait basculer notre pays dans une dérive totalitaire petainiste . Un patient n’a plus la liberté de se traiter en connaissant les risques si il le souhaite c’est extrêmement grave . Ce n’est pas la liberté de prescrire qui est en cause mais la liberté de se traiter .
                L’homéopathie n’a pas été interdite par le gouvernement et pourtant elle n’a jamais prouvé une efficacité supérieure au placebo .
                Dr wolf françois
                Dermatologue

                1. J’ai mis en avant ces deux exemples (CNEG et revue Prescrire) parce qu’ils sont proches du terrain et non soupçonnables d’être à la botte de big pharma ou du gouvernement, pas parce qu’il s’agissait de références scientifiques.

                  Vous préférez vous fier à l’avis de François Bricaire et Marc Gentilini et mettez en avant le fait qu’ils sont membres de l’académie de médecine et spécialistes des maladies infectieuses, mais :
                  – l’académie de médecine a émis le 26 mars (conjointement avec celle de pharmacie) un communiqué sur ce sujet dans lequel elle recommande d’attendre le résultat de l’essai Discovery, et elle ne s’est pas prononcé contre la décision du gouvernement d’empêcher les médecins de ville de prescrire de l’HCQ aux patients Covid-19,
                  – ce sont des opinions de praticiens, pas des références scientifiques (en outre plutôt spécialistes en parasitologie si je ne m’abuse).

                  Les références scientifiques sont des publications dans des revues scientifiques, comme cet article par exemple, qui (parmi d’autres) rappelle la dangerosité du traitement, la faiblesse des données en faveur de l’hypothèse qu’il est efficace, les échecs passés de l’hydroxychloroquine contre d’autres virus, le caractère parfaitement éthique d’un essai contrôlé randomisé contre placebo dans un cas comme celui-ci où la létalité est faible et où c’est l’hydroxychloroquine plutôt que le placebo qui pourrait être une perte de chance pour les patients… : http://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fmed.2020.00184/full.

                  Je vous dis que l’efficacité in vitro n’est pas une condition suffisante, et vous me répondez que c’est une condition nécessaire : il y a là un petit problème de logique.

                  Désolée pour la boutade sur l’eau savonneuse.

                  La “liberté de se traiter” des patients que vous invoquez n’existe pas. Ou alors par cohérence, vous devriez militer pour la suppression du processus d’AMM car cela restreint de manière scandaleuse ladite liberté.

                  L’homéopathie n’a pas été interdite car elle n’a aucune toxicité et ne pose de manière générale aucun des problèmes posés par la libéralisation de l’usage de l’HCQ contre le Covid-19 dans le contexte bien spécifique actuel.

                  Enfin et surtout, je tiens à souligner que ce n’est pas le sujet de mon billet, en fait. Pas du tout, si vous le relisez. J’aimerais donc bien mettre un terme à cette discussion.

                  1. Je préfère avoir tort avec le Professeur Raoult que raison avec les ayatollahs Robespierriens de l’essai clinique .
                    Il y a une urgence sanitaire et une majorité de médecins en France rigolent avec moi de votre petite masturbation intellectuelle stérile.
                    Ce qui est plus grave
                    C’est d’avoir totalement désarmé les soldats de première ligne pour reprendre la terminologie guerrière et pétainiste de Macron .
                    Dr Wolf françois
                    Dermatologue

                  2. Le groupe contrôle ici c’est les patients du monde entier en même temps.
                    Comparons la mortalité des pays qui ont généralisé la prescription du traitement du Professeur Raoult très tôt le Portugal, Israël, le Sénégal ect .. aux autres pays si vous êtes curieuse allez voir les résultats ils sont très intéressant pour ne prendre que le Portugal 900 morts !

                    1. Je suis plus que curieuse cher monsieur : depuis le 21 mars je mets à jour quotidiennement un post FB avec plusieurs graphiques montrant l’évolution du nombre de décès attribués au Covid-19 déclarés par les autorités de quelques pays (https://www.facebook.com/OdileFillod/posts/2624932874301679).
                      Il contient par exemple ce graphique (J59 = 29 avril) : http://allodoxia.odilefillod.fr/wp-content/uploads/2020/04/Covid_0429_cal%C3%A9-per-capita.png.
                      Vous y verrez notamment l’Italie et l’Espagne, pays à propos desquels Didier Raoult a dit dans sa vidéo du 8 avril, vantant son approche et son traitement en particulier : “c’est ce qui se passe en Italie et en Espagne, où ils ont commencé à tester de manière massive ET A TRAITER, et on voit les courbes s’infléchir très, très rapidement, et en Italie, et en Espagne”. Bof, ce n’est pas ce que je vois, moi, et surtout la potion magique de Raoult n’est pas à ce que je sache devenu le traitement standard dans ces deux pays. Et en Belgique où de nombreux hôpitaux ont utilisé son traitement pendant un temps, la situation n’est pas brillante non plus (sans doute parce que nombre d’entre eux ont arrêté d’administrer la potion magique au vu des résultats : ils auraient dû persévérer je suppose).

                      La comparaison entre pays du nombre de décès à une date donnée (sans tenir compte du décalage entre eux dans le démarrage de l’épidémie) et en valeur absolue (sans tenir compte du nombre d’habitants dans le pays) n’a aucun sens.

                      Pour ce qui est du Sénégal, la pyramide des âges est incomparable avec celle des pays européens, or cela a une influence considérable sur le taux de létalité global.

                      Pour Israël, je serais curieuse de connaître la source de votre information selon laquelle “la prescription du Professeur Raoult” (H+A) y a été “généralisée”, et ce “très tôt”. J’ai bien vu que l’IHU Méditerranée avait inclus Israël dans sa communication sur les pays où “l’hydroxychloroquine est recommandée”, ce qui est déjà différent de ce que vous prétendez, mais la source donnée par l’IHU ne soutient même pas cette affirmation plus modeste : il s’agit de https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1585735706-israel-coronavirus-2-millions-de-doses-d-hydroxychloroquine-offertes-par-teva-au-ministere-de-la-sante, qui fait seulement état d’un don de doses d’hydroxychloroquine par Teva au ministère de la santé israélien.

                      Pour le Portugal, qui est également colorié en rouge sur la carte de https://www.mediterranee-infection.com/coronavirus-pays-ou-lhydroxychloroquine-est-recommandee/, c’est encore mieux : il n’y a pas de source du tout. J’attends la vôtre. Rem : le Portugual se distingue surtout par le fait que des mesures de confinement strictes y ont été prises très tôt.

                    2. Vous voudriez qu’on vous prenne au sérieux, mais votre argumentation est d’une faiblesse insigne et à peine croyable de la part d’un médecin. Non seulement il n’y a aucun élément sérieux pouvant étayer votre affirmation que ces pays “ont généralisé la prescription de Raoult” mais même si c’était le cas, cela ne prouverait absolument rien, car l’impact du virus selon les pays – en admettant qu’il existe un critère commun et pertinent pour le mesurer – a une explication multifactorielle. Corrélation n’est pas causalité, comme même mon écolier de fils le sait.

                    3. Cher Collègue,

                      merci pour vos croyances, mais les connaissances ne peuvent découler que d’études correctement faites. Ne confondons pas opinions et faits !

                      Il existe des Agences de santé dans la plupart des pays développés, et ces Agences sont vigilantes. Si elles avaient eu des données de qualité, avec des méthodes d’observation et d’analyse reproductibles, l’autorisation de mise sur le marché aurait été donnée. Le Dr Raoult n’a pas transmis ces données à des experts indépendants pour ré-analyse… C’est plutôt gênant, car s’il était certain de ses données sources, elles seraient disponibles : c’est l’une des 14 responsabilités de la déclaration de Singapour sur l’intégrité de la recherche. https://www.inserm.fr/sites/default/files/2017-08/Inserm_declarationSingapourIntegriteRecherche_2010.pdf

                      Les bonnes méthodes de recherche évitent aussi les accidents car la balance bénéfices/risques doit être évaluée.

                      Traiter une maladie qui guérit spontanément dans de nombreux cas est difficile, en dehors des formes sévères… Je vous suggère de relire les cours de lecture critique de la littérature qui sont enseignés en facultés de médecine.
                      Il n’y a pas qu’avec la chloroquine que nous observons des erreurs de raisonnement ! Je souhaite que des médicaments soient utiles.

                      Avec mes sentiments les meilleurs,

                    4. On fera les comptes après la fin de l’épidémie mais en attendant rien ne justifie l’interdiction de la prescription de l’hydroxychloroquine , ce médicament n’est pas plus dangereux que le paracetamol pourtant en vente libre , il a une marge thérapeutique étroite , il est donc indispensable de respecter la posologie prescrite par le médecin.
                      L’interdiction à un effet pervers, elle encourage l’automédication et le risque de dépasser
                      la dose thérapeutique.
                      La cohorte de 3000 patients du Professeur Raoult traités par l’association hydroxychloroquine azithromicine, suivi par un service de cardiologie, confirme la très bonne tolérance du traitement mais ce n’est une surprise pour personne.
                      Il n’y a aucun risque à prendre le traitement pour 15 jours pour rien ,
                      Le bénéfice potentiel est largement supérieur au risque inexistant.
                      Personnellement je n’attendrai pas d’être sous 3 litres d’oxygène pour me traiter.
                      Merci
                      Pour votre ouverture d’esprit et bonne chance

                    5. Je répond à tocqvil et Maisonneuve
                      7 % de mortalité dans le monde pour les patients infectés par le covid est un fait pas une opinion.
                      Considérer une épidémie bénigne avec une mortalité à 7 % est une opinion pas un fait .
                      0,4 % de mortalité dans la cohorte traitée de 3200 patients du prof Raoult est un fait pas une opinion.
                      L’innocuité du traitement est un fait pas une opinion.
                      L’efficacité in vitro est un fait pas une opinion.

                    6. Le taux de mortalité estimé par l’étude la plus sérieuse publiée à ce jour (www.thelancet.com/pdfs/journals/laninf/PIIS1473-3099(20)30243-7.pdf), pour une pyramide d’âges donnée prise comme référence, est de 1.38 % pour les cas confirmés et de 0.66 % pour les personnes infectées. Je suis curieuse de connaître la source de votre affirmation qu’il y a 7 % de mortalité pour les patients infectés.

                      Ce taux de mortalité varie énormément avec l’âge, comme l’indiquent notamment les estimations suivantes faites dans cette étude :
                      – moins de 60 ans : 0.32 % sur cas confirmés, 0.15 % sur infections,
                      – 60 ans et plus : 6.4 % sur cas confirmés, 3.3 % sur infections,
                      – 80 ans et plus : 13.4 % sur cas confirmés, 7.8 % sur infections.

                      Le taux de mortalité rapporté par Didier Raoult dans sa plus grosse étude (sur 1061 patients) est de 0.75 % selon la dernière version de la prépublication correspondante, publiée le 20 avril – la première version et un tweet de Didier Raoult indiquaient certes 0.47 %, mais cela a changé…

                      Sachant que les patients en question ont été sélectionnés (seuls ceux ne présentant pas de contre-indication pour le traitement ont été traités) et qu’ils étaient plutôt jeunes (âge moyen = 43.6 ans, âge médian = 43.0 ans), ce taux de mortalité pourrait très bien être égal voire supérieur à celui observable dans une population de caractéristiques semblables n’ayant pas été traitée. Si les données brutes étaient mises à disposition on pourrait déjà prendre en compte la pyramide des âges de cette cohorte pour y voir plus clair. Malheureusement, Didier Raoult n’a pas mis à disposition cette information toute simple. C’est bien dommage…

                      La dangerosité du traitement est un fait. Vous pouvez continuer à rabâcher votre opinion autant que vous voulez (quoique pas nécessairement ici, je vais finir par me lasser), ça ne la transformera pas en fait.

                      L’efficacité un vitro n’est contestée par personne. Que ce constat soit compatible avec un effet in vivo bénéfique, néfaste ou inexistant est un fait, pas une opinion.

                    7. PS : ce matin j’ai récupéré l’estimation 2020 de la pyramide des âges par pays faite par les Nations Unies (fichier POP/DB/WPP/Rev.2019/POP/F07-1) et appliqué les taux de létalité estimés par classe d’âge dans l’article de Lancet Invectious Desease pour voir ce que ça donnait pour quelques pays. Pour la France, ça donne 1.2 %. Voir les détails ici : http://allodoxia.odilefillod.fr/wp-content/uploads/2020/05/Estimation-letalite_4-mai-2020-2.png

                      Comme vous pouvez le voir, pour la classe d’âge 40-49 ans par exemple, la létalité estimée est de 0.161 %. Ca indique l’importance de connaître au moins la répartition par classe d’âge des personnes testées positives par l’IHU Méditerranée à qui le traitement a été administré (qui pour mémoire, ne sont pas des “malades”, et encore moins des personnes hospitalisées : des personnes asymptomatiques sont traitées, et la grande majorité des personnes traitées par l’IHU Méditerranée l’ont été à domicile).

                    8. PS : selon la version finale de l’article, publiée le 5 mai, 2 personnes supplémentaires traitées pendant au moins 3 jours sont décédées, ce qui fait passer le taux de mortalité des patients traités pendant au moins 3 jours de 0.75 % à 0.94 %.

                    9. Le travail long et fastidieux d’épidémiologiste d’appariement des mortalités hospitalières par département vont sortir, c’est toujours le comptable froid et implacable qui fait tomber Al capone , je m’étonne simplement que les agences de santé qui nous inondent de statistiques morbides tout les soirs, ne se soient pas misent au travail .
                      Le résultat dérange ….

                    10. Oh la la, le complotisme débridé ! C’est affligeant.
                      J’espère vivement que vous êtes en fait un troll qui a usurpé l’identité de ce dermatologue.

                      A part ça, j’attends toujours votre source pour le taux de mortalité de 7% parmi les personnes infectées que vous avez annoncé comme étant un fait.

                      Rem : le gourou de Marseille a déclaré ceci dans sa vidéo du 28 avril (www.youtube.com/watch?v=FcvDi6tjldk&feature=youtu.be, minute 9:44) : “il y a beaucoup de gens qui sont infectés et la proportion de ceux qui meurent est très faible, donc il y aura une mortalité à la fin qui sera de 1 à 2%, si on prend toute la population des gens malades. Donc on ne peut pas donner des médicaments toxiques dans une population qui a un risque, le risque est trop important par rapport aux bénéfices attendus.”

                    11. Trop facile l’accusation de complotisme a tout vos contradicteurs.
                      Votre petite boutade sur la solution hydroalcoolique ou l’eau savonneuse est significative de vos méthodes, on décrédibilise, on fait passer le contradicteur pour un idiot indigne d’être présent sur votre blog.
                      Vous n’êtes pas épidémiologistes, attendez le résultat des études appareillées sérieuses départements par départements , pays par pays avant de porter des accusations sans preuve.

                      Cordialement
                      Dr Wolf François
                      Dermatologue

                    12. Je ne fais que constater que vous formulez une théorie du complot : “je m’étonne simplement que les agences de santé qui nous inondent de statistiques morbides tout les soirs, ne se soient pas misent au travail. Le résultat dérange ….”

                      Maintenant je vous invite gentiment à cesser de poster des commentaires ici si ce n’est pas pour répondre aux questions que je vous ai posées concernant vos sources pour affirmer que :
                      – le Portugal et Israël font partie des “pays qui ont généralisé la prescription du traitement du Professeur Raoult très tôt”,
                      – le taux de mortalité du Covid-19 chez les personnes infectées est de 7%.

                      Tout nouveau commentaire venant de vous et ne répondant pas d’abord à ces questions, et ce de manière très précise (donnez les URL), partira à la poubelle.

                    13. Je m’explique sur le rôle d’une agence de santé publique. Pour démontrer une différence statistique de mortalité entre un groupe traité et un groupe non traité et par ailleurs strictement identiques sur les autres critères ( âge , sexe , comorbidites , gravité clinique, radiologique, biologique)
                      Il faut construire une étude épidémiologique d’appariement rigoureuse, méthodique,longue .
                      Encore faut-il décider de lancer cette étude .
                      N’est-ce pas le rôle d’une santé publique de mener cette étude devant une controverse ? Elle possède toute les données et les personnes qualifiées pour la réaliser.
                      Elle ne le fait pas.
                      Je ne vous importunerai plus
                      Cordialement
                      Dr Wolf François

                    14. Pour pouvoir faire une telle étude épidémiologique, il faudrait pour commencer que l’équipe de Didier Raoult mette à disposition les données brutes concernant le groupe qu’il a traité, or il ne l’a pas fait à ma connaissance (si vous les avez, ça m’intéresse grandement, et je ne suis pas la seule !). C’est lui qui empêche qu’on compare ses données avec celles d’un groupe similaire non traité.
                      Dans ces conditions, la solution qui s’est logiquement imposée pour clore cette controverse créée par Didier Raoult a été de lancer un essai clinique, et ça été fait relativement rapidement, je trouve.

                    15. Juste une question, j’ai du lire trop vite : dans quelle ville exercez vous ? Cela me rassurerait de ne pas tomber sur vous comme médecin, même pour des affections bénigne. Je ne pensais pas que l’exercice de ce métier était autorisé à autant d’approximation scientifique. Les dernières informations (The Lancet) semblent contredire à peu près toutes vos affirmations (sans danger, efficace à défaut d’autre chose…) et les chiffres des résultats des pays que vous avez cherry pickés sont encore plus des approximations.

        1. Je mets en ligne ce commentaire juste pour saisir l’occasion de dire que si d’autres commentaires du même type sont postés, à savoir des liens vers telle prépublication venant de sortir ou le thread de tel twittos qui vient de commenter une étude, je les mettrai à la poubelle car ce n’est pas un commentaire sur le contenu de mon billet, et je n’ai pas envie que mon blog soit un lieu de relais de tout ce qui sort au fil de l’eau au sujet de l’hydroxychloroquine, de Didier Raoult ou autre. Merci pour votre compréhension.

  16. Bravo pour ce travail remarquable, marqué par la rigueur intellectuelle.
    Combien de Raoultiens prendront la peine de lire ce billet très documenté ?
    Un seul petit bémol ne concernant que la forme : l’emploi de certaines formes de l’écriture prétendument inclusive qui en réalité conduit à EXCLURE les personnes déficientes visuelles recourant à une synthèse vocale. Voir https://www.avh.asso.fr/fr/favoriser-laccessibilite/accessibilite-numerique/accessibilite-des-documents-texte#Eviter_exces et https://twitter.com/ChristianVolle/status/1122903877270081536.

      1. Je précise que ce qui pose problème aux personnes déficientes visuelles, c’est exclusivement les graphies du type « les chroniqueur.euse.s sportif.ive.s » ou « conseiller.ère.s municipaux.ales », que le point soit normal ou médian.
        L’écriture inclusive est souvent réduite à ça, alors que la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes dans le langage revêt bien d’autres aspects ne posant pas de problème d’accessibilité, par exemple l’élimination des formulations sexistes ou l’usage de la forme féminine des noms de métier.

        Je me suis exprimé sur les problèmes que posaient les graphies « les chroniqueur.euse.s sportif.ive.s aux personnes déficientes visuelles parce que c’est un sujet que je connais assez bien.
        Mais j’ai également lu que cela posait un problème aux publics « dys ».

  17. Une grande rigolote cette Simone !
    Il est vrai que l’exercice de lecture de ce billet est difficile…
    En tout cas, un grand merci pour ce travail remarquable de rétro-ingénierie.
    C’est tout simplement génial et je partage totalement et pour toutes les raisons évoquées votre souhait d’infirmation des annonces de DR.
    Chapeau bas ! Bien à vous;

  18. Faisant face à un afflux inhabituel de commentaires insultants, contre moi la plupart du temps et parfois contre des personnes ayant posté un commentaire, je rappelle ce qui est indiqué sur la page “à propos” : je ne publie pas dans ce cas. Je vous invite à aller répandre ailleurs vos insultes ou à garder votre irritation pour vous, si vous n’êtes pas en mesure de discuter calmement et en avançant des arguments factuels.
    Les commentaires pleins de considérations oiseuses sur mes motivations (ah tiens, “jalousie”, on ne me l’avait pas encore faite, celle-là !), mes “croyances”, ma psychologie, mon incompétence ou autres considérations du même acabit partent également directement à la poubelle, donc ne vous fatiguez pas.

  19. Bonjour Madame,
    Merci pour votre article si difficile à aborder pour moi simple grand-mère au foyer.
    en tant que simple lectrice préoccupée par le danger viral qui nous entoure, je ne vois pas les choses sous un angle scientifique mais pratique. Notre président de la République nous a bien averti que nous étions en guerre. En pareille circonstance, lorsque les blessés ou malades se retrouvent dans l’hôpital de campagne, je n’ai jamais entendu dire qu’avant d’administrer ce que le docteur estimait être le meilleur pour eux, il ait été exigé une étude randomisée en double aveugle et d’attendre l’ autorisation de mise sur le marché d’une molécule largement connue et répandue dans un autre contexte il est vrai. En temps de guerre, il faut faire vite, très vite. Personnellement si j’étais cette blessée de guerre, je trouverais urgent qu’on me donne ce que l’on a d’abord sous la main et qui serait susceptible de me tirer de ce mauvais pas. Je suis très loin de toute rigueur scientifique mais en l’occurence il s’agit là de médecine d’urgence et non de science. Et si le Docteur Raoult est ce docteur de l’urgence, je ne vois pas de raison de l’empêcher d’agir. La vie humaine ne saurait être tirée au sort, qui vivra, qui sera sacrifié sur l’autel de l’égo? Merci de votre attention

    1. Bonjour Madame,

      Tout d’abord, personne n’a empêché ni n’empêche le Dr Raoult de prescrire son traitement, de fait.

      Il y a par ailleurs manifestement des raisons de restreindre la prescription de ce traitement à certaines conditions, dont la participation à un essai clinique ou le fait que le patient soit pris en charge dans un établissement de santé (cf les avis de diverses autorités de santé ou sociétés savantes en ce sens cités dans mon billet ou dans les commentaires) : rapport bénéfices/risques plus que douteux, nécessité de faire un suivi cardio & biologique ne pouvant être fait par un généraliste, risque de ruptures de stock d’un médicament indispensable à d’autres malades, diminution drastique de la population susceptible d’être incluse dans les essais d’autres traitements et donc ralentissement de la recherche (c’est l’un des effets néfastes de l’hyper-médiatisation de l’hydroxychloroquine et de sa présentation comme efficace qui est signalé dans http://www.nature.com/articles/d41586-020-01165-3)…

      Le taux de létalité n’est pas si haut qu’en cas d’infection, on n’aurait pas grand chose à perdre à tenter n’importe quoi. Vous dites que si vous étiez concernée, vous souhaiteriez qu’on vous administre ce traitement, or je suppose que vous ne souhaiteriez pas qu’on vous administre absolument n’importe quoi au cas où. Compte tenu des données mise à disposition par Didier Raoult concernant le traitement qu’il propose, c’est équivalent à “n’importe quoi” (relisez la conclusion de l’analyse de son étude par la spécialiste de renom que je cite), et ce n’est pas sans risques. Personnellement, je préférerais qu’on ne me donne rien plutôt que ce traitement, et je connais des médecins qui ont préféré ne pas l’administrer à des proches qui ont été atteints.

  20. Il est dommage que vous ayez abandonné votre projet de thèse de sociologie dont je ne connais pas le sujet initial, mais vous auriez là un sujet passionnant en sociologie des sciences. On connaît depuis longtemps les bidouillages auxquels se livrent les sciences dures (pour les sciences “molles” c’est encore une autre histoire), mais dans le “cas Raoult”, on pourrait y associer une étude exemplaire sur la persistance du mandarinat (pas seulement académique mais) scientifique, la déférence face à la quantophrénie bibliométrique, les problèmes récurrents des cercles de citation, les incroyables biais méthodologiques que vous soulevez dans votre contribution, en plus d’une étude sur la complotologie et la paranoia collective qui s’est emparée de nous et j’en passe. Vous avez une telle masse de données et vous avez consacré tellement de temps à votre enquête qu’il serait dommage que tous ces efforts demeurent conjoncturels.

  21. Bonsoir et merci pour votre travail d’analyse salutaire, j’ai été abasourdie par l’irrationalité du buzz autour de monsieur Raoult.

    Mais vous avez encore du travail puisque cette journée a été productive avec un article de L.Mucchielli sur médiapart puis la publication actualisée des chiffres clés de l’IHU:

    https://twitter.com/raoult_didier/status/1255139317187371019

    Et Sartorius a mis en évidence des variations incohérentes du nombre de patients AP-HM/IHU testées:

    ” -6 avril : 37 723 patients AP-HM/IHU testés
    – 8 avril : 27 915 patients AP-HM/IHU testés
    – 17 avril : 34 447 patients AP-HM/IHU testés.
    – 27 avril : 25 858 “personnes dépistées in situ” – selon Didier Raoult sur twitter.
    – 28 avril : 40 017 patients AP-HM/IHU testés selon le site web de l’IHU”

    Source: https://twitter.com/Tsarorius/status/1255175955540324358

    Bonne soirée et bon courage!

  22. Bonjour et bravo pour ce travail.

    Je vais le signaler à des connaissances du LIED (Paris 7) qui pensent que cette “affaire Raoult” sera un cas de “Science Studies” emblématique de ce moment du 21ème siècle. Hélas pour la recherche française.

    J’avais fait par ailleurs la remarque suivant notamment dans un billet de MP (et dans un billet chez Paul Jorion, mais où j’avais mélangé les pinceaux tellement c’était gros):
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070420/chloroquine-pourquoi-le-passe-de-didier-raoult-joue-contre-lui/commentaires#comment-9967447

    (*) Dans la publi de comparaison “80 vs personne” [i.e. à un seul bras],
    il est remarquable que l’on lise les refs 22 et 23 ainsi présentées
    “These data are important to compare with that of the literature which shows that the viral RNA load can remain high for about three weeks in most patients in the absence of specific treatment (18;22) (..). A study conducted in 76 Chinese COVID-19 in patients showed that high viral RNA load is associated with the severity of the disease (23)”.

    Donc oui, la [22] dit les 3 semaines, mais si on va voir la [23], on a la figure B qui montre les charges virales qui s’évaporent en quelques jours (points bleus) … sur les cas peu graves, et hop. Alors que la [22] et les 3 semaines, ça inclue les cas graves. Petite petite nuance.

    https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2020/04/09/figb-ref23-bluepoints.png?width=261&height=189&width_format=pixel&height_format=pixel
    <<>>

    – – – – – – – – – Refs ——
    (22) To KK et al. Temporal profiles of viral load in posterior oropharyngeal saliva samples and serum antibody responses during infection by SARS-CoV-2: an observational cohort study. The Lancet. March 23,2020.
    (23) Liu Y,al. Viral dynamics in mild and severe cases of COVID-19. Lancet Infect Dis. Mar 19, 2020.
    – – – – – – – – –

    _______________________________
    Pour mémoire le commentaire complet, brut, où je jaugeais les “bienfaits de l’excellence”
    _______________________________
    @ Saccadi, @Reboud Thierry, @ Salima Amrane

    Je vous soumets un parallèle intéressant :

    1) Le machin d’excellence qui a conduit à l’IHU est aussi ce qui à donner au Pr Raoult l’occasion de développer les mauvais plus qu’on lui voit dans cette affaire : assurance d’avoir raison et que dans les 24756 données que rassemblerons ses petites mains, du cherry-picking trouvera bien quelques jolis fruits rouges, modulo les comparaisons “à l’arrache” (soyons polis (*) ) justifiées par l’urgence

    2) L’affaire toute fraiche de la démission du chef de l’ERC Mauro Ferrari, qui déclare d’abord à qui veut l’entendre que personne dans la bureaucratie UE n’a voulu l’écouter sur les programmes à mettre en route là absolument maintenant, … alors que, polémique polémique, l’ERC fait savoir par son Conseil Scientifique de 19 membres, que le ci-devant Ferrari, en poste depuis 3 mois à la tête de l’ERC, n’a en gros pas daigné assisté aux réunions de l’institution, et a largement abusé de la permission faite de continuer à fréquenter son labo aux USA (pourtant sa bio plaiderait pour lui, …).
    Ca sent encore la variante nouvelle mais encore reconnaissable du mâle-alpha, “moi je sais”, “moi j’impulse”, “comme aux USA ou la recherche peut accélerer” (pas comme dans le vieux monde etc.) . Pas vraiment comme une Harem Gro Brundtland, celle du fameux rapport de 1987 (Our Common Future) qui tenait son rôle sans s’effacer mais sans arrogance (de “roge”, je me dévolu, je m’arroge).

    3) CONCLUSION : “Excellence = ventilateur à m…ouise”, non ?
    D’un côté, c’est le “véhicule” de Raoult, qui va surfer sur l’investissement mahousse, que toute la région PACA soutient évidemment, région où sans trop faire dans le cliché, il faut bien un peu plus d’allégeances politiques locales qu’ailleurs pour faire son trou .
    De l’autre, l’ERC, frégate avancée de l’excellence, voire navire-amiral, qui s’est cherché un chef “bougiste”, et “premier de cordée”, qui décroche de la paroi dès les premières rafales de la drache qui vient.
    Fait pas bon être sous les déchets des premiers de cordée, même à l’Everest (réel sujet de préoccupation de l’alpinisme de cette montagne, …)

    (*) Dans la publi de comparaison “80 vs personne”,
    il est remarquable que l’on lise les refs 22 et 23 ainsi présentées “These data are important to compare with that of the literature which shows that the viral RNA load can remain high for about three weeks in most patients in the absence of specific treatment (18;22) (..). A study conducted in 76 Chinese COVID-19 in patients showed that high viral RNA load is associated with the severity of the disease (23)”.
    Donc oui, la 22 dit les 3 semaines, mais si on va voir la 23, [**], on a la figure B qui montre les charges virales qui s’évaporent en quelques jours (points bleus) … sur les cas peu graves, et hop. Alors que la 22 et les 3 semaines, ça inclue les graves. petite petite nuance.

    Fig. “B” de la Ref 23 du Gautret et al. du 30 mars sur le suivi viral. Fig. “B” de la Ref 23 du Gautret et al. du 30 mars sur le suivi viral.

    1. Merci pour l’information Mauro Ferrari, j’en étais resté à une lecture trop superficielle de l’histoire. Quelques recherches m’on confirmé votre texte : il est intéressant d’ailleurs que les anti-UE en soit resté à la version de celui-ci.

  23. Bonjour,

    Je suis juste venu saluer la qualité exemplaire de votre travail. Voilà pas mal d’années que je vous suis et c’est toujours aussi terriblement bien documenté. C’est un travail de titan. Ça fait un bien fou ce recul critique en cette période. Il y en a trop peu.

    Je voulais aussi vous souhaiter beaucoup de courage. Voilà plusieurs semaines que je me bats aussi sur les réseaux à essayer d’expliquer en quoi on est loin du traitement miracle et… C’est vraiment décourageant. J’ignore comment vous faites pour répondre systématiquement à tous les commentaires, surtout ceux qui répètent en boucle toujours la même formule apprise par coeur “les gens meurent moins à Marseille”, “mais ça marche !”, “il y a urgence !”, “il faut utiliser la combinaison AVANT que ça s’aggrave”, “mais la chloroquine est connu depuis 70 ans !”, “c’est utilisé PARTOUT dans le monde” etc etc…

    Des fois je persiste, j’ai beau argumenter en avançant les nouvelles données qui tombent presque chaque jour sur ce sujet, qui convergent pour la plupart vers une inefficacité, voire (la tendance semble aller en ce sens) un risque accru, ça ne change rien. Ils ne lisent pas, s’en fichent et ressortent en boucle les mêmes formules.

    Moi aussi, je l’avoue sincèrement (et j’admire votre franchise là-dessus), j’en suis venu à vouloir que les résultats d’essais solides à venir soit catastrophique. Je m’en veux même pour ça. Mais comme vous le dites si bien, je n’ose imaginer les conséquences pour l’avenir s’il s’avérait que “ça fonctionne” d’une manière ou d’une autre.

    Dans tous les cas, merci.

  24. Chère Madame, au delà de toute considération de droit , de procédure, et de règle administrative, il y a d’autre choses plus importantes dans la vie comme la santé, et donc j’ai une seule question qui clôturera toute polémique : si demain vous tombez malade du Covid 19 (chose que je ne vous souhaites pas), prenez-vous le traitement du Doct Raoult ou un médicament placebo pour servir de cobaye ?

    1. Je ne prends pas le traitement de Raoult, ça c’est sûr ! Sans la moindre hésitation.
      Jetez donc un coup d’oeil aux résultats au 30/4 des enquêtes de pharmacovigilance assurées par les centres de Dijon et de Nice : https://t.co/DeGUJKbgMG?amp=1
      D’après ce rapport, la quasi totalité des effets indésirables rapportés ayant été imputés à des médicaments utilisés comme traitement du Covid-19 sont imputés soit à l’hydroxychloroquine, soit à l’association lopinavir/ritonavir et :
      – la proportion d’effets indésirables graves est à peu près le double avec l’hydroxychloroquine,
      – il y a eu 3 arrêts cardiaques + 3 décès soudains inexpliqués imputés à l’hydroxychloroquine (aucun décès imputé à l’association lopinavir/ritonavir en revanche).
      Franchement, je serais bien bête de vouloir qu’on m’administre un traitement dont absolument rien n’indique à ce jour l’efficacité et dont les risques sont a contrario certains.

      1. Je ne prendrais pas ce traitement dont l’efficacité est basée sur des croyances, et la sécurité sur des connaissances. Ces effets indésirables sont la partie émergée d’un iceberg !!!!
        Les convenances sociales font que personne n’ose demander la ré-analyse des données… du Médiator de Marseille
        Cordialement

      2. Heu.. et combien de morts du covid 19 avec le Doliprane ou dans les hôpitaux sérieux? Tout le monde sait très bien que la prise d’un médicament présente des dangers. Le choix, c’est un choix bénéfice/ risque. En plus de ça, dans le cas que vous prenez, il y a un gros doute sur la responsabilité de l’HCQ dans les problèmes cardiaques, car justement le covid 19 provoque des problèmes cardiovasculaires même sans HCQ et des problèmes neurologiques et d’autres encore. Voir les études effectuées à Zurich. Les alertes que vous prenez comme argent comptant n’ont jamais été fondé. Et lorsqu’on pense que ceux sont des gens qui n’ont rien vu sur le Mediator qui lance l’alerte sur l’HCQ! … On descend là en-dessous du seul de crédibilité.

        1. On est bien d’accord : le choix, c’est un choix bénéfice/risque or en l’occurrence, on n’a aucune indication claire d’un bénéfice du combo hydroxychloroquine+azithromycine mais a contrario on a la certitude qu’il peut causer des problèmes cardiaques potentiellement fatals – même l’équipe de Raoult le reconnait implicitement, puisqu’elle prend de grosses précautions avant et pendant l’administration de son traitement et écarte de nombreuses personnes jugées à risque.
          La fin de votre commentaire n’est qu’une attaque ad hominem, qui n’a ni intérêt ni valeur.
          Et puis je finis pas en avoir vraiment assez de ces discussions sur la question de savoir s’il est pertinent ou non de prendre le risque d’administrer le traitement préconisé par Didier Raoult ou au sujet de la décision prise par le gouvernement d’interdire la prescription d’hydroxychloroquine hors AMM aux médecins de ville. Ce n’est pas le sujet de mon billet. Les prochains commentaires revenant sur ces questions partiront à la poubelle.

        2. ” car justement le covid 19 provoque des problèmes cardiovasculaires”

          Conclusion, il faut administrer des grosses doses de médicaments potentiellement cardiotoxiques, HCQ+AZ.

          Il y a un début d’incendie chez moi, alors je mets de l’huile sur le feu. Mes freins de ne fonctionnent plus très bien, alors j’accélère. Mon mur se fissure, j’envoie un coin de bûcheron dans la fissure et je tape comme un sourd dessus.

          Vive les Schadocks !

  25. Bonjour Madame,
    Merci beaucoup pour ce long travail d’explication et de vulgarisation, très utile pour une béotienne comme moi.
    Bravo à vous, pour le travail réalisé, et pour vos réponses calmes et posées à certains commentaires qui doivent parfois vous décourager !
    Cordialement
    Pauline

  26. Bonjour,

    Ce blog est la meilleure chose qui me soit arrivé depuis que je me « traine »sur Twitter.

    Incroyablement pédagogue et d’une précision redoutable…

    Bravo 👏👏👏

  27. Le mal est trop profond, les gens ont peur et lorsque les gens ont peur ils se comportent exactement comme vos contradicteurs qui ne sont pas dans un processus logique. Quand un groupe humain a peur il est prêt à faire confiance à ADOLF, TRUMP, à JOHNSON, BOLSONARO, LE PEN. TRUMP peut dire de se piquer à l’hydroxychloroxine, à la javel, ils le croient. Alors RAOULT !!!! (qui s’intéresse selon l’organigramme de l’IHU au MICROBIOTE et non aux maladies virale). la crédulité des gens qui ont peur est insondable. et comme en ce moment sur internet, les chaines d’info et ailleurs il y a plus d’infectiologues que de sélectionneur de l’équipe de France de foot……….. ça n’étonne personne que des politiques médecins de Marseille, de Toulouse que l’on croyait morts réapparaissent soudain. Le bouc émissaire est celui qui dit “méfiez vous”. Qu’il y ait 410 morts dans les Bouches Du RHONE ils s’en foutent!. voyez votre première interlocutrice alors qu’elle vient de lire votre article surdocumenté: elle vous dit sans aucun chiffre: “Y A MOINS DE MORTS DANS LES HOPITAUX QUI SUIVENT LE PROCOLE RAOULT” qu’allez vous lui répondre??. Hier sur la CINQ un professeur de virologie expliquait que des familles EXIGEAIENT qu’un parent soit traité à la HCQ!!!!!!!!!

    1. Même en étant dans un processus logique, on n’avance pas beaucoup sur cette question. Je surveille les chiffres hospitaliers de France, et je n’en conclue rien. Si j’étais atteint, il faudrait que je me décide, et je basculerais dans une croyance, forcément.
      Les chiffres des bouches du Rhône, avec 2342 guérisons et 416 décès, à ce jour, sont performants au niveau français. Mais il peut y avoir un biais introduit par le dépistage massif, amenant des cas moins graves à traiter.
      J’aimerais comprendre pourquoi l’Allemagne s’en sort si bien.
      Les choses étant ce qu’elles sont, il faudra bien attendre les résultats des études en cours. Après, on adaptera les traitements.

      1. Bonjour

        attendre avant d’interpréter des données… car les méthodes de mesure ne sont pas les mêmes entre pays surtout.
        En France, il faut s’interroger sur l’Ouest pour comprendre.

        Cdlmt

      2. Du fait du biais introduit par le dépistage massif à Marseille, notamment, mais aussi d’autres biais encore plus difficiles à contrôler, à mon avis les tentatives de comparaison entre les chiffres annoncés par l’IHU Méditerranée ou ceux des bouches du Rhône et d’autre départements sont oiseuses.

        Pour ce qui est de la faible mortalité par Covid-19 en Allemagne, divers facteurs non exclusifs ont été évoqués et je ne crois pas qu’on puisse encore estimer le poids de chacun, mais ce qui me paraît d’ores-et-déjà certain, c’est que le traitement à l’hydroxychloroquine n’y est pour rien. Voir par exemple cet article contenant des informations intéressantes sur la perception de ce traitement ailleurs qu’en France :
        https://www.lci.fr/sante/coronavirus-hydroxychloroquine-la-france-seul-pays-ou-il-y-a-debat-sur-le-traitement-du-pr-raoult-vraiment-2150995.html

      3. Les chiffres sont aussi performants si on compare le nombre de décès à Marseille et dans le 13 avec le nombre d’habitants; 1 million à Marseille et 2 millions dans le 13. Or le nombre de testés positifs prouvent que le 13 est une des régions qui a été le plus touché en France et ceci très tôt. Reste en dehors du traitement, une seule explication possible la pratique des tests massifs. Qui est à porter totalement au crédit de l’équipe Raoult. Alors, peut-être que l’HCQ n’est pas la potion magique. Mais l’utilisation de l’AZ que personne ne conteste est certainement utile. Et les test massifs recomandés par l’OMS ont fait leur preuve partout. Alors, avant de traiter Raoult de charlatan on tourne sept fois sa langue dans sa bouche. Surtout, dans un pays où les dirigeants de la politique sanitaire sont responsables d’une telle catastrophe.

        1. Et tourner votre langue sept fois dans votre bouche avant de poster ce commentaire péremptoire rempli d’affirmations vagues et non sourcées, et surtout complètement hors-sujet, cela vous a-t-il effleuré l’esprit ?

  28. Allez au boulot 🙂 les conséquences sanitaires nationales potentielles de cette affaire, matérialisées par les recommandations émises par le collectif “laissons les médecins prescrire” https://stopcovid19.today/2020/04/30/rapport-etude-retrospective-3-approches-therapeutiques-differentes/ et de façon quasi orthogonale mais tout aussi fantasques par le Quotidien https://www.lequotidiendumedecin.fr/specialites/infectiologie/un-traitement-efficace-contre-covid-19-existe-deux-etudes-vont-clore-la-polemique-raoult-estime-un?fbclid=IwAR3FlxO7YnaquzTiE5_3R6Tx8HBZ4l0fGTF_v-Tiko5VCQfilLFASTMnQEQ ne peuvent vous laisser indifférente… Pour ceux qui n’ont vu ni l’un ni l’autre, une analyse sérieuse s’impose. Dans le premier, je vous conseille tout particulièrement le commentaire de la figure p27 amenant à la recommandation p29 (prescrire HCQ+AZI alors qu’ils “démontrent” qu’il n’y a pas plus d’effet HCQ+AZI qu’avec AZI seule), puis la 3ème recommandation pour un dé-confinement réussi (prophylaxie HCQ!!!!). Dans le Quotidien se dévoile un autre volet de la saga, les chinois qui publient le 27 un effet HCQ sur COVID Sévère, DR qui comme par hasard glisse dans sa video 30 avril BFM, que l’HCQ est efficace au début puis pas, puis re (on ne sait jamais, si les chinois avaient raison).. et la découverte empirique d’Erbstein et al. au cas où… avec, cerise sur le gâteau, l’explication scientifique d’un autre savant de Marseille. Vous n’allez pas chômer. Merci en tout cas d’avoir le courage de vous exposer. Sachez que vous portez la voix de nombre de chercheurs qui ne souhaitent pas s’afficher sur les réseaux mais qui sont profondément tristes de voir le coup supplémentaire que prend la Science française avec cette affaire, elle n’avait pas besoin de ça.

    1. Bonjour à vous.

      Vous écrivez: ” Merci en tout cas d’avoir le courage de vous exposer. Sachez que vous portez la voix de nombre de chercheurs qui ne souhaitent pas s’afficher sur les réseaux mais qui sont profondément tristes etc.”

      Extérieur au monde de la recherche quoique souvent en contact avec lui, je m’inquiète en vous lisant. Pourquoi ce manque de courage? Est-ce un effet d’une époque qui ne pratique guère cette vertu? Est-ce propre au monde académique, son grégarisme (je l’écris sans provocation, la science est avant tout la production d’un collectif qui pense ensemble), ses duretés (Max Planck rappelait dans son autobiographie qu’une idée nouvelle ne s’impose que lorsque ses opposants cassent leur pipe)?

      Pourquoi n’a-t-on lu aucune tribune collective de spécialistes dénonçant les travers de l’équipe marseillaise? Pourquoi faut-il attendre qu’Odile Fillod s’y colle? Parce qu’elle seule assume son indépendance et la somme de risques et d’emmerdements qui vont avec?

      Comprenez que ces questions ne s’adressent pas à vous en tant que personne, je ne cherche pas la confrontation, mais si vous aviez l’amabilité de donner votre sentiment… merci !

      1. Bonjour Ovoiz, votre questionnement est tout à fait légitime et pertinent. La pandémie COVID 19 nous a tous pris de court, dans nos labos, nos amphithéâtres, comme dans notre vie personnelle. Elle est non seulement sanitaire mais également sociale et éminemment politique. Un collectif RogueESR (révolte de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) s’est monté il y a quelques années au sein des chercheurs du monde académique, dénonçant la gouvernance des Sciences et de l’Enseignement Universitaire en France, les bureaucraties de la recherche, les critères de l’excellence bureaucratiquement définie. Dans ces derniers, on trouve notamment le “rayonnement à travers les médias grand public” dont certains savent fort bien user et abuser car ils peuvent masquer habilement des niveaux de qualité réelle moins glorifiants. Et l’on voit ici à la promotion de quel prototype ce système peut aboutir. Alors oui, certains collègues s’expriment dans les journaux pour expliquer comment une gestion à l’américaine nous conduits à des situations aussi désastreuses pour notre métier car bien entendu les plus humbles, les plus discrets qui sont souvent les plus créatifs sont de facto exclus des soutiens institutionnels. C’est le Darwinisme cher au PDG du CNRS. Dans le contexte voici une bonnedescription : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/05/04/comment-le-covid-19-chamboule-la-recherche-scientifique_6038630_1650684.html
        Rogue ESR s’est associée au groupe Politique des Sciences pour produire des videos puisque c’est malheureusement le moyen le plus efficace pour toucher le grand public. Il est fait mention des risques de traitement à grande échelle par une molécule non validée dans celle-ci : https://www.youtube.com/watch?v=FMWXKUQxQcw&t=581s et dans la précédente, quelques allusions également à la genèse de l’affaire Raoult. Merci pour votre intérêt, en espérant que cette réponse vous aide à nous comprendre.

  29. Bonjour Madame et merci pour ce que vous faites.
    Je suis un chercheur retraité et au cours de ma carrière j’ai analysé des centaines d’articles pour des revues internationales. Chaque scientifique contribue à ce type de travail et c’est ce qui assure tant bien que mal l’intégrité et le sérieux des recherches. J’ai aussi fait partie de divers comités éditoriaux et connais donc assez bien les processus qui régissent l’expertise des articles. La méthodologie des études qui ont été publiées par les chercheurs de l’IHU Marseillais concernant l’usage de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine dans le traitement de l’infection par COVID19 est tellement déplorable que dans des journaux intègres les manuscrits ne seraient même pas envoyés à des reviewers. Il n’y a en fait rien à dire de plus, on peut discuter longuement sur les nombres, les tables, les figures, mais en réalité il n’y a vraiment rien à dire, nada, on oublie. Bon apparemment ce n’est pas ce qui se passe.
    Comment on en est arrivé là ? car finalement c’est toujours ce qui rend possible de telles choses qu’il importe de comprendre. Je ne veux pas parler de la psychologie de Mr Raoult, mais de l’Umwelt, de la politique locale, régionale, Française. Le Projet à 160 millions d’Euros, dont 48 au titre du programme d’investissement d’avenir (n’oublions pas que Mr Raoult se fait passer pour une victime des institutions, à la Trump), inauguré en 2018, malgré les avis défavorable de l’INSERM et du CNRS sur la qualité de la recherche émis l’année précédente, cela laisse rêveur. Les 3000 publications de Mr Raoult, c’est tout simplement grotesque. La recherche Française est confrontée à un énorme problème me semble-il.
    En tout cas bon courage, votre travail est très important

  30. Merci beaucoup pour cet article si complet et documenté, qui est en lui même la démonstration de la méthode scientifique, la seule qui fait avancer la connaissance. Et justement pas celle qui est suivie par DR, bateleur narcissique et dangereux.
    Merci et bravo et courage et beaucoup d’énergie. Il en faudra encore car comme disent les Tontons confinés (https://www.youtube.com/watch?v=qD2JaMRq7W4), “on n’a pas l’cul sorti des ronces”. Sans seulement parler de la pandémie, je pense à la démolition de la recherche publique par suppression systématique de ses financements : la réflexion et le travail en profondeur sont ainsi remplacés par le bidonnage et les réseaux d’influence.
    Merci encore.

  31. Bonjour Madame,
    je tiens à vous féliciter pour votre travail démontrant l’inconduite scientifique de Monsieur RAOULT. Cela a du vous accaparer beaucoup de temps et il est regrettable de devoir être obligé de faire autant de recherches pour un article qui n’en vaut pas la peine et que n’importe quel journaliste scientifique, médical ou médecin devrait être capable de démonter.
    Je suis également sidéré de voir le déni de certains confrères médecins, qui continuent à être convaincus de l’efficacité de ce traitement, malgré tous les biais évidents de cette publication et qui interviennent de façon agressive sur les forums.
    J’ai eu la curiosité de jeter un coup d’oeil sur les publications de Monsieur RAOULT, concernant l’utilisation de l’hydroxychloroquine pour les Rickettsioses et à première vue, il me semble qu’il n’y a aucune étude randomisée et une méthodologie tout aussi approximative.
    Je suis très en colère contre, non seulement Monsieur RAOULT, mais également contre les autres pourvoyeurs d’études contrefaites : Monsieur PERRONNE _ https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.05.05.20088757v1.full.pdf _ et les responsables de l’étude sur le Tocilizumab à l’AP-HP). Les conséquences de ces agissements sont désastreuses pour la recherche, les patients et la société.
    Tout mon soutien vis à vis des commentaires désagréables que vous ne devez pas manquer de recevoir suite à cet article.

    1. Bonsoir,

      un bon article explique les pratiques de D Raoult en terme de comité d’éthique. N’ayant pas eu d’accord d’un CPP (Comité de protection des personnes), il a soumis son protocole à un comité de son IHU, et l’autorisation de ce comité n’est pas disponible.
      Si l’Agence du médicament enquête, elle constatera l’absence d’accord d’un CPP, et l’absence d’autorisation de l’Agence du médicament… ce qui peut se terminer au pénal. Mais DR expliquera qu’il ne s’agissait pas d’un protocole de recherche pour se dédouaner…
      https://www.medecinesciences.org/fr/articles/medsci/abs/first/msc200139/msc200139.html

      Cdlmt
      Hervé Maisonneuve

  32. Bonjour Madame, je vais publier mon commentaire en deux fois car apparemment il est trop long.
    J’ai découvert par hasard votre blog hier soir suite au partage d’un de vos articles par un de mes amis. Or depuis des semaines je fais partie des personnes plutôt enthousiastes par rapport au Professeur Raoult, même si pas complotiste, en tous cas pas par rapport à cela même si il y a beaucoup de choses dans notre monde qui posent question mais ça c’est un autre débat. Je dois dire que cet article est le premier que je lis qui me fait douter, qui donne envie de réfléchir, qui reflète une grande intelligence et maîtrise de votre sujet et cela est très appréciable. Même si je dois le reconnaître il me rend également triste car une partie de moi étais “rassurée” à l’idée de me dire qu’il y avait un traitement qui fonctionne. Je pense d’ailleurs que cet élément est non négligeable dans le soutien que tellement de personnes apportent au Professeur Raoult dans ce climat fortement anxiogène et incertain, il y a quelque chose de rassurant dans la perspective d’avoir un traitement potentiel qui marche. et dans les soutiens à ce professeur je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui, comme moi, ne sont pas des scientifiques mais qui ne sont pas totalement stupides. J’ai lu beaucoup de documents, en faveur et contre Didier Raoult mais je dois dire que tous les détracteurs que j’avais lus jusqu’à présent faisaient preuve de beaucoup de hargne sans réelle justification ou démonstration contrairement à votre article et c’est ce que j’apprécie. Même si vous l’avez traité de con, vous avez pris la peine d’étayer et d’expliquer pourquoi ce qui est extrêmement louable, et ne résonne pas comme étant motivé par de juteuses compensations de laboratoires pharmaceutiques.
    Cependant je voudrais vous demander votre avis sur deux points:

    1. Merci beaucoup pour ce retour.
      Je vais répondre un peu plus tard à vos autres commentaires et précise juste en attendant que j’ai effectivement limité il y a quelques jours les commentaires (à 2000 signes) après en avoir reçu d’excessivement longs. J’espère inciter ainsi à plus de concision et si nécessaire à structurer les remarques ou questions en plusieurs blocs, ce qui facilite les échanges et leur lecture.

  33. Suite du commentaire: il semblerait que de nombreux pays surtout en Afrique, comme le Maroc le Congo ou le Sénégal, mais je crois aussi Israël, utilisent de plus en plus le traitement combiné ou hydroxychloroquine seul. Mon questionnement est que si les effets secondaires étaient réellement si dangereux et les accidents cardiaques fréquents cela se saurait ne croyez-vous pas ? Et que ces pratiques auraient été suspendues le cas échéant. Il me semble du moins que le Maroc a de très bons résultats au niveau de la létalité. Le Maroc m’interpelle particulièrement car sa population est assez similaire à celle de mon pays la Suisse, en terme de nombre d’habitants, et les résultats sont très différents en terme de létalité. Pour ce qui est de la Suisse j’avoue que j’ai été très choquée lorsque j’ai su que notre gouvernement empêchait aussi les généralistes de prescrire l’hydroxychloroquine. Je crois que nous sommes le seul pays avec la France qui a adopté un décret en ce sens. Elle est prescrite en hôpital seulement, et donc aux cas graves, et pas systématiquement et j’avais du mal à comprendre cette motivation.

    1. Quels “nombreux pays”, et quelles sont vos sources sur l’utilisation effective de l’un ou l’autre de ces traitements (HCQ ou HCQ+AZI) ? De mon côté je n’ai vu passer que des rumeurs ou des effets d’annonce, jamais des données.

      Les quatre pays que vous citez figurent dans la liste de ceux pour lesquels une source est donnée sur la page http://www.mediterranee-infection.com/coronavirus-pays-ou-lhydroxychloroquine-est-recommandee/, qui est beaucoup instrumentalisée dans les groupes de soutien à Didier Raoult. Cette liste est tout-à-fait trompeuse, car elle contient par exemple la référence aux 6èmes guidelines de la Chine alors que l’association avec l’azithromycine y est NON recommandée (jugée trop dangereuse), que la chloroquine y est juste citée parmi d’autres traitements antiviraux envisagés, et qu’elle est NON recommandée pour les patients âgés de plus de 65 ans, ceux soufrant de maladies cardiaques, etc. En outre, dans la synthèse de la 7ème version des guidelines datée du 18 mars disponible sur http://www.sforl.org/wp-content/uploads/2020/03/WUHAN-Experience.pdf on lit que :
      – aucun traitement antiviral n’a une efficacité avérée sur le virus,
      – les antiviraux mis en avant et jugés “prometteurs” sont Lopinavir/Ritonavir et Remdesivir,
      – la chloroquine (pdt 7 j seulement, et pas pour les personnes de plus de 65 ans) n’est mentionnée que parmi une liste de 6 “autres choix potentiels” d’antiviral.

      Comme la Chine n’a pas émis de 8ème version, on pourrait retourner la question : s’il était si clair que le traitement par HCQ ou CQ, associée ou non avec AZI, était utilisé avec profit dans de nombreux pays, comment se fait-il que la Chine, dont l’expérience de la maladie et la qualité des chercheurs ont été tant vantées par Didier Raoult, n’en ait pas fait son traitement recommandé ? Et quid des innombrables pays qui ne l’ont pas fait non plus ? Pour moi, la seule réponse possible à cette question est tout simplement que l’efficacité et a fortiori le rapport bénéfices/risques de l’un et l’autre de ces traitements sont hautement douteux.
      Au sujet des quatre pays que vous citez :

      – Il est certain que le Maroc utilise pas mal d’hydroxychloroquine, le pays venant même d’en commander 6 millions de comprimés supplémentaires en Inde. Toutefois, je n’ai pas pour ma part d’infos précises sur l’étendue et les modalités de cette utilisation. Par ailleurs, vous dites que le Maroc a “de très bons résultats au niveau de la létalité” et vous le comparez à la Suisse, or déjà, la pyramide des âges est sans doute assez différente. Je n’ai pas fait l’exercice pour la Suisse mais en comparaison à la France, selon les estimations faites dans
      https://allodoxia.odilefillod.fr/wp-content/uploads/2020/05/Letalite_facteur-age_14-mai-2020.png, toutes choses égale par ailleurs on peut s’attendre à – 60 % de décès par millions d’habitants au Maroc du seul fait que sa population est plus jeune que la population française. Certes, à ce jour la différence de mortalité par millions d’habitants est énorme (5/mh pour le Maroc vs 218/mh pour la Suisse), mais on ne peut strictement rien en déduire sans connaître les niveaux de contamination respectifs dans ces deux pays, sans compter que les déclarations en provenance d’un pays dont la presse est contrôlée par un pouvoir autoritaire, pour ma part je ne m’y fie pas trop. La létalité des cas confirmés donne une tout autre image : elle est à ce jour de 6,2 % en Suisse vs 2,8 % au Maroc, donc si toutes choses étaient égales par ailleurs cette différence pourrait peut-être seulement résulter de la seule différence de structure d’âge de la population. Quoi qu’il en soit, ces comparaisons sont oiseuses : il y a trop de facteurs de confusion et d’incertitudes pour pouvoir en déduire quoi que ce soit sur le traitement.

      – Pour le Congo, le fichier dont le lien est donné sur le site de l’IHU-Méditerranée (https://laprunellerdc.info/wp-content/uploads/2020/03/Guide-CORONAVIRUS-A-UOB.pdf) contient les recommandations d’une commission de l’Université Officielle de Bukavu pour la province du Sud Kivu. Elle conseille de “privilégier” l’administration d’HCQ+AZI (HCQ = 600 mg/j pendant 6 j, = AZI 500 mg/j1 puis 250 mg/jour pendant 5 j en tout) chez tout patient suspect de Covid-19 ou chez qui le diagnostic est confirmé. Ce pdf date du 24 mars, quelques jours à peine après la publication de la 1ère étude de l’IHU-Méditerranée présentant des résultats concernant seulement 6 patients traités (!). Il a été créé dans le cadre du “Plan de préparation et réponse rapide à une éventuelle épidémie de maladie à coronavirus 19 (covid-19) au Sud Kivu” élaboré le 24 mars selon le site de l’UOB. Pour moi, ce document ne fait que traduire la confiance aveugle de cette commission envers les dires de Didier Raoult. Qu’en est-il de la mise en oeuvre effective de cette recommandation ?

      – Pour le Sénégal, toutes choses égales par ailleurs on peut s’attendre à environ 83 % moins de décès qu’en France du seul fait de la différence de pyramyde des âges. Pour le reste, mêmes problèmes que ci-dessus.

      – Pour Israël, cf mon échange avec M. Wolf plus haut : l’IHU Méditerranée le cite comme pays où « l’hydroxychloroquine est recommandée », et la seule référence donnée (à ce jour encore) est une news faisant état de l’annonce d’un don d’hydroxychloroquine au ministère de la santé israélien par un labo pharmaceutique. Quel traitement est appliqué concrètement ? Et qu’est-ce qui fait qu’Israël en est à 32 décès/mh vs par exemple la Grèce 16, Chypre 14 ou encore le Liban 4, pour prendre des pays proches ? Pensez-vous que c’est à cause du traitement ? Ces raisonnements ne mènent nulle part.

      A ce compte-là, puisque l’IHU-Méditerranée cite la Belgique et la lombardie parmi les “pays où l’hydroxychloroquine est reccommandée” (sic), on pourrait souligner que ces deux zones géorgraphiques ont des taux de mortalité parmi les pires en Europe. On pourrait aussi et surtout citer l’Etat de New York, qui figure aussi dans cette liste. Trump avait annoncé en fanfare le 23 mars que l’hydroxychloroquine allait être administrée massivement à partir du lendemain matin à New York. Le retour sur cette expérience a fait l’objet d’une publication scientifique, et ce n’est pas fameux : http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2012410.

      1. Merci d’avoir pris le temps de me répondre de façon aussi détaillée. C’est très intéressant et troublant.
        Navrée si je vous ai fait répéter certaines réponses données à des commentaires précédents, je reconnais ne pas les avoir tous lus.
        Bravo pour votre travail.

        Belle journée
        Isabelle

        1. Merci. PS : j’ai oublié cet autre retour sur l’Etat de New York, qui n’indique pas d’effet significatif de l’HCQ seule ni de la combinaison HCQ+AZI : https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766117.

          Pour ce qui est de l’efficacité de l’HCQ seule ou combinée à l’AZI, voici une synthèse des données disponibles à ce jour : https://allodoxia.odilefillod.fr/wp-content/uploads/2020/05/Publis-eff-H-et-HA-vs-SOC_20200518.png.

          On ne peut pas tirer de conclusion définitive car ces données sont issues de protocoles qui sont par construction à risques de biais et que certaines publications sont en outre particulièrement douteuses, mais il me semble que si ces traitements avaient un bénéfice notable, ils auraient déjà généré un signal clair, ce qui n’est pas le cas.

          Si on ajoute à cela le fait que l’HCQ ne s’est JAMAIS avérée utile in vivo contre un virus malgré son efficacité in vitro et qu’une étude sur un modèle macaque n’a pas non plus montré d’efficacité (cf https://www.researchsquare.com/article/rs-27223/v1, dont deux co-auteurs sont affiliés à l’IHU-Méditerranée, mais appartiennent à l’Unité des Virus Emergents, pas à l’unité dirigée par Didier Raoult qui est consacrée à “l’étude des microbiotes humains” et “la culture des bactéries fastidieuses”), ça n’est pas très encourageant.

  34. Suite de commentsire 3: Mon deuxième point est lié au premier à savoir: et si indépendamment des études peut-être douteuses et/ou bidouillées du professeur Raoult, ce traitement avait une certaine efficacité ? Ne vaudrait-il quand même pas la peine d’essayer surtout quand les patients commencent à avoir une atteinte aux poumons, je ne dis pas de le donner systématiquement à toutes les personnes positives mais quand celles-ci commencent à devenir plus malades, pour éviter ou tenter d’éviter une réelle aggravation, une intubation, une réanimation qui on le sait laissent énormément de séquelles. Ne pensez-vous pas que ça pourrait être une option que l’on présente au patient et qu’il soit libre de choisir, avant de devenir trop grave ? Sous contrôle médical bien sûr avec électrocardiogramme bien sûr. Et que cela devrait être une alternative proposée ? De même qu’un oncologue va vous proposer un traitement de chimio tout en sachant que les effets secondaires seront très graves et que ce n’est pas sûr que vous puissiez être guéri, et que peut-être vous mourrez quand même? Je ne pense pas faire un raccourci trop basique mais j’avoue être quand même perplexe dans une société qui n’hésite pas à gaver les enfants d’antibiotiques au moindre rhume ou affection qui peut éventuellement être virale mais on ne sait jamais donc pourquoi pas un peu d’antibio, et qui freine à proposer de tenter un traitement qui peut avoir certes des effets secondaires mais qui peut-être pourrait quand même soulager et éviter des aggravations?

  35. Suite (4): Mon propos revient à dire que peut-être que encenser sans modération n’est pas bon, mais diaboliser peut-être pas non plus. Surtout que justement aujourd’hui il n’y a pas de traitement 100% efficace donc pourquoi ne pas le proposer? A nos risques et perils, comme besucoup de médicaments. Et pourquoi personne n’a voulu faire un réel test randomisée et respectant les méthodologies avec ce traitement ? Sauf erreur de ma part je ne vois rien non plus comme initiative à ce niveau-là et je dois dire que c’est quand même troublant.. Je serais curieuse d’avoir votre retour sur cela merci et bonne journée . Isabelle SV.

    1. Pour moi, la situation est claire : on a un traitement suggéré par Didier Raoult dont l’efficacité n’est pas du tout avérée, mais dont la dangerosité l’est a contrario, de manière absolument incontestable (cf les références déjà données plus haut). A partir de là, je suis d’accord que le gouvernement aurait néanmoins pu laisser les médecins de ville se procurer de l’hydroxychloroquine hors AMM et prendre le risque de la donner, en assumant l’entière responsabilité des dégâts éventuels. Je n’ai pas d’avis ni d’informations à ce sujet. Je suppose simplement que si cette décision radicale (et je crois inédite) de les en empêcher a été prise en France et en Suisse, c’est qu’il devait y avoir de bonnes raisons de le faire, et ce à un niveau supérieur à celui du cadre de la relation entre chaque médecin et son patient. Peut-être est-ce surtout le risque de pénurie du médicament pour les gens en ayant besoin dans le cadre de l’AMM ? Je ne sais pas, mais j’ai en tout cas noté que lorsque le Conseil d’Etat a rejeté le recours contre les décrets des 25 et 26 mars, ce motif a été invoqué.

      Pour ce qui est du manque de volonté de faire un essai contrôlé randomisé, c’est en premier lieu à Didier Raoult qu’il faut le reprocher selon moi. Quoi qu’il en soit, des essais testant la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine qu’il préconise depuis le 18-20 mars ont été lancés dont au moins un en France, et ce très vite je trouve. Cf https://www.clinicaltrialsregister.eu/ctr-search/trial/2020-001406-27/FR qui était déjà enregistré le 3 avril et a obtenu l’accord des comités compétents le 7 avril.

  36. J’ai parmi mes proches une personne qui a un lupus et qui a été traitée pendant des années avec du plaquenil. Cette personne a passé des examens cardiaques et ophtalmiques liés à ce traitement. Il y a donc sans doute des risques liés au traitement par hydroxychloroquine.
    As-t-on des informations sur les personnes ayant un traitement au long cours pour un lupus ou une polyarthrite rhumatoïde ? Ce traitement de fond protège-t-il du Covid 19 ?
    Cordialement,
    Pascale

    1. Les risques de problèmes cardiaques causés par un traitement de courte durée par hydroxychloroquine, et a fortiori par hydroxychloroquine + azithromycine, ne font absolument aucun doute. Ils sont bien connus et depuis longtemps.

      Pour votre question, il y a cette étude qui a conclu que les patients traités au long cours par hydroxychloroquine pour un lupus n’étaient pas moins atteints ni moins sévèrement atteints que des sujets comparables non traités : https://ard.bmj.com/content/early/2020/05/20/annrheumdis-2020-217690. Elle ne permet pas de conclure fermement notamment parce que l’échantillon est petit, mais en tout cas :
      – elle n’étaye pas l’hypothèse que la prise d’hydroxychloroquine réduit le risque de développer la maladie ni sa forme grave,
      – elle confirme qu’elle n’empêche pas de la développer, puisqu’on l’a constaté sur un certain nombre de personnes traitées.

  37. Bon, après avoir lu l’article et un paquet de commentaires, je dois admettre que votre article illustre à la perfection un point qui est reproché à notre Didier national : la perte de temps qu’il a engendré. Dans votre cas, je trouve dommage même si l’exercice est intéressant intellectuellement et très bien réussi que vous ayez eu à passer votre temps à éplucher toutes ces publications alors que vous aviez certainement mieux à faire (lire un bon roman aurait été plus utile, même ne rien faire aurait été plus utile).
    Sinon, merci pour cette synthèse : je n’ai pas découvert de grande chose, mais le tout mis en un seul article est rare donne une bonne vue d’ensemble. Reste à traiter le cas DR, est-ce que cela relève du pénal ou du psychiatrique, là est la question? Quand à ses adeptes, cela ne fait que montrer qu’il ne faut pas faire disparaître la miliduves.

  38. Bonjour,

    Merci pour votre excellent article. Il est plus important que jamais de défendre la rigueur de l’approche scientifique à une époque où tant de dirigeants politiques sont prêts à tordre les faits pour construire leur avantage. C’est à mon avis le gros reproche que l’on peut faire à DR: donner de l’eau au moulin à tous ceux qui rejettent l’approche scientifique des faits pour faire progresser leur agenda ou pour conforter leur propres a priori. Nous avions le triste Allègre, puis Montagnier et maintenant Raoult.

    J’aurais voulu avoir votre avis sur l’étude parue dans The Lancet. Je l’ai lue et elle m’a semblé très solide d’un point de vue statistique (je précise que je suis économètre et que j’ai donc quelques compétences pour juger de cet aspect). La question que je me pose est de savoir si elle réfute définitivement l’hypothèse que la “cure Raoult” est inefficace. Ses défenseurs indiquent que pour être efficace cette cure doit être administrée très tôt et qu’il est trop tard lorsque les patients arrivent à l’hôpital, ce qui je crois est le cas des patients inclus dans l’étude du Lancet.

    1. Bonsoir,
      Merci. Oui je pense aussi que c’est un gros reproche que l’ont peut faire à DR, et qu’il est plus important que jamais de défendre la rigueur de l’approche scientifique aussi bien contre l’anti-science que contre la pseudo-science ou contre les lectures erronées, malhonnêtes ou non rigoureuses de ce qu’on peut trouver dans la littérature scientifique.

      Les patients inclus dans l’étude publiée dans The Lancet n’ont effectivement pas été traités dès l’apparition des symptômes comme les défenseurs du protocole HCQ+AZI le préconisent – sans toutefois avoir apporté d’éléments de preuve que ce protocole améliore dans ce cas le pronostic des patients. On est aujourd’hui malheureusement face à une inversion de la charge de la preuve, les “tenants” refusant par principe d’appliquer la méthode permettant de vérifier de ce qu’ils affirment sans preuve, et exigeant que d’autres l’appliquent s’ils veulent contester leurs dires.

      J’ai fait un post Facebook aujourd’hui au sujet de cette étude (https://www.facebook.com/OdileFillod/posts/2767657350029230), dont je copie ci-après le contenu. Le tableau joint est ici : http://allodoxia.odilefillod.fr/wp-content/uploads/2020/05/Mehra-et-al_mortalite_HCQ.png.
      ——–
      La publication de Mehra et al. dans The Lancet le 22 mai a remis une pièce dans la machine à polémique et à génération de revenus publicitaires dans les médias comme sur les réseaux sociaux. C’est l’occasion d’à peu près autant de mésinterprétations ou surinterprétations de l’étude par des personnes défendant l’idée que l’hydroxychloroquine “ne marche pas” que de mise en avant d’arguments foireux par des personnes défendant celle qu’elle “marche”, surtout (ou exclusivement) associée à l’azithromycine. Je ne traiterai ici que des résultats concernant l’hydroxychloroquine et la mortalité.

      Chez les “anti-HCQ”
      ——————-
      J’ai noté en particulier la tendance à :
      – communiquer les pourcentages de mortalité bruts, non corrigés par les facteurs de confusion pris en compte dans l’étude, ce qui donne l’impression que la surmortalité est énorme sous HCQ (9 % de décès sans HCQ versus 18 % avec HCQ et 24 % avec HCQ + macrolide),
      – affirmer que cette étude est à haut niveau de preuve, voire permet de conclure définitivement que l’HCQ avec ou sans AZI est non seulement sans intérêt mais augmente au contraire la mortalité des personnes atteintes de Covid-19.

      => Dans le tableau synthétique ci-joint, j’indique les pourcentages de surmortalité corrigés des facteurs de confusion par les auteurs.

      => Rappelons que du fait de sa nature observationnelle, cette étude ne permet pas de conclure définitivement. En outre, entre autres limitations, elle a porté sur une sous-population de malades (des patients hospitalisés), ils ont été traités avec des dosages d’HCQ variables, et les résultats des groupes HCQ + macrolide ne différenciant pas entre azithromycine et l’autre macrolide utilisé, ils ne disent rien de la combinaison HCQ+AZI spécifiquement. Mehra et ses collègues concluent d’ailleurs leur article en disant qu’il est nécessaire d’avoir (urgemment) les résultats d’essais randomisés.

      Cette étude vient seulement s’ajouter à la liste des cinq études dûment publiées n’ayant mis en évidence aucun intérêt de l’HCQ par rapport au standard de soin (cf [1]). Sachant qu’en outre :
      – l’HCQ n’a jamais marché in vivo pour traiter une infection virale malgré son efficacité fréquemment constatée in vitro,
      – l’HCQ est dangereuse aux doses préconisées surtout associée à l’AZI,
      – un essai préclinique de l’HCQ seule ou associée à l’AZI sur un modèle macaque du Covid-19 a conclu à son absence de bénéfice,
      on peut estimer que les médecins qui administrent ces traitements hors AMM en dehors d’un essai clinique ont tort de le faire, mais ce n’est pas la même chose d’affirmer que le rapport bénéfices/risques est assurément défavorable dans toutes les situations.

      Chez les “pro-HCQ”
      ——————-
      Il est notamment avancé que cette étude ne vaut rien car :
      – les patients traités à l’HCQ étaient des malades “beaucoup plus graves” que ceux non traités [2][3], en particulier parce qu’environ environ 20 % d’entre eux “avaient besoin d’oxygène” au départ contre environ 7 % dans le groupe contrôle [2],
      – des facteurs de confusion ont été pris en compte, mais avec une méthode (scores de propension) dont il serait communément admis qu’elle ne “devrait pas être utilisée” [4],
      – les résultats viennent pour l’essentiel d’hôpitaux d’Amérique du Nord où l’HCQ serait administrée particulièrement tardivement, ce qui fausserait les choses.

      => Dans le tableau synthétique ci-joint, je rappelle qu’aucun patient n’était sous ventilation au début du traitement (les 20 % versus 7% sont les pourcentages bruts du besoin de ventilation mécanique APRES traitement à l’HCQ vs sans…), que les surmortalités estimées l’ont été après prise en compte des facteurs de confusion, et que cela a été fait par une régression de Cox et non par une analyse par scores de propension, qui n’est présentée qu’en annexe, donnant des résultats jugés similaires par les auteurs (quoique pires : + 67 % de mortalité avec HCQ seule, + 95 % avec HCQ + macrolide). Je donne aussi les résultats par continent qui montrent en particulier que les données d’Amérique du Nord sont au contraire parmi les moins défavorables.

      Certes, il y a des petites bizarreries qui mériteraient d’être expliquées (ex : la très forte surmortalité sous HCQ en Afrique), les variables utilisées pour neutraliser les facteurs de confusion ne sont pas parfaites (ex : une variable continue aurait été préférable à SPO2<94% = oui/non), et par ailleurs comme les auteurs le soulignent eux-même, on ne peut exclure la possibilité que des facteurs de confusion non mesurés interfèrent. Toutefois, pour objectiver ce risque de biais ils ont estimé ce qu'il faudrait pour que la différence entre patients traités et contrôles devienne non statistiquement significative, et selon leurs calculs :
      - pour HCQ seule, il faudrait l'équivalent d'un facteur augmentant le risque de mortalité de 50 % et présent chez environ 50 % des patients traités vs 0 % des contrôles,
      - pour HCQ + macrolide, il faudrait l'équivalent d'un facteur augmentant le risque de mortalité de 100 % et présent chez environ 30 % des patients traités vs 0 % des contrôles.

      Par ailleurs, cette étude est infiniment plus informative que les études non contrôlées mises en avant a contrario par les "pro-HCQ/pro-Raoult" ou que la petite étude coréenne de Kim et al. mise en ligne sur MedRxiv évoquée dans [3]), et d'un niveau de preuve clairement BEAUCOUP plus élevé que la SEULE étude avec groupe contrôle publiée dans une revue scientifique à ce jour ayant conclu à un intérêt de l'HCQ associée ou non à l'azithromycine, à savoir celle de l'IHU-Méditerranée basée sur les données de 14 sujets traités à l'HCQ seule et 6 sujet traités à l'HCQ+AZI (voir [1]).

      [1] http://www.facebook.com/OdileFillod/posts/2763346903793608
      [2] Philippe Douste-Blazy sur BFM TV : https://twitter.com/BFMTV/status/1264220444913291265/video/1
      [3] Violaine Guerin sur CNEWS : http://www.youtube.com/watch?v=ZXk0YcdVqSE. PS [Edit] : A noter que cette étude (également rétrospective) n’applique pas le “bon” protocole et ne distingue pas entre les antibiotiques utilisés, ce qui est reproché à celle de Mehra et al (Cf le 2ème tableau de[1])
      [4] http://www.francesoir.fr/opinions-entretiens-societe-sante/interview-exclusive-mandeep-mehra-lhydroxychloroquine-pas-efficace

    2. “Ses défenseurs indiquent que pour être efficace cette cure doit être administrée très tôt et qu’il est trop tard lorsque les patients arrivent à l’hôpital”

      Initialement l’intérêt de l’HCQ c’est qu’elle est un régulateur de cytokines prouvé pour l’arthrite rhumatoïde, mais pas prouvé pour d’autres maladies inflammatoires. L’orage cytokinique provoqué par le Cov n’apparaît éventuellement que quelques temps après la contamination et la charge virale a baissé à ce moment. C’est cet orage cytokinique qui provoque divers symptômes graves et cardiaques. Problème, l’HCQ est cardiotoxique…

      Du coup, DR, après “mûre” réflexion, finit par préconiser l’HCQ en phase précoce donc comme anti viral, sauf que l’HCQ n’a jamais prouvé son effet anti viral in vivo, mais il est prouvé cardiotoxique, tout comme l’AZ.

      A priori, appliquer en phase précoce 2 cardiotoxiques( même pas antiviraux ) qui vont créer ou aggraver des problèmes cardiaques avant l’éventuel orage cytokinique qui va en remettre une couche cardiotoxique, ça parait délirant.

      Quant à certains politiciens, ils suivent les buzz médiatiques, créés par DR ou d’autres, pour s’attirer la sympathie d’une part de l’électorat, vieille pratique de marketing politique.

    3. PS sur “Ses défenseurs indiquent que pour être efficace cette cure doit être administrée très tôt et qu’il est trop tard lorsque les patients arrivent à l’hôpital”.

      Dans ce tweet daté du 25 mars, ce n’est pas ce que disait Didier Raoult : https://twitter.com/raoult_didier/status/1242727180456660993
      Je cite : “C’est quand ils ont des formes modérées, moyennes, ou qui commencent à s’aggraver, qu’il faut les traiter. A ce moment là on contrôle les virus qui se multiplient. Quand ils sont rentrés en réanimation, le problème ce n’est plus le virus”.

      Par ailleurs, voyez ce tweet daté du 2 mai : https://twitter.com/raoult_didier/status/1256506903238230016.
      Je cite : “Premier article rapportant une baisse significative de la mortalité chez des patients atteints de formes graves du COVID-19 suite à un traitement par hydroxychloroquine. Grâce à une action sur la tempête de cytokines ?”

      Le discours de Didier Raoult et de ses défenseurs évolue en fait sans cesse pour s’adapter à ce qui sort. Quand une étude est mise en ligne sur medRxiv ou publiée qui peut sembler conforter l’idée que l’HCQ ou la CQ est utile, ils l’instrumentalisent : peu importe qu’on n’ait pas donné d’azithromycine avec l’HCQ, que ce soit de la CQ et non de l’HCQ, qu’on n’ait pas utilisé le “bon” dosage et qu’on n’ait pas ciblé les “bons” patients. Si elle pointe au contraire vers l’absence d’efficacité, ces arguments sont utilisés pour dire que l’étude ne démontre rien concernant “le protocole Raoult”, voire que les personnes qui ont fait l’étude en question ont testé à dessein quelque-chose de différent de ce protocole juste pour tenter de le discréditer.

      Malheureusement, je crois que tant qu’on n’aura pas testé sérieusement l’HCQ et la combinaison HCQ + AZI dans toutes les situations, on ne sortira pas de ce bourbier.

      1. Si l’on revient au point de départ de toute cette histoire : sur sa première vidéo DR affirmait : “fin de partie, c’est probablement l’infection respiratoire la plus facile à traiter, inutile de s’exciter”.
        Cette vidéo existe en tant que preuve.
        Ces trois affirmations étaient fausses, on en a aussi la preuve (même lui).
        Cela ne peut être qualifié d’imprudence, d’enthousiasme prématuré. C’est une arnaque à grande échelle sur un sujet grave. Il ne vendait pas un bibelot de foire, il pesait ses mots en préparant ce montage.
        Ne peut-il être accusé d’avoir d’emblée médiatisé, sur sa propre initiative, un faux message d’espoir au monde entier ? Le conseil de l’Ordre chèrement payé tous les ans va t’il capituler ?

        1. Ce serait bien en effet que le Conseil de l’Ordre des MEDECINS prenne des mesures, car le comportement du Dr Raoult contrevient totalement à l’éthique médicale, a donné de faux espoirs aux gens et a entraîné chez certains patients des effets toxiques et mortels.
          Il serait bien aussi que l’Academie de Médecine, l’ANSM prennent position.

  39. Merci Odile, excellent en effet. Médecin hospitalo-universitaire, non virologue mais ayant vu son hôpital passer de 0 à 6 ailes COVID en quelques semaines, j’ai pas mal suivi l’affaire DR et je confirme que c’en est l’analyse la plus fouillée. Je dois dire que aussi j’ai pu toucher du doigt personnellement la folie pro-DR. J’ai en effet commis un petit thread (fil de tweets) sur Tweeter pour analyser de façon factuelle, pas trop longue et j’espère pédagogique l’essai randomisé chinois négatif. J’ai “percé”, comme on dit !!! 1200 retweets (mon meilleur “score” devait être alors d’environ 50 retweets….), un doublement de mes followers (de 300 à 600), et un véritable tsunami de trolls pro-Raoult insultants et complotistes…

    1. Je ne suis pas étonné. Tout cela est, pour moi, un “vieux monsieur” le fruit de l’inculture scientifique, du faible niveau éducatif et de l’influence terrible des réseaux sociaux. Et cela ne va pas s’arranger! Plusieurs études sociologiques faites en France (citées par exemple par Jérôme Fourquet, Directeur de l’IFOP, dans son livre l’Archipel Français) ont montré, dans un sondage où un échantillon de la population française a été interrogée sur plusieurs fausses informations, que l’on observe une augmentation régulière de la croyance en ces fake-news, au fur et à mesure que l’on descend dans les tranches d’âge, pour atteindre un maximum avec les 18-25 ans! Les populistes, les gilets jaunes, ont l’avenir devant eux, et cela fait bien peur!

  40. Madame Odile Fillod

    Je découvre votre billet sur le tard

    Votre persévérance vous honore, mais votre propos désole.

    Il manque cruellement à votre diatribe un résumé, tel un abstract dans les revues scientifiques, où vous énumérez les points importants et leur conclusion, ainsi qu’une annexe, où vous rassemblez toutes les informations de détails.

    Je suis aussi docteur, dans une autre discipline, et j’ai l’habitude des longs, très long papiers. Cela ne me confère aucune supériorité de jugement, simplement un bon entraînement.

    Votre exposé minutieux souffre d’un biais permanent: tout est toujours à charge, vos expressions et vos questions sont toujours fermées.

    Cela, outre le déplaisir de la lecture, ôte toute crédibilité à vos propos.

    Le doute, et l’évaluation des arguments dans les deux sens, sont les ingrédients indispensables de toute communication scientifique. Vous aurez compris que c’est ce qui fait cruellement défaut ici.

    Que retire-t-on ce cette lecture laborieuse?

    Qu’il y avait deux questions.

    1/ Le Pr. Raoult a-t-il eu raison, scientifiquement et médicalement, de ne PAS se soumettre à un protocole randomisé avant de procéder à son traitement “de masse” sur les Marseillais (volontaires)?
    Rappelons son argument: aucune pandémie n’a jamais été traitée avec succès sur un tel protocole, qui est issu et réservé aux maladie chroniques.

    2/ Les résultats du Pr. Raoult sont-ils sincères, et si oui que prouvent-ils?
    Rappelons sa revendication: l’administration, dès la détection des symptômes ou dès le diagnostic, de la chloroquine avec l’antibiotique qui va bien diminue significativement la charge virale, et par suite contribue à la guérison.

    Malgré toute votre énergie, vous ne répondez, de façon honnête, à aucune de ces questions.

    Bien cordialement

    1. “Rappelons sa revendication: l’administration, dès la détection des symptômes ou dès le diagnostic, de la chloroquine avec l’antibiotique qui va bien diminue significativement la charge virale, et par suite contribue à la guérison.”

      Sans aucune preuve, c’est tout. Nombre de victimes de la grippe espagnole sont dues à un traitement médicamenteux mortel, voilà !

        1. “Les personnes qui, comme vous, ne procèdent que par affirmations gratuites”

          Quelles affirmations gratuites ? Précisez ! Et vérifiez, c’est vous la plaie.

          Les affirmations gratuites viennent de Raoult qui n’a jamais publié ses datas.

    2. Bonjour,
      Je suis Un enseignant chercheur, ex Professeur dans un CHU français. Et comme vous j’ai lu, mais pas comme vous tout à fait compris ce que veut dire Mme Fillod.
      Ce qu’a fait le Pr Raoult, c’est une étude mal conduite, même un chercheur débutant n’oserait pas faire cela, pas de groupe témoin, pas de données cliniques…
      Mais, le pire, c’est L’ETHIQUE MÉDICALE. On peut faire une étude scientifique et la soumettre à la communauté scientifique. Mais on ne peut pas sur une etude aussi faible, donner de faux espoirs aux gens, se présenter comme un sauveur incompris, proposer un traitement dangereux.C’est très grave.
      Et le soutien populiste, complotiste que reçoit ce collègue, y compris de MEDECINS, est complètement effrayant pour le vieux monsieur que je suis.
      Et plus, quand je vois qu’alors que la très sérieuse revue The Lancet vient de démontrer l’inefficacité et la dangerosité de ce traitement à l’hydroxychloroquine, malgré tout, certains médias ( j’ai incidemment vu que LCI, BFMTV vont consacrer des émissions spéciales où le Pr Raoult pourra s’exprimer, probablement sans contradicteur), je suis complètement abasourdi par ce que notre monde est devenu. L’irrationnel et le sensationnel ont gagné sur la rigueur du raisonnement. Et dire que la France fut le Pays des Lumières. Triste avenir que ce monde qui se dessine où la vérité s’établit sans les faits, où la croyance l’emporte sur la raison, où domine une nouvelle dictature du peuple en quelque sorte, produite par réseaux sociaux et médias populistes.
      En tout cas, bravo Madame Fillod pour votre courage et votre honnêteté

      1. M. Rousseaux, je tiens à souligner que The Lancet est certes une revue très sérieuse, mais que comme n’importe quelle revue, elle n’est cependant pas en mesure de garantir que les résultats qu’elle publie sont solides. Par ailleurs, la revue elle-même ne “démontre” rien. Ce sont les résultats présentés dans l’article qui peuvent éventuellement démontrer quelque-chose. Enfin, cette étude ne démontre pas l’inefficacité et la dangerosité du traitement : comme les auteurs de l’article l’écrivent eux-mêmes, il faut des essais randomisés pour en avoir le coeur net.

        1. Bonjour Madame, oui bien sûr c’est un abus de langage de ma part, il s’agit de l’article publié dans la revue et non de la revue elle même.
          Certes, les auteurs militent pour l’urgence de réaliser un essai randomisé, qui sera peut être difficile à mettre en oeuvre, mais il me semble neanmoins que la compilation des résultats montre d’une part l’absence de bénéfice, d’autre part l’augmentation du risque cardio-vasculaire avec plus d’arythmie ventriculaire ce qui est quand même bien dangereux, et plus de risque de décès dans le groupe hydroxychloroquine…même si on ne peut totalement conclure puisqu’il s’agit d’un ensemble de données colligées et non d’une étude randomisée ..
          Mais tout cela est, j’espère que vous en serez d’accord, plus sérieux même si ce n’est pas parfait, que l’étude du Pr Raoult.
          Avec honnêteté et prudence quand même, on peut raisonnablement estimer qu’il est préférable de ne pas donner d’hydroxychloroquine pour traiter les patients atteints de la Covid 19

          Je mets ci dessous la conclusion de l’article du Lancet… Que j’avais lu bien sûr….

          In summary, this multinational, observational, real-world study of patients with COVID-19 requiring hospitalisation found that the use of a regimen containing hydroxychloroquine or chloroquine (with or without a macrolide) was associated with no evidence of benefit, but instead was associated with an increase in the risk of ventricular arrhythmias and a greater hazard for in-hospital death with COVID-19. These findings suggest that these drug regimens should not be used outside of clinical trials and urgent confirmation from randomised clinical trials is needed.

          1. Oui je suis d’accord avec vous : cette étude publiée dans The Lancet est plus sérieuse que ce qu’a produit le Pr Raoult sur ce sujet.

            Ma perception de ce qu’indique la compilation des résultats disponibles à ce jour est juste légèrement différente de la vôtre, au sens où je ne dirais pas qu’elle “montre” ce que vous indiquez. Si l’existence du risque cardio-vasculaire ne fait aucun doute (mais on le savait déjà, c’est juste son ampleur dans le contexte du Covid-19 qui est à préciser), j’estime qu’on ne peut pas à ce stade écarter la possibilité que “le protocole du Pr Raoult” présente un rapport bénéfices/risques favorable dans certaines situations. J’ai exprimé mon point de vue plus précisément ici : https://allodoxia.odilefillod.fr/2020/04/26/je-ne-suis-pas-complotiste-mais-a-propos-de-laffaire-raoult/#comment-7350.

        2. Bonsoir,
          Je pensais moi aussi que The Lancet était une revue sérieuse.

          « Un aveu choquant de l’éditeur de The Lancet, la revue médicale la plus estimée au monde, a été pratiquement ignoré par la grande presse et les médias dominants. Le Dr Richard Horton, rédacteur en chef de The Lancet, a récemment fait une annonce disant qu’un nombre scandaleux de publications d’études sont au mieux, peu fiables, quand elles ne sont pas complètement mensongères, en plus de frauduleuses. »
          https://criigen.org/un-aveu-choquant-de-lediteur-de-the-lancet/

          Concernant l’auteur principal de l’étude du 22 Mai, on pourrait si on voulait et si on fouillait un peu sa bio et ses relations, ouvrir une polémique au moins aussi importante, sinon plus, que celle sur le pr Raoult.
          Mais c’est un autre débat!

          1. Les problèmes évoqués par Horton ne sont pas propres au Lancet. Il s’agit de problèmes structurels qui concernent l’ensemble de la littérature en sciences biomédicales et n’épargnent pas les “grandes” revues. Cela ne signifie pas qu’il faut passer d’un extrême à l’autre : soit d’un côté croire que tout ce qu’on trouve écrit dans un article scientifique est vrai, ou que les conclusions d’une étude sont fiables dès lors que c’est publié dans une revue scientifique, ou encore qu’elles le sont si la revue est “prestigieuse” (c’est-à-dire si elle a un facteur d’impact élevé), soit de l’autre côté rejeter en bloc cette littérature en disant que de toute façon elle est vérolée. La portée et la solidité des résultats présentés dans un article scientifique doivent être évaluées au cas par cas en examinant un certain nombre d’éléments, ce qui nécessite des connaissances et des compétences spécifiques, et c’est pour cela qu’on a besoin d’une intermédiation scientifique professionnelle de qualité, ce qui manque cruellement aujourd’hui.

            Horton cite les problèmes suivants : “échantillons réduits”, “effets infimes”, “analyses préliminaires invalides”, “obsession de suivre les tendances d’importance douteuse à la mode” et “conflits d’intérêts flagrants”. Les trois premiers ne concernent clairement pas l’étude de Mehra et al : elle porte sur un très gros échantillon (plusieurs milliers de sujets), elle met en évidence des effets statistiques de taille très importante (exemple : + 45 % de mortalité dans le groupe HCQ+AZI vs le groupe contrôle après redressement pour tenir compte des différences entre les groupes dans les facteurs de confusion disponibles, redressement imparfait et peut-être très insuffisant, mais c’est un autre problème), et il ne s’agit pas de ce qu’on appelle une analyse préliminaire.

            Les deux derniers problèmes ne sont pas des défauts des études mais deux des moteurs de la production d’articles de mauvaise qualité (il y en a bien d’autres). On peut imaginer tout ce qu’on veut sur les motivations de Mehra et ses collègues à produire cet article, mais c’est prendre la question à l’envers. On ne peut partir de principe que l’article a été bidonné : ce sont des accusations graves, et fouiller dans la biographie d’un des auteurs ne peut en aucun cas démontrer que ces accusations sont fondées. Dans le cas de la première étude de l’IHU-Méditerranée dont je parle dans ce billet, tout part du constat que l’étude est de très mauvaise qualité et que ses données ont été largement “travaillées” pour pourvoir présenter certaines conclusions. C’est radicalement différent.

            1. Bonjour,

              il est reproché à R Horton des propos d’avril 2015 sur une réunion consacrée à la reproductibilité en biologie. Il ne s’agit pas de recherche clinique, bien que certains de ses arguments soient généralisables.

              Lisez l’éditorial et Horton et le rapport de la réunion avant de propager des informations non contrôlées
              https://www.redactionmedicale.fr/2020/05/covid-19-les-fake-news-de-douste-blazy-parlant-du-lancet-quil-ne-connait-pas-.html

              Mme Fillod, bravo pour votre persévérance… La méthode utilisée dans The Lancet est celle qui a été acclamée quand il a fallu montrer les effets indésirables du Médiator !

              Cordialement

            2. Bonjour et merci de la réponse.
              (Peut-être que mon post n’était pas au bon endroit car lié à l’article du 22 Mai de The Lancet)
              La question n’est pas de savoir si l’article du Lancet a été “bidonné”, ce que je ne pense pas, en tout cas volontairement, mais de savoir si les médias et les autorités de toutes sortes ne devraient pas vérifier leurs dires (qui ont un impact à grande échelle) avant d’affirmer certaines choses et de prendre des décisions.
              Si une étude est jugée de mauvaise qualité, elle ne devrait pas être publiée par un journal sérieux. Point barre.
              Et les critères de qualité et de sélection devraient être universels et communs à tous.

              Je pense (amha) que le probleme n’est pas scientifique, mais plutôt politique, financier, ou tout simplement humain. Ce qui expliquerait la difficulté de chacun à appréhender le probleme et la discussion de façon pragmatique. Le risque est d’avoir une discussion passionnante certes, mais plus passionnée qu’objective, que ce soit d’un coté ou de l’autre.
              Que ce soit de la part de lecteurs d’articles ou des créateurs d’articles.

              Que ce soit inconscient ou voulu, l’aspect purement scientifique est faussé et biaisé par d’autres aspects qui ne sont pas pris en compte scientifiquement, objectivement.

    3. Cher Dr Nature (naturopathe ?)
      votre façon d’exposer vos deux arguments qui se veut concise est au contraire emberlificotée et “l’antibiotique qui va bien ” n’est pas une formulation très pro, cela enlève toute crédibilité à votre propos.
      Vous qui dites aimer la rigueur : n’avez-vous pas trouvé les interventions filmées de DR et de son collaborateur très très laborieuses ?
      A part faire doctement la leçon, vous apportez quoi d’enrichissant au débat ?

      1. Chère francesca

        L’ “antibiotique qui va bien” est une expression à dessein (les anglais disent “ad hoc”), ayant pour but de mettre en avant le principe (= l’accompagnement par un antibiotique) plutôt que le choix technique (= l’azithromycine), qui est l’affaire des spécialistes dont je ne fais pas partie.

        Ma crédibilité n’est pas en question: je n’ai rien à vendre, je cherche à comprendre!

        Sur les vidéos de DR: une communication originale, avec une absence de modestie peu commune. Que cela ne vous empêche pas d’apprécier les choses sur le fond!

        Cordialement

  41. @Rousseaux

    Bonjour cher Monsieur

    Je comprends parfaitement votre soutien à Mme Fillod, car vous partez des mêmes a priori.

    C’est le problème de ce débat, d’ailleurs.

    Je ne suis ni dans le soutien ni dans la stigmatisation du Pr. Raoult, mais les attitudes fermées, les a priori n’ont à mon sens pas de place ici.

    Pour vous citer: “pas de groupe témoin”
    C’est précisément LA question, que je reprends au 1/ ci-dessus. Pourquoi un groupe témoin?
    Vous n’y répondez pas plus que Mme Fillod. Il faut un groupe témoin, point barre, aucun argument déontologique ni historique n’est recevable.

    Et encore: “la très sérieuse revue The Lancet vient de démontrer l’inefficacité…”
    Mais, comme les auteurs le disent eux-mêmes (avez-vous LU le papier?), il n’y a PAS de groupe témoin dans cette étude, et ils demandent de façon urgente une étude complémentaire avec.

    Ce deux poids deux mesures, inadmissible en science, suffit à vous ôter tout crédit, et j’en suis désolé.

    Je vous suivrai par contre sur votre affirmation “L’irrationnel et le sensationnel ont gagné sur la rigueur du raisonnement”, que vous illustrez parfaitement.

    Bien cordialement

    1. Monsieur Dr Nature, qui n’a pas le courage de s’exprimer publiquement autrement que sous pseudonyme.

      Si je n’ai pas répondu à votre commentaire infatué, méprisant (“votre propos désole”, “il manque cruellement à votre diatribe […]”, “outre le déplaisir de lecture”, “lecture laborieuse”), contenant des accusations non étayées (“Votre propos minutieux souffre d’un biais permanent”, et voici maintenant que vous vous permettez d’affirmer que j’ai des a priori – que je sais ne pas avoir), c’est parce que c’était au-dessus de mes forces de répondre gentiment et encore une fois à un commentaire aussi désagréable et stupide. J’aurais dû me douter que vous reviendriez à la charge sur le mode : si vous n’avez pas répondu, c’est que vous n’avez rien à répondre car j’ai raison, hé hé ! Je vais donc faire cet effort, surtout pour les gens qui liront ce fil de discussion car je crains fort que vous soyez incapable de tirer profit de ma réponse.

      – Premièrement, vous reprochez à ce billet blog de ne pas respecter les codes de “toute communication scientifique”, ce qui est ridicule. Ai-je prétendu que ce texte était une communication scientifique ? Non.

      – Deuxièmememnt, votre argument est qu’ “il y avait deux questions” et que mon texte n’y répond pas, or je n’ai pas écrit ce billet pour répondre aux deux questions que vous formulez ni n’ai prétendu les adresser spécifiquement. Les gens qui critiquent un texte avec ce genre d’argument, si vraiment il faut leur répondre, je leur dis d’aller voir ailleurs puisque les questions que je choisis d’adresser ne sont pas celles qui les intéressent. Un éminent directeur de recherche est intervenu sur mon mur Facebook sur le même mode, ne cessant d’intervenir pour dire que ça n’avait aucun intérêt de parler des études et propos publics de Didier Raoult, que ce qu’il fallait critiquer, c’était la politique de santé publique… Bref.

      – Troisièmement, je réponds à vos questions mal formulées.

      1) “Le Pr. Raoult a-t-il eu raison, scientifiquement et médicalement, de ne PAS se soumettre à un protocole randomisé avant de procéder à son traitement « de masse » sur les Marseillais (volontaires)?”

      Ce n’est pas lui qu’il s’agissait de soumettre à un protocole, mais à des Marseillais paniqués par le virus et trop pleins de confiance aveugle dans celui qui s’est présenté comme un sauveur, mais passons.
      Scientifiquement, si vous entendez par là “avec l’objectif de faire avancer la connaissance scientifique sur l’efficacité éventuelle de son protocole”, il a incontestablemet eu tort. Comme chacun sait, il n’a rien apporté sur ce plan, laissant les autres s’en charger.
      Médicalement, si vous entendez par là “en tant que médecin, avec l’objectif de prendre en charge au mieux ses patients”, je ne veux pas me prononcer car je n’ai pas tous les éléments nécessaires pour le faire. Je ne me suis d’ailleurs jamais exprimée sur ce sujet.

      2) “Les résultats du Pr. Raoult sont-ils sincères, et si oui que prouvent-ils?”

      Si par “sincères” vous entendez “obtenus au moyen de données simplement prises pour ce qu’elles étaient, sans aucune manipulation ni surinterprétation conduisant à en tirer des conclusions qu’elles ne permettaient pas de tirer en réalité”, mon opinion est qu’ils ne le sont pas.
      Que prouvent-ils ? Rien, comme le démontre le fait que de multiples essais ont été lancés dans le monde (y compris par Sanofi) pour savoir si oui ou non, l’hydroxychloroquine associée ou non à l’azithromycine présente un rapport bénéfices/risques favorable dans le Covid-19.

      – Quatrièmement, vous écrivez maintenant : “C’est précisément LA question, que je reprends au 1/ ci-dessus. Pourquoi un groupe témoin? Vous n’y répondez pas plus que Mme Fillod. Il faut un groupe témoin, point barre, aucun argument déontologique ni historique n’est recevable.”
      Si vous aviez simplement posé cette question, je vous aurais répondu que compte tenu du fait que le traitement n’a pas d’effet spectaculaire évident*, avoir un groupe témoin est la seule façon de savoir si le protocole apporte oui ou non un bénéfice par rapport au standard de soin.

      * En particulier, des gens traités meurent quand même. Dans la plus grossse étude publiée par l’IHU, il y a 0.94 % de mortalité chez les personnes traitées au moins 3 jours selon le “protocole Raoult”, ce qui n’a rien de spectaculaire sachant que leur cohorte composée de personnes particulièrement peu à risque de décès n’est pas du tout comparable à la population hospitalisée pour covid-19 chez laquelle on observe une mortalité bien supérieure, et sans doute assez proche d’une population de cas confirmés chez laquelle on observe une mortalité similaire sans ce traitement (mais Didier Raoult se garde bien de fournir les éléments qui permettraient de le savoir).

      1. Merci mem Fillod pour vos réponses.
        Il manque juste de répondre à celle du deux poids deux mesures qui vous ai reproché par Dr Nature :

        => “Et encore: « la très sérieuse revue The Lancet vient de démontrer l’inefficacité… »
        Mais, comme les auteurs le disent eux-mêmes (avez-vous LU le papier?), il n’y a PAS de groupe témoin dans cette étude, et ils demandent de façon urgente une étude complémentaire avec.
        Ce deux poids deux mesures, inadmissible en science, suffit à vous ôter tout crédit, et j’en suis désolé.”

        Curieux de lire la suite.

        1. Ce n’est pas moi qui ai écrit “la très sérieuse revue The Lancet vient de démontrer l’inefficacité” (j’ai au contraire critiqué ce morceau de phrase), donc ce reproche de “Dr Nature” ne s’adresse pas à moi.

    2. Par ailleurs j’aime beaucoup votre remarque :

      “Mais, comme les auteurs le disent eux-mêmes (avez-vous LU le papier?), il n’y a PAS de groupe témoin dans cette étude”

      Vous n’avez donc vous-même pas lu ce papier, puisqu’il y a dans cette étude un groupe témoin. Il ne s’agit pas d’un essai clinique randomisé en revanche, mais c’est un autre sujet.

      1. Chère Madame Fillod

        Je vous présente mes excuses pour le tort personnel que je vous ai causé.
        Une certaine légèreté de tournure, ayant pour origine la force, pour ne pas dire plus, avec laquelle vous vous exprimez, vous a touchée.
        Avec le recul j’aurais pu choisir d’autres mots.

        Cela dit, vous vous méprenez: je me contrefiche d’avoir raison, je souhaite simplement comprendre.

        De votre côté, si vous n’acceptez pas de retour critique sur votre travail, ne le publiez pas!

        Enfin, je vous remercie pour vos effort pour répondre à mes questions 1/ et 2/.
        Il reste dommage que vous continuiez d’employer les mots de “remède miracle”, “sauveur”, etc., que je n’entends que dans la bouche des détracteurs de la chloroquine.
        Là, la science est vraiment loin…

        1. Didier Raoult a prétendu en février que la “fin de partie” était arrivée pour cette maladie, qui grâce à la l’action spectaculaire de la chloroquine était “probablement l’infection respiratoire la plus facile à soigner de toutes les infections virales”. Il a ensuite prétendu en mars avoir “guéri en 6 jours” tous ses patients traités par la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine. Cela revient bien à présenter ces traitements comme des remèdes miracles, même si ni lui ni ses fans n’ont évidemment employé cette terminologie ironique.

          Pour ce qui est de la notion de “sauveur” en revanche, je l’ai trouvée dans la bouche de ses fans. Regardez par exemple la description du groupe Facebook Didier Raoult vs Coronavirus dont j’avais fait une copie le 29 mars : https://allodoxia.odilefillod.fr/wp-content/uploads/2020/05/20200329_Groupe-FB-Raoult-vs-Coronarovirus.jpg

          1. Odile,
            vous pouvez si vous voulez extraire des expression et en faire la critique
            vous pouvez dénoncer l’exagération
            mais vous devriez à tout le moins souligné que RAoult se contredit lui-même quand il est beaucoup plus prudent ailleurs
            mais cela vous gênerait sans doute dans votre travail de démolition ?

            Par ailleurs, bravo vous avez trouvé des fans qui ont dit que Raoult était un ours, pardon un sauveur
            Il est heureux que vous vous démeniez ensuite démontrer que ce n’est pas un ours, en réalité.

            Non plus sérieusement, vous glissez par passion das ce débat. C’est dommage à côté vous faites preuve de beaucoup de rigueur.

            Effectivement je rejoins le camarade en disant que cela vous décrédibilise grandement.
            C’est dommage si le reste est d’intérêt, car beaucoup vont passer à côté.

            1. Votre commentaire est fait de reproches vagues et de procès d’intention qui ne sont étayés par rien de factuel, sans compter des passages incompréhensibles (“vous devriez à tout le moins souligné que RAoult se contredit lui-même quand il est beaucoup plus prudent ailleurs” ?? ; “je rejoins le camarade en disant que cela vous décrédibilise grandement” ??).
              Je n’en vois donc pas l’intérêt, ni ce que je pourrait bien y répondre.

              1. Pardon je n’étais pas clair
                Vous faites souvent des extractions de propos de Raoult pour ensuite dire “ah regardez c’est pas vrai !”.
                Or, Raoult dans d’autres passages explique ces déclarations, les amende, les recontextualise, les relativise, rappelle un propos liminaire qu’il a donné avant pour le comprendre, et même dans certains cas il contredit ces extraits.

                Mais vous ne le relevez pas cette fois. Vous restez bloquée sur l’extrait que vous isolé pour le critiquer.
                C’est dommage.

                Ce qui est en revanche plus grave c’est quand vous détournez (volontairement ?) un propos. Par exemple la « fin de partie » était arrivée pour cette maladie.
                Comment pouvez vous interpréter ainsi la notion “fin de partie” ?
                Personnellement, je l’ai plus compris comme fin de partie avec d’autres chercheurs. Mais je ne vais certainement pas écrire que c’et ce qu’il a voulu dire.
                Là c’est très dommageable.

                1. Vous commencez à me casser sérieusement les pieds avec vos accusations infondées.
                  Encore une fois des reproches vagues sans rien de factuel : “vous faites souvent ceci”, “vous restez bloquée sur cela”, sans rien dire de précis.

                  Je n’ai détourné aucun propos de Didier Raoult, qui a bel et bien annoncé la fin de partie pour le coronavirus dans sa vidéo du 25 février intitulée “Coronavirus : fin de partie !”, je le cite à nouveau : “c’est efficace sur les coronavirus, avec 500 mg de chloroquine par jour pendant 10 jours, il y a une amélioration spectaculaire et c’est recommandé pour tous les cas cliniquement positifs d’infection à coronavirus chinois. Donc c’est une excellente nouvelle, c’est probablement l’infection respiratoire la plus facile à traiter de toutes, et donc c’est pas la peine de s’exciter […]”.

                  Le 8 avril, dans cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=a2HgVJpVWIc&feature=youtu.be, il a confirmé qu’il parlait bien de la fin de partie pour cette maladie. Je cite : “Si vous voulez, les gens qui sont les sachants, c’est-à-dire en pratique les Chinois, puis les Coréens, qui ont eu la première vague, ONT TRAITES CA EN UTILISANT CE PRODUIT que tout le monde connaît très bien, et ILS DISENT “écoutez, ça marche”. Comme preuve, ils contrôlent entièrement la maladie : depuis que moi j’ai dit “fin de partie”, effectivement C’EST LA FIN DE PARTIE EN CHINE. C’EST FINI. Ils ont arrêté la maladie […]”.

                  1. Désolé de vous vexer.
                    Oui je connais cette déclaration de Raoult. Mais vous avez écrit plus haut : “Didier Raoult a prétendu en février que la « fin de partie » était arrivée pour cette maladie”.
                    Vous n’avez pas dit en Chine.
                    Alors peut-être avez vous été imprécise.
                    D’ailleurs il est tout à fait possible que dans cette déclaration Raoult se raccroche aux branches suite à sa déclaration péremptoire.
                    En faire un sujet d’exégèse me parait à côté du principal.

                    L’autre exemple est la prétention de traitement miracle. Raoult et son éqiupe font des partages de données et lui des conférences qui toutent contredisent la thèse d’un traitement miracle.
                    Vous avez raison de solever les excès de langage et notamment ça tendance à l’hyperbole, dans le champ médiatique au moins. Mais enfin réduire sa position à telle ou telle déclaration sans les reprendre dans une appréhension d’ensemble est fallacieux et sans doute malhonnête.

                    1. Je ne suis pas vexée.

                      Je n’ai pas dit “en Chine” concernant sa vidéo de février car Didier Raoult n’a pas dit alors que c’était la fin de partie “en Chine”, mais bien la fin de partie tout court. Votre mauvaise foi est confondante.

                      C’est vous qui êtes revenu sur ces propos de Didier Raoult pour en proposer votre exégèse et prétendre à tort que je les avais déformés.

                      Depuis février, Didier Raoult a affirmé énormément de choses concernant le coronavirus, son traitement, l’évolution à prévoir de l’épidémie ou encore ses conséquences prévisibles en termes de mortalité. Comme une montre cassée qui donne la bonne heure deux fois par jour, il n’a bien-sûr pas dit que des choses fausses ou stupides (la plupart du temps, ses propos corrects relevaient de l’évidence, typiquement son explication que pour limiter la propagation de l’épidémie, il fallait tester le plus possible et isoler les personnes positives). Par ailleurs, face à la réalité, il a bien été obligé au fil du temps de nuancer ses affirmations tapageuses. Mon billet de blog n’avait pas pour objet de faire une présentation de l’ensemble de ses propos, et votre accusation de malhonnêteté est donc infondée.

                      Si vous revenez encore une fois là-dessus et persistez à me taxer de malhonnêteté, sachez que votre commentaire partira à la poubelle.

      2. Madame Fillod,

        Concernant la confusion que vous me prêtez sur l’étude du Lancet.

        Ma compréhension était que “randomisé et “groupe de contrôle” vont de paire. Voici la définition que j’avais notée

        L’essai randomisé contrôlé est un protocole expérimental de recherche clinique comparant
        • un groupe expérimental dit «intervention» testant une nouvelle thérapie ou une nouvelle action de prévention santé, et
        • un groupe dit «contrôle» suivant les recommandations standards (soins courants) ou prenant un placebo.

        Cette définition se tient, mais le Lancet parle de “groupe de contrôle” sans randomisation, ce qui reste à faire sens.

        Le Lancet, pour finir, écrit
        These findings suggest that these drug regimens should not be used outside of clinical
        trials and urgent confirmation from randomised clinical trials is needed.

        Nous sommes donc bien dans la suggestion, et pas dans la statistique.

        Bien cordialement

        1. La définition que vous indiquez n’est pas correcte, et vous n’avez donc rien compris.

          La notion de groupe de contrôle renvoie au fait de comparer le groupe traité à un groupe non traité afin de mesurer la différence entre les deux dans le devenir des patients. C’est par exemple ce qu’a fait Didier Raoult dans sa première étude, qui comporte un groupe contrôle, mais qui n’est pas randomisée.

          La randomisation renvoie au fait de tirer au hasard. Dans un essai contrôlé randomisé, il y a non seulement un groupe expérimental et un groupe contrôle, mais on affecte au hasard les patients à l’un ou l’autre des groupes à l’inclusion.

          Quant à votre dernière remarque (“Nous sommes donc bien dans la suggestion, et pas dans la statistique”), je ne sais que vous dire. Les bras m’en tombent.

          1. Merci Madame Fillod

            Nous avons donc bien exactement la même définition du randomisé, ce qui est heureux.

            Par contre, l’ utilisation d’un groupe de contrôle sans randomisation continue de ne pas faire sens.

            Par exemple, je traite 100 patients d’une ville et je prend comme “groupe de contrôle” tout ceux de la ville que je n’ai pas traités. Valeur statistique nulle.

            Gardez vos bras, et votre humour, et bonne route.

            Bien cordialement.

    3. Cher Monsieur,
      Si vous ne comprenez pas, ce qui est le préalable à toute expérimentation scientifique, et que l’on enseigne partout, y compris dans les sciences médicales, qu’il faut, pour démontrer qu’un médicament est efficace, comparer à ce que donnerait l’absence d’administration du médicament, ce que l’on appelé parfois le groupe Placebo, je ne peux rien pour vous. Il vous manque les clés de la compréhension.
      Sinon comment voulez vous faire pour savoir si sans le traitement le patient ne guérit pas tout seul.
      Et cela se fait pour n’importe quel traitement, l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque, par exemple.
      C’est ce que font toutes les entreprises pharmaceutiques qui testent l’efficacité d’un médicament.
      Vous devriez le savoir, vous qui vous dites docteur.
      Votre incapacité à saisir cette démarche, qui est la base de toute la science depuis que celle-ci existe, me stupéfie et me fait peur, parce que je croyais que le bon sens, comme disait Descartes, est la chose au monde la mieux partagée…

      1. Merci pour votre retour, mais vous répétez qu’en dehors d’un groupe placebo, point de salut.

        Vos exemples, tous valables, ne concernent QUE les maladies chroniques.

        Je n’ai toujours pas connaissance d’exemples de maladie infectieuse pandémique ayant été traité (avec succès) selon un tel protocole.

        Bien cordialement

        1. Très juste.
          C’est étonnant cette obsession sur une méthodologie (de Rousseaux ci-dessus et de d’autres), prise de façon absolue, sans réfléchir à la question qu’on veut résoudre.

  42. Cet article date du 26 Avril, 1 mois après la bataille.
    1 mois avant, on était “En guerre” selon les termes de certain, et la courbe des décés exponentielle.
    -d’abord moins de 10 décès, du 23 Janvier au 6 Mars (2 semaines),
    -puis de 10 à 100 décès, du 7 Mars au 14 Mars (1 semaine),
    -puis de 100 à 1000 décès, du 15 Mars au 23 Mars (1 semaine),
    -puis de 1000 à 10.000 décès, du 24 Mars au 6 Avril (2 semaines),
    -et depuis le 7 Avril, dans la phase des dizaines de milliers (de 10.000 , 20.000, etc.) 4 semaines ont suffi pour créer une pénurie de lits d’hôpitaux et plus de 10.000 décés.
    Il conviendrait donc de remettre les efforts de certains dans leur contexte.
    1. on n’attend pas 6 semaines avant d’appuyer sur la gâchette
    2. on n’enlève pas les munitions aux soldats
    3. on préfère amputer une jambe que laisser crever un blessé
    4. on ne se pose plus certaines questions (d’éthique, de fric, etc.)
    5. on ne fait plus de belles phrases, alambiquées et ambiguës. On donne des ordres clairs.
    6. on motive les troupes
    7. on fait des choix rapidement pour sauver le maximum de gens
    8. on fait de la médecine de guerre
    9. on applique l’art de la guerre de Sun Tzu, mais contre le véritable ennemi à combattre.
    10. On concentre ses forces sur l’essentiel (sauver des vies humaines, gagner la guerre), pas le superflu.
    etc.
    NOTE:
    La courbe des décès a commencé à baisser mi-Mars. Peut-être qu’un jour on saura pourquoi, si on s’y intéresse, plutôt que de s’intéresser à des choses qui sont faites peut-être pour détourner l’attention!

    1. Pour reprendre votre sémantique guerrière on voit bien que vous n’étiez pas sur le champ de bataille. Moi oui. Et heureusement qu’on réfléchit. Certains sont sortis de réa sans HC (et sur leurs 2 jambes), d’autres sont morts malgré l’HC.
      Vous partez du principe que l’HC marche parce qu’un seul gars dit que ça marche. S’il avait dit qu’il fallait administrer, soyons fous, un laxatif pour éliminer plus vite le virus, vous auriez suivi aussi aveuglément. L’Art non pas de la guerre, mais de dire n’importe quoi.

    2. A l’attention de monsieur Zitta : une des raisons pour expliquer la baisse de mortalité, outre le confinement qui a évité l’engorgement des services de réanimation , est tout simplement la meilleure connaissance, acquise en accéléré, des aspects traîtres de ce virus : à quel moment précisément il fallait intuber ( moins précocement que lors des pratiques du début) avec quelles drogues lutter contre l’orage cytokinique, etc… les réanimateurs des différents hôpitaux et des différents pays ont très vite communiqué entre eux pour partages des désarrois, des expériences, des succès ou échecs de telle ou telle méthode, tant ce virus est déconcertant. Toutes les troupes étaient motivées, vous pouvez en être sûr. C’était un challenge. Ça l’est encore aux USA. Jamais l’équipe marseillaise ne s’est illustrée dans cette chaîne solidaire. Ce qui a sauvé bien des gens, ce sont les prouesses de la réanimation. Y compris pour ceux qui y sont entrés alors qu’ils prenaient de l’HC depuis le début et sont restés des semaines intubés à plat ventre.
      Aujourd’hui on a tous droit à notre sérologie : certains soignants se découvrent positifs avec stupéfaction. Avec un éventail aussi large, qui va de zéro symptôme à la détresse respiratoire, vous comprenez que le problème est complexe et qu’il aurait été dommage de couper des jambes alors qu’on n’allait pas mourir ?

      1. Oui , mail il y a d’autres raisons qui peuvent expliquer la baisse de mortalité à compter de mi-mars.
        A ce sujet, oublions l’HCQ sujet de tant de polémiques.
        Il y a de nombreux témoignages de soignants, et meme une circulaire, qui parlaient de tri des patients, d’euthanasie des personnes âgées, de tri des respirateurs, etc. Vous en avez certainement entendu parler, ou l’avez meme vécu puisque vous étiez sur le champ de bataille? Le nombre d’hospitalisations et de réa n’a t’il pas été tout au long de cette crise la principale préoccupation de nos dirigeants ? Le nombre de décés à l’hôpital, n’a t’il pas été leur seul focus dans les points du jour, au point d’en oublier les EHPADS jusqu’au 3 Avril? Et au lieu d’augmenter, la courbe des décés a commencé de baisser. Bizarre.
        PS: Depuis le 21 Mai, jusqu’à au moins la date de mon post (28 Mai) il n’y a encore plus aucune communication sur le nombre de décés en EHPADS)

        Bref, si c’est vrai, ce sacrifice des vieux a grandement contribué aussi à libérer des lits en réa, et donc à faire baisser le taux de létalité covid.
        Pour être objectif, ne faudrait-il pas inclure les décés “compassionnels” et les décés “collatéraux”?
        Ne faudrait-il pas aussi tenir compte des décès à domicile, en particulier ceux des personnes âgées ?

    3. L’ étude suivante de l’ANSM est à rapprocher de la courbe des décès par covid19…Il semblerait bien que les prescriptions d’HCQ aient eu un impact positif sur la baisse des décés. Il suffit de regarder le nombre de prescriptions supplémentaires de HCQ et de traitements “à la DR (46000 en tout) entre le 18 Mars et début Avril.
      Si la HCQ avait été si mortelle que ce que certains disent, la mortalité aurait du être beaucoup plus élevée et continuer à augmenter exponentiellement vu que les hôpitaux avaient atteint leur capacité maximale.
      Début Avril, on était dans les 10.000 décès).
      Peut-être que sans HCQ, on en aurait été à 50.000 ?

      https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Usage-des-medicaments-en-ville-durant-l-epidemie-de-Covid-19-point-de-situation-apres-cinq-semaines-de-confinement-Point-d-information

      1. La baisse de mortalité n’est pas un indicateur de l’efficacité de l’HC.
        La mortalité a baissé :
        – par meilleure connaissance de l’ennemi et de la façon de le terrasser. Au début de l’épidémie il y a eu beaucoup de décès tristement « injustes », par effet de surprise, impréparation généralisée, sauf effectivement DR qui avait fait le stock de tests parce qu’ « il communique avec les chinois » . L’avez-vous entendu alerter le pays sur sa clairvoyance ? Non. On connaît la suite. L’Art de la guerre que vous citez est un petit opuscule sur l’Art de la manipulation de l’ennemi. Pour DR l’ennemi c’est l’Autre, le « système », ses confrères, je ne sais quoi, mais pas le virus qui fait sa célébrité.
        – le confinement. C’était un des buts.
        – les plus fragiles sont morts très vite, dès le début ce qui a créé un surnombre de départ.
        – tous les hôpitaux n’étaient pas dans leur capacité maximale d’accueil. Cela a été très disparate en fonction des foyers. D’où les transferts de patients vers des réa solidaires vides de covid. Ce qui a permis de sauver beaucoup de vies en ayant des équipes « fraîches » pour s’occuper de ces patients transférés, et en libérant des places dans les zones très concernées.
        Bref, une organisation trop tardive, c’est reconnu au plus haut niveau de responsabilité, mais une organisation qui a fini par être efficace.

        1. Bonjour,
          1. Comment quiconque peut affirmer que la baisse de mortalité n’est pas un indicateur de l’efficacité de l’HC? Voir le rapport de l’ANSM. (https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Usage-des-medicaments-en-ville-durant-l-epidemie-de-Covid-19-point-de-situation-apres-cinq-semaines-de-confinement-Point-d-information )
          Peut-etre que la HCQ n’est pas efficace, mais si elle était si mortelle que ça, on aurait du avoir des dizaines de milliers de décés supplémentaires en France. Ce qui n’a pas été le cas, meme si les chiffres des décés sont faux (sous-évalués et pas en temps réel (contrairement à la Belgique par exemple).
          2. Il n’est pas prouvé que la mortalité a baissé grace au confinement total. . Il n’y a qu’à faire un tableau excel du taux de mortalité par pays et regarder ceux qui ont confiné et ceux qui n’ont pas confiné. Ce que j’ai fait à diverses dates. La France est 5eme au monde, devant les pays qui n’ont pas confiné.
          3. Vous oubliez le scandale du tri des patients etc. qui a été rapporté par les soignants (pas uniquement en France) AVANT que les mesures de transfert et autres pansements dont vous parlez ne soient mises en place.

          1. Je laisse Francesca vous répondre si elle le souhaite mais quant à moi je jette l’éponge : vos arguments sont vraiment trop fantaisistes et je n’ai pas le courage d’en faire un démontage qui vous laisserait sans doute indifférent de toute façon. Inutile de poster encore un commentaire sur ce fil ou de cet acabit, a fortiori sur des questions qui n’ont plus rien avoir avec le contenu de mon article, je ne le publierai pas. Mon blog n’est ni un forum de discussion, ni un exutoire, ni un support de diffusion de tout et n’importe quoi.

          2. Quoi de mieux qu’une pandémie pour exciter tous les fantasmes complotistes alimentés par certains soignants dégoulinant d’émotion devant les caméras de BFM etc…et bcp de journaux pour vendre en excitant les bas instincts humains ?
            Je réponds sur 2 points :
            – le tri des patients : il n’y a pas eu de circulaire, ce sont juste des recommandations de la SFAR du 19 mars rédigées pour guider les soignants et surtout les régulateurs dans cette situation exceptionnelle. Elles n’auraient pas existé, cela aurait été également reproché.
            Le « tri » des patients avant admission en réa existe depuis TOUJOURS : ce n’est pas un tri à la descente d’un train (je vous vois venir), c’est un arbitrage décidé de façon collégiale et éthique (oui oui). Une réanimation n’est pas une expérience anodine, il faut mesurer AVANT l’admission s’il ne s’agit pas d’une obstination déraisonnable selon des critères bien trop longs à exposer ici ( et ce n’est pas l’objectif de Madame Fillod qui nous accueille). La pandémie a mis le projecteur sur cette bonne pratique qui évite de faire n’importe quoi. Il est vrai que durant cette période il a fallu enchaîner les arbitrages et c’est éprouvant. Et s’il était certain qu’un patient, en raison de ses comorbidités, n’aurait pas survécu car impossible à sevrer d’un respirateur, il était accompagné et non pas euthanasié pour ne pas mourir en pleine panique de sa détresse respiratoire.

            1. – « le sacrifice des vieux » en EHPAD : c’est une formulation abjecte. Les Personnels d’ EHPAD ont fait un travail admirable pour éviter le pire sans laisser sombrer leurs résidents. Certains EHPAD ont malheureusement été très affectés. Connaissez vous la population des EHPAD ? En moyenne 80% d’Alzheimer et/ou grabataires. Est ce que cela a un sens de réanimer ces personnes ?
              A propos des « vieux » , DR leur a t’il proposé son dépistage de masse ? Avez vous vu des fauteuils roulants dans la file d’attente ? C’est bien pratique d’éliminer les fragiles de son centre. D’autres hôpitaux les ont pris et on fait le job, et figurez vous que les moins fragiles d’entre eux ont guéri sans passer par la case réa.

  43. A propos de l’effet placebo:
    Si on rabâche dans les médias et aux patients qu’un traitement est à risques, cela ne va t’il pas avoir un effet néfaste sur son effet. Si l’effet placebo existe et a été scientifiquement prouvé depuis les années 50, l’effet” anti-placebo” existe aussi. Il est donc important (AMHA) de faire intervenir dans les essais une composante “psychologique” , de définir comment doit être géré un patient testé sur le plan humain, et de le documenter dans toute étude.
    https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/les-vrais-secrets-de-l-effet-placebo-51442
    http://www.slate.fr/lien/34439/medicaments-placebo-douleur

  44. Ce qui m’interroge avec le traitement Raoult c’est qu’il suggère une action anti virale de l’HCQ, jamais prouvée. Ensuite, sans HCQ la charge virale semble baisser d’elle même chez les patients, y compris pour les cas graves en réa, on peut donc supposer que ce sont les cytokines naturelles( Dr Nature va aimer… ) qui font baisser la charge virale.

    Raoult prescrit de grosses doses d’HCQ, la conséquence pourrait être de diminuer voire bloquer le taux de cytokines naturelles nécessaires, et donc de retarder la baisse de charge virale, donc hospitalisation plus longue. La logique serait plutôt des doses modérées de HCQ moins dangereuses( au cas où HCQ aurait un effet sur les cytokines mises en jeu par le Cov, à prouver ) de manière à prévenir ou ralentir l’apparition d’un orage cytokinique, un peu comme un alpiniste est encordé en cas de chute, mais la corde ne l’empêche pas de continuer son escalade.

  45. 1/3 @Dr Nature: permettez que j’éclaire un peu votre lanterne. L’allocation randomisée entre groupe de traitement et groupe de contrôle est le “golden standard” de l’expérimentation, médicale ou non. Elle n’est pas toujours possible. Mais cela ne signifie pas qu’on ne puisse mener aucune étude statistique pertinente. Deux cas peuvent se présenter:

    (1) Les groupes de contrôle et de traitement ont été déterminés au hasard. Dans ce cas, l’efficacité du traitement peut, au moins théoriquement, être évaluée en comparant simplement la différence de valeur des moyennes calculées pour “l’outcome”, autrement dit le résultat, qui est retenu pour évaluer l’efficacité. Par exemple le taux de mortalité, le pourcentage de patient porteurs du virus etc. Si les échantillons sont suffisamment grands (au moins plusieurs centaines d’observations dans chaque groupe), la loi des grands nombres garantit que la comparaison des moyennes fournira un résultat non biaisé. La taille de l’échantillon est très importante, car si trop peu d’observations sont présentes dans les deux groupes, il n’est pas possible d’exclure la possibilité que des caractères non observés et corrélés à l’administration du traitement expliquent en réalité les différences mesurées. Ceci étant, même dans cette situation idéale (tirage au hasard d’un grand nombre d’observations), il est recommandé de “contrôler” l’éventuelle influence des caractères observables mesurés lors de l’expérimentation (âge, sexe, comorbidités etc.)

    (2) Les groupes n’ont pas été tirés au hasard. Dans ce cas, on peut néanmoins procéder à une évaluation statistique de l’efficacité du traitement. La méthode reste la même (on compare toujours des moyennes), mais il est alors indispensable de tenir compte de toutes les différences observables entre les personnes traitées et les personnes non traitées et il faut de grands échantillons.

  46. 2/3 @Dr Nature:

    Pourquoi dans ces conditions, les essais randomisés sont-ils préférables ? Parce que, comme je l’ai indiqué, dans le cas où les deux groupes ne sont pas tirés au hasard il subsiste la possibilité que des caractères inobservables interviennent. Ceux-là existent aussi évidemment dans les essais randomisés. Mais, à nouveau, la loi des grands nombres assure qu’en moyenne leur influence est nulle.

    Maintenant les questions que vous devez vous poser quand vous lisez une étude comme celle du Lancet sont les suivantes:

    (1) L’échantillon est-il assez grand pour que la loi des grands nombres s’applique ?
    (2) Les auteurs ont-ils bien tenu compte de tous les caractères observables susceptibles de biaiser les résultats s’ils sont exclus de l’analyse ?
    (3) Peut-on penser à des caractères inobservables, corrélés à la prise du traitement et qui pourraient expliquer les résultats trouvés ? Lesquels ?

    Les auteurs de l’étude du Lancet ont effectués des tests de robustesse pour mieux appuyer leurs résultats. D’une part, ils emploient une méthode dite de “matching” (en français appariement) consistant à pondérer les observations du groupe de contrôle de façon à ce que leurs caractéristiques observables soient en moyenne aussi proches que possible de celles des observations des personnes traitées. Cela conduit à un impact (négatif) plus fort des traitements testés. Vous noterez que les auteurs n’ont pour autant pas insisté sur ce résultat. Voilà pour les contrôles observables. D’autre part, et j’en viens maintenant aux inobservables, ils ont, par des méthodes de simulation, évalué quel devrait être l’importance d’un caractère inobservable, encore une fois corrélé à l’administration du traitement, pour expliquer les résultats de leur étude.

  47. 3/3 @Dr Nature:

    Ces questions valent également pour l’étude du professeur Raoult et de ses coauteurs. Dans cette étude, les échantillons sont-ils choisis au hasard ? Sont-ils grands ? Tous les caractères observables ont-ils été pris en compte ? Ne peut-il y avoir des caractères inobservables qui viennent biaiser les résultats ?

    M. Raoult défend son traitement au motif que les gens qu’il soignent se remettent très vite de la Covid. Mais ces gens sont-ils tirés au hasard ? Il me semble qu’ils font (ou ont fait car l’épidémie n’est plus aussi forte) la queue pour se faire dépister et soigner. On est loin de l’échantillon randomisé. Qui peut garantir qu’il n’y a pas un biais d’autosélection ? Voire un effet placébo très important ? Les gens qui vont à l’IHU sont sans doute dans leur très grande majorité convaincus de l’efficacité du traitement de l’IHU et apparemment plus jeunes que la moyenne. L’effet placébo peut être une bénédiction, si vraiment les gens qui suivent le traitement croient à son efficacité et si cette croyance seule suffit à les guérir. Mais quid des autres ?? Pour être administré à l’ensemble des malades, le traitement doit avoir un effet “au delà” de l’effet placébo. Or M. Raoult n’a pas été en mesure de prouver cet effet, ni n’a même manifesté la volonté de le faire.

    C’est bien tout le problème et il est un peu court de rejeter l’étude du Lancet sans le moindre argument scientifique au motif qu’elle serait “foireuse”.

    1. @philippe
      Vos questions sont plutôt légitimes, elles ne semblent pas tomber dans le procès d’un tricherie en bande organisée.
      Cependant votre dernière phrase semble tomber de la planète mars. Il y a plein d’arguments qui circulent et qui effectivement laisse penser que cette étude est une arnaque. Raoult en a donné quelques-uns, Mucchielli d’autres, et il y a plusieurs sources anglophones qui ont vivement critiqué ce papier.
      C’est à vrai incroyable de se mettre des œillères comme ça, je ne sais pas si c’est Raoult qui fait cet effet de toute part, mais c’est vraiment étonnant alors qu’à côté vous semblez poser des questions de façon pondérée.

      1. Cher Marten: quels sont donc les arguments de M. Raoult ? Moi je ne l’ai entendu qu’affirmer qu’il ne remettrait pas en cause ses convictions au motif qu’il a vu des centaines de malades et les auteurs de l’étude aucun (selon ses dires). Quant aux arguments de M. Mucchielli, il me semble que leur réfutation a déjà été effectuée ici même par notre hôte.

        L’expérience sensible – dans le cas qui nous préoccupe le vécu de M. Raoult avec ses malades – est quelque chose de très important. Mais cela ne fonde pas une preuve scientifique. Il est très facile de croire que le Soleil tourne autour de la Terre et jusque Copernic ce fut la croyance quasi unanimement partagée par toutes les personnes instruites. Il a fallu des travaux scientifiques de savants comme Tychobrahé et Kepler pour que l’on comprenne que nos sens nous trompaient et que c’est la Terre qui tourne autour du Soleil.

        1. Si vous pensez vraiment que Raoult oppose l expérience sensible ou le vécu contre toute étude externe c est que vois n avez rien compris à ce qu il signifiait.
          C est affligeant qui plus est de supposer tant de sottise chez cet homme, aussi megalo soit il.

          1. Ai-je sous entendu que M. Raoult est un sot ? Nullement. Je n’ai fait que retranscrire ce que j’ai entendu. Par ex.: https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/chloroquine-selon-didier-raoult-l-etude-menee-par-the-lancet-est-foireuse-1249974.html

            Maintenant vous allez peut-être me dire que dans telle ou telle autre interview ce grand professeur a mieux justifié sa réfutation. C’est possible. En tout état de cause, la réfutation d’un article scientifique ne se fait pas sur BFMTV, mais avec des arguments solidement étayés et par écrit.

    2. @Philippe

      Merci pour ce cours de statistique.

      Mais, justement, ce n’est que de la statistique: les conclusions ne valent que ce que valent les hypothèses, rien de moins, rien de plus!

      Soyons concret, en vous citant.

      “M. Raoult défend son traitement au motif que les gens qu’il soignent se remettent très vite de la Covid.
      Mais ces gens sont-ils tirés au hasard ?
      Il me semble qu’ils font (ou ont fait car l’épidémie n’est plus aussi forte) la queue pour se faire dépister et soigner.”

      Jusque là rien à dire.

      “On est loin de l’échantillon randomisé.”
      Mais LÀ ça ne va plus: en quoi des gens qui se présentent SPONTANÉMENT pour “faire la queue” à l’IHM ne constituent-ils pas un échantillon randomisé?
      Vous n’en savez rien, et moi non plus.

      L’intuition suggère que les personnes se présentent dans la queue de façon indépendante, hormis de petits sous-groupes familiaux ou amicaux.
      Ces sous-groupes non indépendants feraient donc que l’on est pas 100% randomisé, mais un peu au dessous.

      “Qui peut garantir qu’il n’y a pas un biais d’autosélection?”
      J’ai répondu par l’intuition dans le cas de la queue des Marseillais devant l’IHM.
      Ce n’est pas une “preuve statistique”, mais à défaut l’intuition joue son rôle, avec une logique qui se défend.

      Quant à l’étude du Lancet, la réponse est clairement NON!
      Le biais sélectif est vraiment énorme: on obtient des mortalités délirantes par rapport à tous les rapports nationaux ou régionaux.
      L’HCP +antibiotique apparaît comme un poison violent, qui tuerait un grand nombre de personnes qui sinon seraient encore en vie.

      QUI PEUT CROIRE un pareil délire?

      Il est IMPOSSIBLE que ce traitement soit un tel poison.
      Cela se serait vu dans les décomptes de l’IHM, qui sont publics et contrôlés.

      Bien cordialement

      1. Un échantillon randomisé est par définition tiré au hasard parmi une population donnée (exemple : la population des personnes ayant dû être hospitalisées dans un endroit donné en raison des symptômes causés par le Covid-19). Du fait du tirage au hasard, certains outils statistiques sont applicables pour produire des estimations concernant la population en question.

        Concernant les personnes qui se sont présentées spontanément à l’IHU Méditerranée, elles n’ont pas été tirées au hasard parmi une population donnée dont cet échantillon serait alors représentatif, et cette population est assez indéfinissable. Il y a notamment des personnes qui étaient suffisamment en forme (relativement jeunes, pas trop sévèrement atteintes, etc) pour aller faire la queue devant l’IHU, avec parmi elles des personnes carrément asymptomatiques, donc cet échantillon n’est en particulier pas représentatif du tout de la population hospitalisée pour Covid-19 à Marseille. Elles ne sont pas représentatives non plus de la population générale symptomatique ou non, pour la même raison et aussi parce qu’on peut supposer a contrario que les personnes symptomatiques se sont quand même en moyenne davantage souciées de savoir si elles étaient atteintes, afin de se faire traiter au plus vite le cas échéant, que les personnes asymptomatiques. En outre, l’IHU-Méditerranée a ensuite opéré une sélection (sur les modalités de laquelle règne un flou artistique) pour ne traiter que certains cas positifs et pas d’autres. L’échantillon de population traité par l’IHU est donc in fine une cohorte dont personne ne peut dire ce qu’elle représente. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’a rien à voir avec un échantillon tiré au hasard.

        1. Bonjour

          un communiqué du 29 mai 2020, et un rapport de 11 pages des trois Académies (Médecine, Pharmacie, Sciences) est très clair. Je reprends un début de paragraphe de l’avis :

          Aucun traitement n’existe aujourd’hui pour traiter spécifiquement la Covid-19 aux différents temps de son évolution, depuis sa prévention jusqu’à ses complications les plus sévères. Il n’existe pas de médicaments actifs contre les infections antérieures dues à d’autres coronavirus chez l’homme (SARS, MERS). Les médicaments étudiés actuellement ont été conçus pour d’autres affections, ce sont donc des médicaments « repositionnés ». Ils peuvent avoir un effet in vitro sur la réplication du virus, son entrée ou sa sortie de la cellule, ou sur l’activation du système immunitaire. Aucun d’entre eux n’est dénué d’effets indésirables et leur évaluation repose toujours sur l’estimation d’un rapport bénéfice/risque. Les cibles thérapeutiques sont les suivantes : voir rapport à partir de http://www.academie-medecine.fr/avis-tri-academique-essais-cliniques-au-cours-de-la-pandemie-covid-19-cibles-therapeutiques-exigences-methodologiques-imperatifs-ethiques/

          Circulez, rien à voir et se calmer plutôt que propager des FAKE NEWS

          Hervé Maisonneuve

      2. “en quoi des gens qui se présentent SPONTANÉMENT pour « faire la queue » à l’IHM ne constituent-ils pas un échantillon randomisé”

        C’est parfait, vous étalez votre ignorance concernant la randomisation clinique, vous n’avez pas besoin d’ennemi, vous êtes votre propre ennemi. Continuez à creuser, vous trouverez peut être du pétrole.

  48. Bonjour,

    Merci beaucoup pour votre travail minutieux.
    S’agissant de l’étude de l’IHU de mars 2020 ne portant que sur une vingtaine de patients, a-t-on des explications sur les agissements des auteurs de l’étude (sortir certains patients de l’effectif des patients traités) ?
    Se sont-ils expliqués à ce sujet ?

    1. Pas à ma connaissance. On peut simplement constater que de manière cohérente, dans tout ce qu’ils ont publié ensuite, ils ont gardé le “pli” d’exclure tous les patients traités pendant moins de 3 jours. C’est très discutable, et ça tend à enjoliver le rapport bénéfices/risques du traitement car son arrêt prématuré est en principe causé soit par le décès du patient, soit par son transfert dans une unité de soins intensifs (hors IHU), soit par des effets secondaires trop gênants.

      1. Merci.
        Donc les auteurs de l’étude justifieraient le retrait de ces patients par le fait qu’ils n’ont pas suivi le traitement selon le même protocole que les autres en terme de durée notamment, c’est bien ça ?

        1. Je vous invite à lire par vous-même les articles publiés par l’équipe de l’IHU-Méditerranée pour voir ce qui (n’)y est (pas) expliqué à ce sujet.

  49. Suite à un afflux de commentaires la plupart du temps déconnectés de mon article et épuisants à gérer, surtout ceux plein d’affirmations mensongères ou fantaisistes, je ferme momentanément les commentaires sur cet article. Je les rouvrirai quand l’hystérie autour de Didier Raoult et des molécules qu’il a préconisées ou préconise sera retombée.

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